Conférence "La Relation de la Moscovie en l’année 1731, par le duc de Liria, ambassadeur d’Espagne Saint-Pétersbourg" (8 février 2018)

Les conférences "les Trésors du patrimoine écrit" se déroulent de 18 h à 19 h30, à l’Institut National du Patrimoine, dans l’auditorium de la Galerie Colbert - 2 rue Vivienne – Paris. Entrée libre.

La Relation de la Moscovie en l’année 1731, par le duc de Liria, ambassadeur d’Espagne Saint-Pétersbourg. Etude critique du document et de ses auteurs.

Singulier personnage que ce Jacques-François de Fitz-James, duc de Liria et de Xerica, ambassadeur du roi d’Espagne à Saint Petersbourg de 1728 à1731. Issu de la lignée des Stuart (son père, le maréchal - duc de Berwick, était le fils naturel de l’infortuné Jacques II, réfugié en France après avoir été chassé de son trône par la révolution d’Angleterre), Fitz-James servit en France puis en Espagne, où les duchés de Liria et de Xerica avaient été acquis à sa famille en récompense des succès militaires de son père, au profit de l’Espagne lors de la précédente la guerre.

De sa mission en Russie, Liria laisse un remarquable mémoire sur l’organisation politique et sociale de l’empire, ses mœurs, la cruauté de sa justice, ainsi que sur son clergé et ses pratiques religieuses. Illustré de dix-huit splendides aquarelles, le manuscrit est une pièce emblématique des collections du ministère des Affaires étrangères, où sa présence surprend puisque Liria ne représentait pas la France. C’est un des premiers mystères que la conférence s’efforcera d’éclairer : l’acquisition du manuscrit est l’effet d’une rencontre entre deux personnages flamboyants : le duc de Liria, ambassadeur fantasque, polyglotte et homme d’esprit, et le duc de Saint-Simon, qui croisa peut-être son chemin en Espagne et en fit le portrait. Offert par l’ambassadeur au mémorialiste, le manuscrit fut intégré à son cabinet, lequel fut mis sous séquestre après sa mort en 1755 pour être versé aux archives des Affaires étrangères. Mais le manuscrit n’a pas livré tous ses secrets : les aquarelles, dont certaines légendées en espagnol, n’ont-elles pas été ajoutées après coup au manuscrit ? Et l’entourage de l’ambassadeur, notamment son aumônier, le dominicain Ribera, ne serait-il pas le véritable auteur du texte ?

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