Présentation générale de l’exposition

Introduction

Au carrefour stratégique de voies commerciales et de routes d’invasion, continuellement pris en tenaille entre les grands empires d’Orient et d’Occident qui s’en disputent la possession, le Caucase a été subjugué tantôt par l’un, tantôt par l’autre, partagé ou écartelé entre des aires d’influence politique et culturelle rivales, déchiré par les particularismes. À chaque recul d’une des puissances hégémoniques régionales, les nations caucasiennes ont manifesté leur volonté d’émancipation, constituant des formations étatiques plus ou moins structurées, autonomes et durables, plus ou moins alliées ou adversaires.

C’est ainsi qu’à la faveur de la dislocation de l’empire des Tsars, dans le chaos des révolutions de 1917, de la guerre civile russe, mais surtout de la Première Guerre dont le Caucase a été l’un des fronts, oublié quoi qu’important, que la Géorgie (le 26 mai 1918), l’Azerbaïdjan, puis l’Arménie (le 28) proclament leur indépendance.

En raison du partage, en novembre 1917, des zones d’intervention en Russie - françaises (au nord) et britanniques (au sud) -, d’abord contre la paix séparée de Lénine, puis contre l’expansion du bolchevisme, la France est moins présente sur le terrain que l’Angleterre son allié de l’Entente qui y a détaché une partie de ses forces militaires de Mésopotamie. Les documents diplomatiques français, dont une sélection est présentée ici, reflètent néanmoins son intérêt pour la région dont elle suit attentivement et analysent les bouleversements en cours.

D’abord réticente à soutenir des indépendances qui ont été proclamées sous l’égide des forces germano-turques, tant que l’issue des combats militaires et de la guerre civile en faveur du gouvernement provisoire russe contre les bolcheviks paraît possible, la France y est de plus en plus favorable par la suite, accueillant les délégations des républiques à la conférence de la Paix à Paris et envoyant un Haut-Commissaire au Caucase, reconnaissant les nouveaux États de facto, et même de jure dans le cas de la Géorgie à la veille de sa soviétisation, avant de prendre acte de la nouvelle situation géopolitique née de l’alliance entre Lénine et Kémal qui déterminera le sort des républiques caucasiennes. Elle sera une terre d’asile pour leurs gouvernements en exil qui, dans l’entre-deux guerres, continueront de mener à Paris leur combat pour la liberté de leurs pays.

En 1991, la chute de l’URSS a ravivé le souvenir de ces républiques éphémères dont le legs a été la renaissance d’un État national.

Carte ethnographique du Caucase à la fin de l’Empire russe

Image Diaporama - Carte ethnographique manuscrite [Tiflis, (...)

Carte ethnographique manuscrite [Tiflis, 1919]

Carte des principales nationalités et de leur confession, sans doute établie par le consulat de France à Tiflis sur la base des recensements russes de 1897 ou de l’été 1916.

Archives du ministère des Affaires étrangères, CADN (Nantes), Papiers d’agents-archives privées, 3AE Damien de Martel, 1

Chronologie

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