Nouvel instrument de recherche : EUROPE/AUTRICHE 1971-1976 (182QO)

Les archives diplomatiques viennent de finaliser un nouvel instrument de recherche : EUROPE/Autriche, 1971-juin 1976, cote 182QO.

La vie politique autrichienne est affectée en avril 1974 par le décès du président Franz Jonas, trois ans après sa réélection en 1971. Le chancelier Bruno Kreisky, qui lui succède brièvement jusqu’à l’élection de Rudolf Kirchschläger (août 1974), conduit la politique nationale avec le soutien du Parti social-démocrate (SPÖ) qui remporte de brillantes victoires aux élections législatives de 1971 et 1975 (articles 467-468). Il doit faire face à la persistance de différends frontaliers avec la Tchécoslovaquie et à l’importance des questions de minorités régionales notamment celle de la minorité slovène en Autriche (articles 488-489).

La présence en Autriche de Juifs désirant rentrer en URSS, le transit par l’Autriche des émigrés russes pour Israël et la question des camps de transit tel le centre de Schönau, la restitution par l’Autriche des biens yougoslaves spoliés, l’affaire Simon Wiesenthal, ou encore l’élection de Kurt Waldheim comme secrétaire général de l’ONU (article 483) prouvent que les stigmates de la guerre et des traités de paix sont encore bien visibles.

Le statut spécifique d’indépendance et de neutralité de l’Autriche, en application du traité d’Etat de 1955, et son positionnement au sein de la région dominée par les pays satellites de l’URSS, affectent aussi bien la politique de défense du pays (article 470) que les relations bilatérales entre l’Autriche et ses voisins, la RDA, la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Yougoslavie (articles 487-489) ou encore les autres pays européens avec lesquels l’Autriche entretient des relations régulières (articles 490-491). Si les relations avec l’URSS restent sensibles (article 486), la normalisation des relations avec la Hongrie et la Yougoslavie se poursuit (ouverture d’ambassades…).

Ainsi, en matière militaire, le débat sur l’interprétation de l’application du traité d’État de 1955, l’interdiction faite à l’Autriche d’acquérir des missiles et l’obligation de mettre en œuvre une politique de neutralité - focalisée sur le principe de « neutralité active » - conditionne le projet de loi constitutionnelle sur la défense. La surveillance de l’observance stricte des clauses de ce traité par l’URSS n’empêche en rien des actions de coopération militaire avec ses pays voisins et la vente par la France d’armements et d’équipements militaires ou la coopération technologique avec la réalisation du char franco-autrichien dit « char K » (article 471).

L’Autriche signe avec la Communauté économique européenne un accord intérimaire entre la CEE et l’Autriche (1972) dans le cadre de la négociation de la CEE avec les pays de l’Association européenne de libre-échange (AELE) dont fait partie l’Autriche (article 485). Le mémorandum soviétique sur les relations entre l’Autriche et le marché commun, signalé par l’ambassade de France, pointe le risque des répercussions négatives sur la politique de neutralité de l’Autriche, à partir du moment où le marché européen s’ouvre au pays.

Les relations entre la France et l’Autriche sont étroites et régulières, comme le prouvent les nombreuses visites à caractère politique, dont celles de Maurice Schumann en 1972 (article 498) et de Bruno Kreisky en 1972 et 1976 (articles 500-501). Elles sont également denses dans le domaine économique, comme le montrent par exemple les investissements des grandes entreprises françaises Michelin et Renault (article 479-480), ainsi que dans le domaine culturel et scientifique (article 473). L’ambassade de France en Autriche agit également en tant que représentation de la France auprès de l’ONU au sujet du transfert éventuel de certains organes des Nations unies (dont l’AIEA) à Vienne.

La correspondance des représentants français donne un éclairage particulier aux deux actions terroristes qui ont eu lieu sur le territoire autrichien pendant cette période : la prise d’otages juifs soviétiques à la frontière austro-tchèque par un commando palestinien en 1973 et l’opération d’un commando extrémiste contre le siège de l’OPEP à Vienne en décembre 1975 (article 494).

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