Biographie
Saint-Pétersbourg, 1885/Paris, 1957
Il a cultivé toute sa vie la pose et le paradoxe. En 1932, cet homme de théâtre vilipende le cinéma devenu parlant : « Parmi les ennemis de l’art dramatique, le plus dangereux, peut-être, est à mon sens le cinématographe ». Trois ans plus tard, en moins de douze mois, il réalise quatre films, et de toute sa vie, ne s’éloignera plus jamais des caméras. En réalité, dès 1915, il avait apporté sa pierre à l’effort patriotique en filmant quelques gloires de la France savante ou artiste pour un film de propagande, Ceux de chez nous.
Longtemps dédaigné par la critique, mais toujours défendu par un quarteron de fidèles (dont Alain Resnais) le cinéma parlant (ô combien !) de Sacha Guitry a été redécouvert par les cinéphiles quinze ans après sa mort. Dans ses premiers films, il intègre habilement la parole (la sienne le plus souvent) au film, utilisant volontiers le discours en voix off, solennel ou sarcastique, pour structurer la chaîne d’images. Tantôt il adapte ses propres pièces, tantôt il compose des fresques historiques, dans lesquelles il ne se prive pas de prendre des libertés avec l’histoire. Il a aimé et servi les acteurs, ses acteurs fidèles, qu’il retrouve de film en film pendant deux décennies.
Filmographie
Bonne chance
1935
Le Roman d’un tricheur
1936
Les Perles de la couronne
1937
Désiré
1937
Quadrille
1938
Remontons les Champs-Élysées
1938
Donne-moi tes yeux
1943
Le Comédien
1948
Le Diable boiteux
1948
Deburau
1951
La Poison
1951
La Vie d’un honnête homme
1953
Si Versailles m’était conté
1954
Napoléon
1955
Assassins et voleurs
1957
Bibliographie
Sacha Guitry, Le Cinéma et moi,
Ed. Ramsay, 1977
Sacha Guitry, Cinéma (texte et dialogues de seize films),
Ed. des Presses de la Cité (coll. Omnibus), 1993


