Exposition "Révolutions russes : correspondances diplomatiques" (1er décembre 2017)

Cette exposition, réalisée à l’occasion du centenaire des Révolutions russes de 1917, présente des témoignages de diplomates qui ont vécu ces évènements au plus près de l’actualité. Le parcours chronologique s’articule autour de 3 parties : les préludes de la révolution, les journées révolutionnaires et l’après révolution qui ouvre une nouvelle ère de relations diplomatiques.
Une annexe est consacrée à la visite d’une délégation russe aux usines d’armement Schneider en 1916.
Les archives sélectionnées couvrent la période du 30 décembre 1916 au 28 octobre 1924.

1. Préludes de la révolution
Pour évoquer les événements qui mènent à la première révolution de février, c’est essentiellement au témoignage de Maurice Paléologue, ambassadeur à Petrograd de 1914 à 1917 que l’on a ici fait appel. Grande figure de la diplomatie, très proche de la famille et de l’entourage du Tsar, il transmet au Quai d’Orsay une correspondance bien informée où il trace le portrait d’un Nicolas II sinon indifférent aux événements du moins inconscient de leur gravité.
En décembre 1916, Paléologue attire l’attention sur l’assassinat de Raspoutine (nuit du 16 au 17 décembre selon le calendrier julien), une information largement relayée dans l’opinion par les journaux du temps. Un Raspoutine qu’il décrit par ailleurs comme : « un moujik sibérien, tenant à la fois de l’apôtre, du thaumaturge et du satyre ».
Maurice Paléologue est considéré comme une source d’information très fiable sur les événements qui annoncent la Révolution de 1917. Son journal, intitulé « Le crépuscule des tsars » a été publié en 2007 au Mercure de France.

2. Journées révolutionnaires
Cette seconde partie de l’exposition présente successivement les télégrammes rédigés par Maurice Paléologue, puis ceux de Joseph Noulens, ambassadeur de France à Pétrograd de 1917 à 1919, ainsi que les correspondances des consuls en poste et les articles de la presse relayant l’information.
Dès février, pillages, grèves et manifestations se succèdent. Rodzianko président de la Douma, alerte et supplie le tsar. Les monuments et bâtiments publics sont pillés et incendiés.
L’ambassade est un refuge d’où il est difficile de sortir, les fusillades sont intenses.
Le 12 mars, Maurice Paléologue notera dans son agenda ce simple mot : « Révolution ».
Dans son télégramme du 20 mars au soir, Maurice Paléologue établit un parallèle avec la Révolution française. Le tsar Nicolas II est devenu le citoyen Nicolas Romanov. L’atmosphère générale décrite est celle qui prédominait lors du retour de Varennes de Louis XVI.
Fin mars, la famille impériale est arrêtée. Les conditions de sa détention vont se dégrader inéluctablement.
Le gouvernement provisoire dirigé par Kerenski a grand peine à ramener le calme et les autorités se délitent.
Jules Cambon, alors secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, rédige un rapport daté du 1er octobre 1917 sur la situation politique, économique et militaire en Russie. Si l’anarchie règne de la campagne à la ville, de l’administration à l’armée, il attire néanmoins l’attention sur les ressources immenses de la Russie.
Une autre analyse politique semble corroborer l’analyse de Jules Cambon. Le 5 novembre 1917, un membre du soviet des ouvriers et soldats affirme dans une note qu’il adresse au Comité que le parti des bolcheviques mène le pays à la ruine : « Notre masse est insuffisamment éclairée, nous n’avons pas d’hommes d’étude nous ne pouvons même pas envoyer un ambassadeur, nous manquons partout d’intellectuels. Ingénieurs, docteurs, professeurs, avocats… sont tous des cadets et tous ces messieurs sont contre le soviet des députés ouvriers et soldats. »
Joseph Noulens, nommé ambassadeur de Pétrograd à la suite de Maurice Paléologue souligne dans un télégramme du 7 novembre, la situation particulièrement grave dont il est le témoin. Les communications télégraphiques sont coupées, les arrestations et exécutions se poursuivent.
Le 10 novembre 1917, Léon Trotsky adresse une lettre aux ambassadeurs, publiée dans Le Journal de Russie. Il présente Lénine comme le chef du gouvernement bolchevique et se présente lui-même comme le commissaire du peuple aux Affaires étrangères.

3. Vers de nouvelles relations diplomatiques
Cette troisième partie de l’exposition couvre la période du 16 janvier 1918 au 28 octobre 1924.
En février 1918, la révolution devient un modèle pour la colonie russe de New-York qui se déclare « bolcheviste ».
Fin février 1918, les ambassades de Pétrograd se vident. Les ambassadeurs français et étrangers partant pour la Finlande font l’objet de caricatures de Provost, de la banque russo-asiatique.
Puis, le journal de Russie dans sa livraison du 20 juillet 1918, annonce l’exécution le 16 juillet de « l’ancien tsar Nicolas Romanov » tout en précisant que sa femme et son fils ont été envoyés dans un lieu sûr. Nulle évocation de l’assassinat de la famille impériale.
Enfin, le 28 octobre 1924, Edouard Herriot, président du conseil, ministre des Affaires étrangères, adresse un courrier à Rykof, président du conseil des commissaires du peuple et Tchitcherine commissaire du peuple des Affaires étrangères, reconnaissant de jure le gouvernement de l’URSS.

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Exposition réalisée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Conception et réalisation : direction des Archives

Département des Publics
Recherches, sélection des images, textes, coordination, scénographie : Christine Pomerantz, chef du pôle Communication
Préparation de l’exposition, accrochage : Isabel Lesté, Marie-Paule Thuillier, Jean-Pierre Bouyne, pôle Communication
Communication : Christine Pomerantz, Sébastien Asselin, pôle Communication

Département de la Bibliothèque
Recherches : Marie-Pierre Grünfeld, Colette Martin, pôle Fonds contemporain
Sélection des documents et rédaction des textes : Marie-Pierre Grünfeld
Mise en place des oeuvres : Lionel Chénedé, chef du pôle Fonds ancien

Département des Archives
Reproduction et impression des photographies : Yvelise Bocquet, pôle Conservation/Ateliers
Réalisation des encadrements et des panneaux : Guilaine Ame-Peyrinaud, pôle Conservation /Ateliers

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Exposition à voir jusqu’au 30 avril 2018 au centre des Archives diplomatiques de La Courneuve.
Ouverture au public : du lundi au vendredi de 10h à 17h, sur présentation d’une pièce d’identité (entrée gratuite).
Possibilité de visites pour les groupes et les scolaires
Contact : lecture.archives[at]diplomatie.gouv.fr

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