Présentation



Données générales

Nom officiel : États-Unis du Mexique Nature du régime : présidentiel Chef de l’Etat et du gouvernement : Président Enrique PEÑA NIETO, élu en 2012.


Données géographiques

Superficie : 1 972 547 km² Capitale : Mexico Villes principales : Mexico (20 M hab), Guadalajara (4,3 M hab), Monterrey (3,5 M hab), Puebla (2,1 M hab). Langue officielle : espagnol Langues indigènes : Nahuatl (1,5 million) ; Maya (800 000) ; Mixtèque (510 000) ; Zapotèque (505 000). Monnaie : 1 peso mexicain = 0,0560 euro (taux de chancellerie au 1er janvier 2014). Fête nationale : 16 septembre (commémoration du début du soulèvement du 16 septembre 1810 qui conduira à la proclamation de l’Indépendance en 1821).


Données démographiques (Banque Mondiale)

Population : 118,226 M hab (2013) Densité : 58 hab/km2 Croissance démographique : 1,08 % (2012) Espérance de vie : 77 ans Taux d’alphabétisation : 93 % Religions : 84% catholiques, 10% protestants ; le catholicisme populaire est imprégné d’éléments d’origine indienne. Indice de développement humain : 0,775 - 61e rang mondial (2012)


Données économiques (CEPALC, Banque Mondiale, OCDE, FMI)

PIB : 1 327 Mds USD en 2013 PIB par habitant : 11 224 USD en 2013

Taux de croissance : 1,3 % (2013) Taux de chômage : 5,2 % (2013) Taux d’inflation : 3,6 % (2013)

Déficit budgétaire (en % du PIB) : 2,4 % (2012) Balance commerciale : - 9 563 millions USD (2012)

Exportations : 370, 915 milliards USD (2012) ; Importations : 380, 478 milliards USD (2012) Solde courant (en % du PIB) : -1,16 % en 2012 (estimation 2013 : -2 %)

Principaux clients (2012) : 1- États-Unis (80 % des exportations), 2- Canada (3 %), 3- Espagne (2 %), 4- Chine (1,5 %) Principaux fournisseurs (2012) : 1- États-Unis (50 %), 2- Chine (15 %) 3- Japon (4,76 %). La France est le 11e exportateur (0,93 %)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (INEGI, 2012) :

  • agriculture : 4 %
  • industrie : 36 %
  • services : 60 %

Flux d’investissements directs étrangers : 12,6 Mds USD (2012)


Données économiques bilatérales (DGT)

Commerce bilatéral 2012 : 3,4 Mds euros Solde commercial excédentaire pour la France : 917,2 millions d’euros en 2012 (2,2 Mds euros d’exportations en 2012 contre 1,2 Md euros d’importations).

La France occupe la 4e place parmi les investisseurs européens au Mexique, la 8e au niveau international.

Lien : www.missioneco.org/Mexique

Consulat de France : Mexico 16 consuls honoraires Communauté française au Mexique (nombre de Français inscrits au 31/12/2012) : 17 556 Communauté mexicaine en France : environ 6 000.


Politique intérieure

Le Mexique (Estados Unidos Mexicanos) est une République fédérale composée de 31 États et d’un District fédéral (ville de Mexico). Le Président est le chef de l’exécutif, élu pour une période de six ans non renouvelable, au suffrage universel direct à un seul tour et à la majorité relative. Le pouvoir législatif revient au Congrès, divisé en deux chambres : la Chambre des députés (500 représentants élus au suffrage universel direct tous les 3 ans) et le Sénat (128 membres, soit 4 sénateurs par entité fédérative). Le président et les deux chambres ont l’initiative des lois.

La création de l’Institut fédéral électoral au début des années quatre-vingt-dix, suivie de l’approbation d’une réforme électorale en 1996, a ouvert la voie à une alternance politique, avec la montée en puissance de nouveaux partis. En juillet 2000, l’élection de Vicente Fox, membre du PAN (Parti d’action nationale), a mis un terme à l’hégémonie du PRI au sommet de l’appareil d’État (exécutif comme législatif). Depuis, trois partis se partagent les voix des électeurs : le PRI, le PAN et le PRD (Parti de la révolution démocratique). Le PAN a gagné les élections présidentielles en 2006, devant le candidat du PRD (moins de 1 % d’écart en nombre de voix). En juillet 2012, M. Enrique Peña Nieto (PRI) remporte les élections avec 38,15 % des voix, soit plus de 6 % d’avance sur M. Andrés Manuel Lopez Obrado (PRD) et près de 13 % sur Mme Josefina Vazquez Mota (PAN).

Le Président Peña Nieto et son gouvernement ont affiché dès leur entrée en fonctions le 1er décembre 2012 de grandes ambitions réformatrices, visant à libérer le potentiel de croissance du pays. Des gages sont donnés à l’opinion publique pour tenter de montrer que le PRI vainqueur en 2012 est différent du « vieux PRI » auquel les électeurs avaient retiré le gouvernement fédéral en 2000 après 70 ans d’un régime que ses détracteurs considéraient comme une « dictature parfaite » (le mot est de Mario Vargas Llosa). L’instauration d’une coopération transpartisane pour la mise en œuvre des réformes (« Pacte pour le Mexique ») a permis de concrétiser le projet économique et social du gouvernement Peña Nieto avant la sortie de ce pacte du PRD, le 28 novembre 2013.

Le défi sécuritaire s’impose comme une priorité pour une société mexicaine traumatisée par l’explosion de la criminalité au cours du dernier sexennat. À rebours du précédent gouvernement, qui privilégiait les opérations spectaculaires et l’emploi des forces armées contre le crime organisé, le gouvernement actuel a relégué la question sécuritaire à l’arrière-plan de sa communication, tout en conduisant sur le fond un changement de stratégie. Il s’agit de donner la priorité à la réduction de la violence et à la prévention, sans pour autant abandonner la répression. Il s’agit également d’assainir les forces de police, dont l’image est aujourd’hui calamiteuse. Le projet de création d’une gendarmerie est l’un des marqueurs symboliques de cette nouvelle politique.

L’emploi et les problèmes économiques demeurent les préoccupations majeures de la population, avec l’insécurité. Fortement dépendante des Etats-Unis (qui ont absorbé 80 % de ses exportations en 2012), l’économie mexicaine a subi de plein fouet la crise économique et financière de 2009. En dépit de la résilience du système financier (assaini dans les années 90), la crise a mis en lumière les fragilités structurelles du pays et sa double dépendance à l’égard du pétrole et des Etats-Unis.

Sur le plan social, le Mexique demeure un pays très divisé qui présente certaines des caractéristiques d’un pays en développement (pauvreté, inégalités sociales et régionales, importance de l’économie informelle, insuffisances dans le domaine de l’éducation ou la santé), mais qui dispose aussi d’un socle industriel et commercial à bien des égards comparable à celui des grands pays industrialisés.


Situation économique

Quatorzième économie mondiale, membre de l’OCDE, le Mexique est, après le Brésil, la deuxième puissance économique en Amérique latine. C’est l’une des économies les plus ouvertes de la région. Le pays est lié par des accords de libre-échange avec une quarantaine de pays, dont les Etats-Unis et le Canada (accord de l’ALENA), ainsi qu’avec l’Union européenne. Il a conclu 28 accords pour la promotion et la protection réciproque des investissements.

Avec le Brésil, le Mexique est un des réceptacles les plus importants d’investissements directs étrangers en Amérique latine (11e pays récepteur au niveau mondial). Il peut se prévaloir d’institutions politiques stables, d’une Banque centrale relativement indépendante, d’une politique macroéconomique prudente (flexibilité du change accompagnée de la fixation d’un objectif d’inflation, équilibre budgétaire et gestion avisée de la dette), d’un marché intérieur potentiellement vaste et de l’existence de groupes industriels nationaux de taille mondiale (Cemex, Telmex, Televisa, Pemex, Grupo Modelo, Bimbo…).

L’économie mexicaine repose sur trois piliers :

  • la production pétrolière (5e producteur mondial, les recettes pétrolières représentent 40 % des ressources totales de l’Etat mexicain en 2012). La compagnie pétrolière Pemex est la deuxième entreprise la plus puissante en Amérique latine selon le classement de la revue spécialisée América Economía ;
  • le secteur industriel (36 % du PIB et 24 % de la population active) : industrie automobile (8e producteur mondial en 2012), agroalimentaire, industrie lourde (Cemex occupe le 1er rang mondial pour la production de béton) et nouvelles technologies (en fort développement au Mexique et en particulier dans la région de Guadalajara)
  • le secteur tertiaire (60 % du PIB et 52 % de la population active) : tourisme (8 % du PIB et plus de 5 millions d’emplois), audiovisuel (Televisa et TV Azteca), télécommunications.

Pays d’Amérique latine le plus touché par la crise de 2009 (- 6,1 % de PIB en 2009 contre une moyenne latino-américaine de 3 %) et par les effets de la pandémie grippale (évalués à une chute d’un point du PIB), le Mexique a connu à partir de 2010 un net redressement de son activité économique. Mais, du fait de la vulnérabilité du pays aux chocs externes, et notamment à la conjoncture américaine, la croissance mexicaine a ralenti en 2012 (3,3 %). Elle se situe autour de 1,8 % en 2013 (prévision entre 3 et 4% pour 2014).


Politique extérieure

En Amérique latine, le gouvernement mexicain manifeste sa volonté de réinvestir la scène régionale. Tout juste élu, M. Enrique Peña Nieto avait réservé ses premières visites aux pays de la région, dont il rencontre régulièrement depuis les chefs d’État, dans le cadre d’une très active diplomatie des sommets ou à titre bilatéral. Pour le Mexique, il s’agit d’affirmer une identité latino-américaine mise en sourdine ces dernières années, en retissant les liens avec tous les pays de la région.

Ce retour politique accompagne la montée en puissance des investissements mexicains en Amérique latine, qui est leur première destination. Marchant sur les traces de son prédécesseur, le Président Peña Nieto s’est emparé du projet d’Alliance du Pacifique, dont le VIIe sommet, tenu à Cali le 23 mai 2013, a consacré le rôle « moteur » du Mexique. Il se tourne également vers la Caraïbe : le Mexique a été l’hôte, en avril 2014, du dernier sommet de l’Association des Etats de la Caraïbe (AEC), au cours duquel le Président Peña Nieto a annoncé une importante initiative mexicaine.

Avec les États-Unis, l’objectif essentiel est de « dénarcotiser » l’agenda, et de mettre davantage l’accent sur les enjeux économiques et sociaux de l’interdépendance hémisphérique. Le Président Obama, lors de sa visite à Mexico début mai 2013, a donné satisfaction au Mexique en le reconnaissant comme partenaire stratégique et en définissant un agenda de travail élargi. Si les questions de sécurité ont été reléguées au second plan, elles restent évidemment au cœur des préoccupations de part et d’autre. Il en va de même dans le domaine migratoire où le gouvernement mexicain souhaite que s’instaure une vraie cogestion des migrants renvoyés au Mexique.

Le Mexique ne néglige pas l’Union européenne même si son image a souffert dans ce pays de la crise de la zone euro. Elle est présentée comme une « source d’opportunités » pour les investissements au Mexique et comme un partenaire important sur la scène internationale. L’Union européenne, qui bénéficie de la préférence tarifaire de ses produits dans le cadre d’un accord de libre-échange, occupait en 2012 la troisième position parmi les importateurs au Mexique (11 %). Parmi ses Etats-membres, seule l’Allemagne occupe une part de marché significative (3,6 %).

La relation avec l’Asie, qui apparaît comme une forte priorité de la politique étrangère du gouvernement mexicain, est dominée par le prisme de la diplomatie économique. Avec la Chine, une nouvelle page est ouverte qui vise à engager un processus de rééquilibrage de la relation commerciale et économique (le rapport entre exportations et importations est de 1 à 11, pour un déficit commercial de l’ordre de 45 Mds $, tandis que le niveau des investissements chinois est extrêmement faible). Le Japon, avec lequel Mexico entretient des relations historiques, reste un partenaire-clef, avec plus de 6 milliards d’investissements ces deux dernières années essentiellement dans l’automobile. Autre illustration de ce tropisme asiatique : le Mexique participe aux négociations du Partenariat trans-Pacifique (TPP), porté principalement dans le cadre de l’ALENA.


Mise à jour : 13.05.14