Déclaration conjointe de la France et de la Commission de l’Union africaine et à l’occasion du premier dialogue stratégique consacré à l’intégration régionale et aux enjeux multilatéraux (Paris, 11.06.19)

Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, et Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, ont tenu aujourd’hui la première session du dialogue stratégique entre la France et la Commission de l’Union africaine, qui avait été annoncée par le Président de la République et le président de la Commission, le 13 mars dernier à Addis-Abeba.

Le ministre et le président de la Commission ont notamment évoqué les situations au Soudan, en République centrafricaine, dans le Sahel, dans le bassin du lac Tchad et en Somalie ainsi que la lutte contre le terrorisme, les trafics et les migrations irrégulières. Sur l’ensemble de ces sujets, ils sont convenus de la pertinence de la coopération et des consultations entre l’Union africaine (UA) et ses partenaires bilatéraux et multilatéraux, en particulier l’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Union européenne (UE). Les deux parties ont convergé vers l’importance de poursuivre la recherche d’un financement prévisible et durable des opérations de paix sous mandat de l’Union africaine et du Conseil de sécurité des Nations unies. Elles ont insisté sur l’importance de poursuivre leur coordination sur les questions multilatérales de désarmement et de non-prolifération, de protection des droits de l’Homme et de justice pénale.

Les deux parties ont exprimé leur vive préoccupation face à la détérioration de la situation sécuritaire au Sahel, marquée par l’extension de la menace terroriste et par la multiplication des violences intercommunautaires. Elle ont marqué leur solidarité avec les pays affectés. Jean-Yves Le Drian et Moussa Faki Mahamat ont longuement évoqué la situation au Soudan. Les deux parties ont exprimé leur forte préoccupation et réitéré leur ferme condamnation des violences commises en particulier le 3 juin dernier à Khartoum ayant entraîné la mort de très nombreuses victimes civiles. A cet égard, la partie française salue la demande du Conseil de paix et sécurité de l’UA adressée au président de la Commission de l’UA en vue de conduire une enquête sur les événements sanglants du 3 juin au Soudan en concertation avec les acteurs concernées, notamment l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples.
La partie française a apporté son plein appui aux efforts de l’UA en concertation avec l’IGAD en vue d’une reprise immédiate des négociations pour la mise en place sans délai d’une autorité transitoire dirigée par des civils notamment les décisions pertinentes du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA, y compris la suspension du Soudan des instances de l’UA. La France soutient toutes les initiatives que prendra l’UA pour avancer vers un règlement politique de la crise et une transition pacifique et civile et exprime sa volonté de travailler avec ses partenaires de l’Union européenne en ce sens.

Le ministre et le président de la Commission ont salué l’entrée en vigueur historique, le 30 mai dernier, de l’accord établissant la zone de libre-échange continentale africaine. Jean-Yves Le Drian a affirmé la volonté de la France de soutenir sa mise en œuvre, y compris avec l’Union européenne. La France, via l’Agence française de développement (AFD) va financer à hauteur de deux millions d’euros une facilité pour l’expertise technique sur des sujets d’intervention prioritaires comme l’intégration économique régionale.

Le ministre et le président de la Commission ont rappelé la contribution des organisations régionales, en particulier de l’UA, dans la défense du multilatéralisme. Ils ont décidé de renforcer leur concertation dans les forums internationaux, dans le cadre du partenariat stratégique entre l’UE et l’UA, du sommet du G7 de Biarritz d’août 2019, du sommet sur l’action climatique de septembre 2019, et du sommet Afrique-France de juin 2020 consacré aux villes durables.

S’agissant des questions environnementales, en particulier la lutte contre le réchauffement climatique et la lutte pour le respect de la biodiversité, il a été jugé nécessaire d’intensifier les démarches pour rehausser l’ambition des contributions nationales dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de Paris et d’accroître les efforts en faveur du développement des énergies renouvelables, via l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables (AREI), l’Alliance solaire internationale.