Restitution des biens culturels

Certaines œuvres du patrimoine culturel africain se trouvent hors du continent. La restitution des œuvres exposées dans les musées français constitue un enjeu important de coopération culturelle, scientifique et muséographique entre la France et les pays africains. Dans son discours du 28 novembre 2017 à Ouagadougou, le président de la République, Emmanuel Macron, a réaffirmé la volonté de la France de voir le patrimoine culturel africain mis en valeur, en France et dans les territoires africains : « Je veux que d’ici cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique. »

Un objectif : préserver les œuvres

Les collections publiques en France se sont constituées par son histoire, et notamment son histoire coloniale. Les œuvres africaines, pour la plupart intégrées légalement dans les collections publiques ont été incorporées de longue date au domaine public mobilier de l’État français. Conformément à la législation française en vigueur, elles sont soumises aux principes d’inaliénabilité, d’imprescriptibilité et d’insaisissabilité. Ces mesures indispensables permettent de garantir la protection et la conservation des biens culturels. Les œuvres ne peuvent donc ni être cédées ni être commercialisées, mais elles peuvent-être prêtées à des organisations publiques comme privées. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, qui reçoit les demandes de restitution d’autorités étrangères, travaille dans ce domaine en étroite collaboration avec le Ministère de la Culture, garant de l’intégrité des collections publiques.

Définir un cadre favorable à la restitution de ces œuvres

Lors de la venue le 21 mars 2018 de Patrice Talon, président de la République du Bénin (dernier pays en date à avoir sollicité la restitution de biens), Emmanuel Macron a annoncé la nomination d’un duo d’experts chargé de réfléchir à ces questions. Les travaux, confiés à Bénédicte Savoy, professeure au Collège de France et historienne de l’art, et à Felwine Sarr, écrivain et universitaire sénégalais, ont fait l’objet d’un rapport qui a été remis au président de la République le 23 novembre 2018.

À cette occasion, le président de la République a annoncé, en cohérence avec la démarche engagée, et sur proposition du musée Quai Branly – Jacques Chirac et du Ministère de la Culture, qu’il avait décidé de restituer sans tarder 26 œuvres réclamées par les autorités du Bénin, prises de guerre du général Dodds dans le palais de Béhanzin, après les sanglants combats de 1892. Des travaux concernant notamment la vérification de la provenance des œuvres présentes dans les collections publiques, leurs modes d’acheminement et les modalités permettant une restitution temporaire ou définitive des œuvres réclamées sont en cours.

Ces œuvres pourront être présentées au public béninois et au public international dans le cadre du projet ambitieux de musées porté par la République du Bénin. Les mesures opérationnelles, et le cas échéant législatives, seront prises pour que ces œuvres puissent retourner au Bénin, accompagnées du savoir-faire du musée qui les a conservées jusqu’à présent.

Cette dynamique concerne non seulement la France mais aussi ses partenaires européens comme l’Allemagne et certaines institutions anglo-saxonnes qui souhaitent également poser un nouveau regard sur leurs collections publiques et leur mode de constitution en engageant un dialogue constructif avec les autorités africaines sur ces questions.

Dans ce contexte, le président de la République a également proposé de réunir à Paris au premier trimestre 2019 l’ensemble des partenaires africains et européens pour construire ensemble cette nouvelle relation et cette politique d’échanges.

Mise à jour : février 2019

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