Présentation



Données générales

Nom officiel : Etat de Libye (dans l’attente de l’adoption de la constitution) Nature du régime : Parlementaire (Déclaration constitutionnelle transitoire d’août 2011) Chef de l’Etat : Nouri Abou Sahmin, Président du Congrès général national Chef du Gouvernement : Abdallah al-Thinni (par intérim)


Données géographiques

Superficie : 1 759 500 km² Capitale : Tripoli Villes principales : Tripoli, Benghazi, Misrata, El-Beïda, Zouara, Sebha Langue (s) officielle (s) : Arabe Langue (s) courante (s) : Arabe dialectal, langues berbères, langues toubou Monnaie : Dinar libyen (LYD) 1€=1,69 LYD (12/06/2013) Fête nationale : indéterminée (17 février : anniversaire de la Révolution ; 23 octobre : anniversaire de la proclamation de la libération).


Données démographiques (2013)

Population : 6.122.000Densité : 3,68 hab./km2 Croissance démographique (estimation2014) : 3,08 % Espérance de vie : 75,0 années (PNUD) Taux d’alphabétisation : 89,2 % (PNUD) Religion (s):Islam sunnite (97 %) autres (3 %) Indice de développement humain (2012) : 0,769 (64ème mondial) (PNUD)


Données économiques (FMI, 2013)

PIB : 49 Mds € (59 Mds € en 2012) PIB par habitant : 8000 €/hab (PPA) (9800 €/hab. (PPA) en 2012)

Taux de croissance : -9,13% (104,5% en 2012,, estimé à -8% en 2014) Taux de chômage (au sens du BIT) (2004) : 30 % Taux d’inflation : 2,6 % (6,1% en 2012)

Solde budgétaire : -2,8% en 2013 (35,4% en 2012, estimé à -27,7% en 2014) Balance commerciale (estimation 2011) : +34,02 Mds USD

Principaux clients : Italie, Allemagne, Chine, France, Espagne (7.6%) Principaux fournisseurs : Italie, Chine, Turquie,, Tunisie, , France

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 1,6 %
  • industrie : 43,5 %
  • services : 54,9 %

Exportations de la France vers la Libye (2013) : 801 M€ (3,6%) Importations françaises depuis la Libye (2013) : 3,2 Md €

https://www.tresor.economie.gouv.fr…

Consulat (s) de France : Tripoli Communauté française en Libye : 256 (au 31 décembre 2012) Communauté libyenne en France : 994 (au 31 décembre 2011)


Politique intérieure

La Libye traverse actuellement une crise politique et sécuritaire, après avoir franchi d’importantes étapes de sa transition.

La victoire de la Révolution du 17 Février, proclamée le 30 octobre 2011, trois jours après la mort de Kadhafi et à l’issue d’un conflit de huit mois, a ouvert une période de transition politique qui succède à quarante-deux ans de dictature.

Les étapes de la transition ont été définies par la déclaration constitutionnelle d’Août 2011 du Conseil national de transition (CNT), assemblée provisoire formée durant la révolution.

Conformément à cette feuille de route, le Congrès Général national, assemblée législative, a été élu démocratiquement le 7 Juillet 2012 et a remplacé le CNT. Alors que la transition a pris du retard, son mandat a été prolongé en février 2014. Des élections doivent être organisées à l’été 2014 pour désigner une nouvelle assemblée législative, qui devra mener à bien la transition démocratique.

La « commission des soixante », chargée de rédaction de la constitution, a été élue le 20 février. Elle réunira vingt représentants de chaque région historique de la Libye (Tripolitaine, Cyrénaïque, Fezzan). Des élections complémentaires doivent être organisées pour pourvoir treize sièges restés vacants. Le projet de constitution devra être adopté par l’assemblée législative puis par référendum.

Le gouvernement formé en octobre 2012 continue à gérer les affaires courantes. Le Congrès a néanmoins retiré sa confiance le 11 mars 2011 au Premier ministre Ali Zeidan. C’est son ministre de la défense Abdallah al-Thinni qui dirige par intérim un gouvernement composé en majeure partie de membres de l’administration libyenne.

Les autorités libyennes font face à de nombreux défis pour mener cette transition à bien. La situation sécuritaire s’est dégradée, alors que des brigades armées se substituent souvent aux forces de sécurité nationales. Les représentations étrangères sont prises pour cible. Un attentat a visé l’ambassade de France à Tripoli le 23 avril 2013. Le 11 septembre 2012, l’ambassadeur Stevens et trois de ses collaborateurs ont été tués au cours d’une attaque contre l’antenne diplomatique américaine de Benghazi.

L’Etat libyen est en construction. Le régime de Kadhafi avait affaibli l’administration et les institutions. La justice ne fonctionne que très imparfaitement, ce qui permet une grande impunité. Les services et infrastructures sont faibles et inégalement répartis sur le territoire.


Situation économique

L’économie libyenne se caractérise par sa grande dépendance des ventes d’hydrocarbures (production : 1.6 Mb/j en temps normal) et par sa faible population (env. 6 M d’habitants) qui en fait le pays le plus riche d’Afrique du Nord en termes de revenu par habitant (8000 €/hab EUR/hab en 2013).

Le blocage d’une grande partie de la production et de l’exportation du pétrole par des groupes armés à des fins politiques a eu un important impact sur l’économie du pays, entrainant une récession de 9% en 2013, alors que les revenus des hydrocarbures représentent 98% des recettes de l’Etat. Les négociations en cours avec les autonomistes de Cyrénaïque, responsables des plus importants blocages , pourraient permettre une reprise prochaine des exportations. Le FMI prévoit néanmoins une nouvelle récession de 8% en 2014.

Par ailleurs, la plupart des infrastructures libyennes (logement, transports, télécommunications, éducation, santé) datent des années 1970, favorisant le sentiment d’injustice qui fut l’un des ferments de la révolution.

Ce faible niveau de développement s’explique par une série de décisions économiques erratiques (abolition du secteur privé et socialisation de l’économie à partir de 1973, secteur public pléthorique et inefficace) ainsi que par des facteurs exogènes (baisse des prix du pétrole dans les années 1980-1990, sanctions des Nations Unies de 1986 à 2003). Le succès des réformes structurelles (diversification économique, refonte administrative, développement du secteur privé, rationalisation de la gestion des finances publiques, modernisation du secteur financier) déterminera l’avenir du développement économique du pays.


Politique extérieure

La révolution a changé la posture libyenne sur la scène internationale, sans toutefois bouleverser ses relations extérieures.Les pays ayant soutenu les premiers la révolution ont développé une relation privilégiée avec la Libye (France, Royaume-Uni, Etats-Unis, Qatar), sans que soit remise en cause la présence de partenaires traditionnels (Italie, Allemagne, Turquie). Les relations de la Libye avec la Russie et la Chine restent froides malgré des efforts de rapprochement. Tout en réaffirmant son engagement africain, la diplomatie libyenne a indiqué que la politique africaine serait désormais plus équilibrée. Elle se tourne désormais d’avantage vers l’espace euro-méditerranéen..

La Libye s’efforce de développer des relations de bon voisinage, malgré les irritants. Les officiels libyens ont multiplié les visites dans les pays de la région pour affirmer leur bonne volonté mais aussi aborder le sujet sensible des anciens dirigeants libyens réfugiés dans divers pays. Elle a obtenu l’extradition de Baghdadi Al-Mahmoudi (ancien Premier ministre de Kadhafi) par la Tunisie,celle d’Abdallah Senoussi, ancien chef des Renseignements, par la Mauritanie et celle de Saadi Kadhafi par le Niger.

Une coopération régionale approfondie est nécessaire pour traiter des enjeux sahélo-sahariens et en particulier de la sécurité au sud de la Libye. Le terrorisme, les trafics et l’immigration illégale demandent une réponse coordonnée. C’était l’objet de la « conférence ministérielle régionale sur les frontières » qui s’est tenue à Rabat le 14 novembre 2013 et a rassemblé les voisins et partenaires de la Libye afin d’améliorer la coopération régionale en matière de gestion des espaces frontaliers. Elle faisait suite à une première réunion organisée par les autorités libyennes à Tripoli en mars 2012, en l’absence des partenaires européens et américain.

La diplomatie libyenne souhaite mettre en place une politique extérieure fondée sur une approche régionale et multilatérale. Ayant part à tous les travaux de l’Union pour la Méditerranée à titre d’observateur, la Libye est membre de nombreux organes régionaux (Union Africaine, Ligue Arabe, Partenariat de Deauville, 5+5, etc.) et est favorable à la relance de l’Union du Maghreb Arabe. Elle reste attachée à la Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad), bien qu’elle ait été créée par Kadhafi.

La Libye a besoin de l’aide de la communauté internationale pour mener à bien la transition. La France a accueilli à Paris le 12 février 2012 une conférence internationale ministérielle de soutien à la Libye en matière de sécurité, de justice et d’Etat de droit. Cette conférence a permis aux autorités libyennes d’exposer leurs priorités et de recueillir les propositions d’assistance de leurs partenaires. La conférence de Rome qui s’est tenue le 6 mars a permis de rassembler largement la communauté internationale en soutien à la Libye, en intégrant notamment la Russie, la Chine et les pays voisins.


Mise à jour : 16.04.14