La France agit pour les victimes de persécutions ethniques et religieuses au Moyen-Orient

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Que fait la France pour les victimes de persécutions ethniques et religieuses au Moyen-Orient ?

Dans le prolongement de la conférence du 8 septembre 2015 sur les victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient, la France a engagé plusieurs actions coordonnées en soutien aux victimes de persécutions ethniques et religieuses au Moyen-Orient.

1/ Volet humanitaire

Le Fonds de soutien aux victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen Orient, abondé par le Fonds d’action extérieure des collectivités territoriales (FACECO), a permis de soutenir 95 projets – dont 60% au titre de l’aide humanitaire d’urgence et 40% pour des actions de stabilisation – en Irak, en Syrie, au Liban et en Jordanie pour un montant total de 29 millions d’euros entre 2015 et 2019. Ces projets sont majoritairement mis en œuvre par des ONG françaises proches du terrain, au profit de communautés minoritaires menacées, souvent déplacées ou réfugiées.

Cinq secteurs d’intervention ont été identifiés comme prioritaires : amélioration des conditions de logement, aide aux retours, accès à la santé, soutien en matière d’éducation et de formation professionnelle, lutte contre l’impunité et appui aux médias.

Le renouvellement de ce Fonds à hauteur de cinq millions d’euros en 2019 a notamment contribué à réaliser les engagements du Président de la République envers Nadia Murad, lauréate du prix Nobel de la paix en 2018 : 100 femmes yézidies et leurs enfants, victimes des exactions de Daech, ont été accueillis en France et un bloc opératoire a été construit dans la ville de Sinjar en Irak afin de répondre aux besoins médicaux les plus urgents.

Par ailleurs, l’Agence Française de Développement conduit plusieurs projets bénéficiant notamment aux personnes appartenant aux minorités ethniques et religieuses, en particulier adossés à des financements de l’initiative Minka Moyen-Orient. Les premiers projets financés au Liban, en Jordanie et en Irak entre 2015 et 2018 ont ainsi concerné les domaines du soutien psychosocial, de la santé, de l’éducation, de l’agriculture et de l’eau-assainissement (liste des projets accessible ici).

2/ Volet patrimonial

  • A la suite de la Conférence d’Abou Dabi, co-organisée par la France et les Émirats arabes unis en décembre 2016, l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflit (ALIPH) a été créée. Cette organisation internationale agit en faveur du patrimoine culturel touché par les conflits grâce à un programme de subvention qui lui permet flexibilité et réactivité. ALIPH a rassemblé à ce jour 79 millions de dollars de contributions d’Etats et de partenaires privés, dont 30 millions de la part de la France, qui lui ont déjà permis de soutenir plus d’une vingtaine de projets dans le monde, parmi lesquels la restauration du monastère de Mar Behnam en Irak, la réhabilitation du musée de Mossoul et la restauration du tombeau des Askia au Mali.
  • Deux autres initiatives concernaient la cartographie du patrimoine des communautés ethniques et religieuses affectées par les conflits en Irak et en Syrie : d’une part, la documentation de 100 sites du patrimoine chrétien assyro-chaldéo-syriaque et yézidi en Irak et, de l’autre, une étude sur le patrimoine culturel immatériel destinée à identifier et à recenser ces pratiques, à les localiser au plan géographique, démographique et sociologique réalisée grâce au versement d’une subvention à l’Institut français du Proche-Orient (IFPO).
    La France, qui compte parmi les pays les plus actifs dans le domaine de la protection du patrimoine au Moyen-Orient, mène majoritairement des opérations scientifiques, d’expertise et de formation (à la recherche, à la conservation ou encore à la restauration) sur le terrain. Les missions archéologiques soutenues par le MEAE, les programmes de recherche de l’IFPO ainsi que du CNRS ou des universités françaises contribuent à renforcer les connaissances sur le patrimoine matériel, bâti et immatériel de ces minorités.
    Soutenue par le Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, l’École biblique et archéologique française de Jérusalem joue également un rôle important au service du patrimoine en contribuant à des opérations de restauration et de préservation.

Le Président de la République a confié à M. Charles Personnaz, haut fonctionnaire spécialiste des politiques culturelles, la mission de proposer une stratégie pour la protection du patrimoine des minorités ethniques et religieuses du Moyen-Orient et le soutien au réseau éducatif des minorités chrétiennes de la région. Le rapport définitif a été remis au Président de la République en janvier 2019 et une réflexion est menée par les autorités françaises sur la mise en œuvre des recommandations prioritaires du rapport de M. Personnaz.

3/ Volet politique

  • La France est depuis 2014 l’un des principaux contributeurs à la Coalition internationale contre Daech : à la demande des autorités irakiennes, elle a apporté un appui important aux opérations contre l’organisation terroriste et mène aujourd’hui des actions de formations, de conseil et d’assistance au bénéfice des forces irakiennes.
  • La France s’est fortement engagée en faveur de la reconstruction de l’Irak. Le Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères préside chaque semestre un comité de pilotage pour la reconstruction de l’Irak qui associe services et opérateurs de l’Etat, entreprises, ONG et collectivités territoriales. Une ligne de financement pluriannuelle d’un milliard d’euros a été mise à disposition des autorités irakiennes en 2019 pour faciliter les projets de reconstruction.

4/ Volet judiciaire / lutte contre l’impunité

  • Afin de promouvoir la lutte contre l’impunité en Syrie et en Irak, la France apporte son soutien à la documentation des violations massives des droits de l’Homme commises par Daech à l’encontre des minorités en Irak et en Syrie (715 000 euros engagés depuis 2015).
  • La France soutient également l’action des mécanismes onusiens de lutte contre l’impunité des crimes commis en Syrie en Irak, notamment le Mécanisme international, impartial et indépendant sur la Syrie (IIIM) et l’Equipe d’enquête sur les crimes commis par Daech en Irak (UNITAD).
  • Des poursuites judiciaires sont ouvertes au plan national par le parquet de Paris pour les faits de crime contre l’humanité, crime et délits de guerre ou génocides commis à l’étranger.

Mise à jour : janvier 2020