Présentation



Données générales

Nom officiel : République libanaise Nature du régime : République parlementaire

Chef de l’Etat : La présidence de la République est vacante depuis l’arrivée à échéance du mandat de Michel Sleimane, le 25 mai 2014. Président du Conseil des Ministres : M. Tammam Salam (depuis le 15 février 2014) Président du Parlement : M. Nabih Berry (depuis 1992)


Données géographiques

Superficie : 10.452 km2 Capitale : Beyrouth Villes principales : Tripoli, Saïda, Tyr, Zahlé Langue officielle : arabe (depuis 1943) Langues courantes : arabe libanais, français, anglais Monnaie : livre libanaise (1 USD = 1504,5 LL) Fête nationale : fête de l’Indépendance, 22 novembre


Données démographiques

Population (évaluation en l’absence de recensement depuis 1932) : 3,9 millions dont 465.000 réfugiés palestiniens enregistrés par l’UNRWA. 962.000 réfugiés syriens comptabilisés par le HCR et 45.000 Palestiniens de Syrie comptabilisés par l’UNRWA.

Indice synthétique de fécondité : 2,1 Espérance de vie : 71,7 ans Taux d’alphabétisation : 88,5 %

Religions (les pourcentages sont des évaluations) : 18 communautés confessionnelles sont reconnues notamment musulmans chiites (31%), sunnites (22%), druzes (5%), chrétiens maronites (23%), grecs-orthodoxes et catholiques (13%) et Arméniens (3%)

Indice de développement humain : 0,791


Données économiques

PIB (nominal) : 43,5 Mds USD en 2013 (est. FMI) PIB par habitant (nominal) : 10.708 USD en 2013 (est. FMI) Taux de croissance en volume du PIB : +1,5 % en 2013 (est. FMI) Taux de chômage : 6,2% en 2012 (OIT).

Taux d’inflation (moyenne annuelle 2013) : • 2,6% d’après le Consultation Research Institute ; • 3,3% d’après l’Administration Centrale des Statistiques.

Déficit budgétaire : 9,5% du PIB sur les 10 premiers mois de 2013. Dette publique brute : 63,46 Mds USD en 2013 (soit 145,9% du PIB). Solde de la balance commerciale : - 17,3 Mds USD en 2013 (soit 39,8% du PIB).

D’après les données du FMI, la France était le 2ème fournisseur du Liban sur les dix premiers mois de l’année 2013 (part de marché de 8,75%) après la Chine (12,08%). D’après les Douanes libanaises, la France était le 3ème fournisseur du Liban en 2013 (part de marché de 7%) après la Chine (11%) et l’Italie (8%). D’après les Douanes libanaises, la France était le 17ème client du Liban en 2013.

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 5 %
  • industrie : 20 %
  • services : 75 %

Exportations de la France vers le Liban : 1,28 Md EUR d’exportations en 2013 (1,35 Md EUR en 2012) Importations françaises depuis le Liban : 37,93 M EUR d’importations en 2013 (38,42 M EUR en 2012) Balance commerciale avec la France : +1,25 Md EUR en 2013 (+1,32 Md EUR en 2012).

http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Consulat Général de France : Beyrouth Institut français : Beyrouth ; antennes à Tripoli, Zahlé, Baalbek, Jounié, Deir el Qamar, Saïda, Tyr et Nabatiyeh Lycées français : 6 Lycées (Beyrouth, Tripoli) conventionnés par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et 34 établissements homologués par l’AEFE Communauté française au Liban : environ 23.000 (22.525 immatriculés au 31 décembre 2013) Communauté libanaise en France : environ 210.000


Politique intérieure

La crise syrienne a exacerbé la polarisation de la scène politique libanaise entre les partis du « 8 mars », favorables au régime syrien, ceux du « 14 mars », opposés à ce régime, et un pôle « centriste » proche du président Michel Sleimane (comprenant notamment le chef druze Walid Joumblatt). Les chrétiens sont divisés entre les partisans du Général Aoun qui font partie du 8 mars et les « souverainistes » du 14 mars (Samir Geagea, Amine Gemayel notamment).

Le mandat de Michel Sleimane est arrivé à échéance le 25 mai 2014 sans que les députés soient parvenus à élire un successeur, malgré près d’une dizaine de sessions convoquées à cette fin. Hormis lors de la première séance électorale au parlement, le 25 avril, à l’occasion de laquelle Samir Geagea, pour le 14 mars, et Henri Helou, pour les centristes, se sont portés candidats, le quorum nécessaire à la tenue du scrutin n’a pu être atteint. Depuis l’expiration du mandat de Michel Sleimane, la présidence est vacante et les pouvoirs du président ont été transférés au gouvernement, conformément aux dispositions de la constitution libanaise.

Le cabinet de Tammam Salam a été formé le 15 février dernier, après plus de dix mois de blocage politique consécutif à la chute du gouvernement de Najib Mikati en mars 2013, et à l’issue de longues négociations entre les parties libanaises. L’option d’un gouvernement d’entente a prévalu, avec une répartition des 24 portefeuilles en trois tiers : 8 ministres du 14 mars, 8 ministres du 8 mars et 8 ministres « centristes » désignés par le président de la République. Surmontant les divergences suscitées par la question de l’action armée du Hezbollah, les différentes parties présentes au cabinet, se sont entendues le 15 mars sur une déclaration de politique générale ou « déclaration ministérielle », sur la base de laquelle le gouvernement a été investi par le Parlement le 20 mars. Ce gouvernement, qui ne devait théoriquement rester en place que jusqu’au 25 mai, a vu son existence prolongée, faute d’élection d’un nouveau président.

A l’incertitude liée à l’échéance présidentielle s’ajoute également celle des élections législatives, prévues entre septembre et novembre. Alors que celles-ci devaient avoir lieu le 20 juin 2013, le Parlement libanais a décidé le 31 mai 2013 de proroger son mandat de dix-sept mois, soit jusqu’au 20 novembre 2014, dans un contexte de crise politique. La classe politique libanaise a justifié cette mesure en excipant de l’incapacité des partis politiques à s’accorder sur une loi électorale et de la situation sécuritaire inquiétante dans plusieurs régions, liée aux répercussions de la guerre en Syrie. L’organisation des élections dans les délais ne peut toutefois être tenue pour acquise.

Même si les principaux acteurs de la scène politique libanaise souhaitent éviter un engrenage, et malgré une vigilance croissante des forces de sécurité, les retombées sécuritaires de la crise syrienne se sont aggravées et étendues depuis 2011. Un temps circonscrites à des tirs d’obus et des incursions de l’armée syrienne dans les villages frontaliers du Nord et de la Bekaa, ainsi qu’à des heurts entre partisans et détracteurs du régime syrien, notamment dans les camps palestiniens, les tensions sont montées d’un cran avec la multiplication des attentats depuis l’été 2013. A Tripoli, un double attentat à la voiture piégée a fait 42 morts le 23 août 2013. De graves incidents sécuritaires ont accompagné les avancées du régime syrien dans la zone d’Ersal (Bekaa), dont un attentat suicide le 30 mars 2014.

Les régions contrôlées par le Hezbollah ont été également frappées par une dizaine d’attentats meurtriers depuis juillet 2013, dont plusieurs commis par des kamikazes ; la banlieue sud de Beyrouth a été particulièrement touchée avec plusieurs explosions meurtrières à Haret Hreik, ainsi que la ville de Hermel, qui a subi trois attaques à la voiture piégée. L’Iran a été victime de deux des attentats suicide commis en banlieue sud de Beyrouth : l’un contre son ambassade le 19 novembre 2013, qui a fait 25 morts, et l’autre à proximité du centre culturel iranien, le 19 février 2014, qui a fait 4 morts et plus de 100 blessés.

La mort de Mohammad Chatah, proche conseiller de Saad Hariri, dans un attentat à la voiture piégée le 27 décembre 2013 en plein centre de Beyrouth, a montré que plus aucune région n’était à l’abri des tentatives de déstabilisation alimentées par la crise syrienne et renforcées par l’arrivée au Liban de jihadistes venus de Syrie. Si une accalmie de plusieurs mois et le démantèlement de plusieurs cellules terroristes ont pu être observés après la formation du gouvernement de Tammam Salam, qui a fait de la lutte contre le terrorisme une priorité de son action, trois attentats ont de nouveau frappé le Liban, dans la Bekaa et à Beyrouth, fin juin 2014.

Les violences induites par la crise syrienne se sont également traduites par des combats dans les villes de Saïda (confrontations entre les FAL et des sunnites radicaux partisans du cheikh salafiste Al Assir en juin 2013) et de Tripoli (25 morts dans des combats entre les quartiers de Bab Tebbané et Jabal Mohsen en octobre 2013, 30 morts en mars 2014). L’adoption par le gouvernement, fin mars 2014, d’un plan de sécurité pour la ville de Tripoli, qui s’est traduit par le déploiement de l’armée entre les quartiers belligérants, a cependant permis de mettre fin aux violences. Ce plan a vocation à être étendu dans la Bekaa.

Afin de préserver le Liban des retombées de la crise syrienne, qui divise profondément les Libanais, toutes les formations politiques avaient souscrit au texte proposé à l’initiative du président Sleimane, en juin 2012, lors d’une session du dialogue national (qui réunit des représentants de tous les partis politiques) et adopté la Déclaration de Baabda, le 11 juin 2012, qui rappelle l’attachement de tous les partis à la stabilité du pays et à son unité, ainsi que la nécessité du soutien à l’armée libanaise. La déclaration de Baabda a également consacré la « politique de dissociation » vis-à-vis de la crise syrienne, défendue en particulier par le président de la République Michel Sleimane dans le but de préserver la stabilité du Liban.

La guerre en Syrie, au-delà de son impact politique, sécuritaire et économique sur le Liban, a entraîné l’arrivée d’un nombre considérable de réfugiés de Syrie : le nombre de réfugiés enregistrés par le HCR dépasse désormais 1,1 million, chiffre auquel il faut ajouter, 50.000 réfugiés Palestiniens de Syrie selon l’UNRWA et plusieurs dizaines de milliers de réfugiés non enregistrés. Les réfugiés représentent désormais plus d’un quart de la population libanaise, à l’exclusion des Syriens déjà présents au Liban avant le conflit, dont le nombre s’élève à plusieurs centaines de milliers.

Les autorités libanaises maintiennent à ce jour leurs frontières ouvertes, malgré certaines restrictions visant en premier lieu les Palestiniens venus de Syrie. La prise en charge des réfugiés est assurée principalement par les Nations Unies (HCR, UNRWA, PAM, UNICEF) et dans une moindre mesure par l’Etat libanais, qui s’est toutefois refusé jusqu’à présent à ouvrir des camps supervisés par les agences onusiennes sur le territoire libanais. Au-delà, l’arrivée constante de Syriens alimente les craintes des autorités et de la population et suscite des tensions, tant au niveau des infrastructures de base que sur le marché du travail, dans un contexte de difficultés économiques, politiques et sécuritaires aigues.


Situation économique

Malgré la très faible visibilité des agents économiques face aux répercussions croissantes du conflit syrien, la performance de l’année 2013 a été meilleure que prévue, marquée par un dynamisme persistant des importations et une inflation contenue (entre 2,6% et 3,3% selon les sources). La situation des comptes extérieurs n’a pas sensiblement évolué par rapport à 2011 et 2012. Selon une estimation de la Banque Mondiale, le conflit syrien aurait toutefois entraîné une baisse du PIB libanais de 2.9 % par an depuis 2012. Les comptes publics accusent de surcroît un déficit croissant, passé de 6,1% du PIB en 2011 à 9,5% du PIB en 2012 ainsi que sur les 10 premiers mois de 2013. Celui-ci fait évoluer la dette publique à la hausse.

Les secteurs de l’immobilier et du tourisme ont été particulièrement affectés par l’accroissement des tensions sécuritaires, tandis que le climat des affaires s’est dégradé depuis l’été 2013. L’afflux de réfugiés pèse sur les infrastructures libanaises, tant en matière d’éducation que d’approvisionnement et de traitement de l’eau ou de fourniture d’électricité.

Les perspectives sont très incertaines pour l’année 2014, dans un contexte sécuritaire dégradé.


Politique extérieure

La politique extérieure du Liban est largement contrainte par l’évolution des équilibres régionaux et par les crises qui secouent ses voisins immédiats, et ce en dépit de la fin de la tutelle syrienne en 2005. Le Liban est toujours formellement en guerre avec Israël et aucun cessez-le-feu permanent n’a été conclu entre les deux pays qui ont toutefois cessé leurs hostilités, en application de la résolution 1701 d’août 2006. Depuis la guerre de 2006, les tensions avec Israël, au sud du Liban, restent présentes mais demeurent contenues.

Concernant le processus de paix, la position officielle du Liban se décline en plusieurs points : soutien à un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale, appel à des mesures contraignantes pour qu’Israël respecte ses obligations internationales, demande d’un retour des réfugiés palestiniens du Liban (465.000 selon l’UNRWA).

Le Liban et l’UE sont liés par un accord d’association, signé à Luxembourg le 17 juin 2002 et entré en vigueur le 1er avril 2006. L’Union européenne est un partenaire particulièrement important pour le Liban : sur le plan politique, par son soutien en faveur de l’unité, de la stabilité et de l’indépendance du Liban, son implication dans le suivi des résolutions adoptées aux Nations Unies et son appui aux réformes politiques et économiques ; et sur le plan économique, car l’UE est le premier partenaire commercial du Liban avec des échanges de 6,7 milliards d’euros en 2012 (26,7% des échanges commerciaux totaux du Liban).

Le 22 juillet 2013, l’UE a inscrit la branche armée du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes pour son implication dans des attentats commis sur le territoire de l’Union.

Le Liban est un membre assidu et actif de la Francophonie multilatérale dont le président Charles Hélou a été, avec ses homologues sénégalais, nigérien et tunisien, l’un des pionniers. Le président Michel Sleimane a lui-même signé le Pacte linguistique associant le Liban à l’OIF lors du sommet de Montreux (octobre 2010).


Questions onusiennes

Groupe International de soutien au Liban

Au Conseil de sécurité des Nations Unies, la France s’est mobilisée pour obtenir la déclaration présidentielle du 10 juillet 2013, qui marque l’attachement unanime des membres du CSNU à la souveraineté, à l’intégrité, à l’indépendance et à l’unité du Liban, et réitère son plein soutien au Président Sleiman et aux FAL, qui œuvrent au service de la stabilité du pays, tout en incitant les parties libanaises à respecter les engagements souscrits dans la déclaration de Baabda. • http://www.un.org/fr/documents/view…

Sur la base de cette déclaration, un Groupe International de Soutien (GIS) au Liban a été lancé le 25 septembre dernier à New York, autour des membres permanents du CSNU, sous l’égide de l’ONU et en présence du président Sleimane.

Ce groupe, qui s’est réuni en format élargi à New York, le 25 novembre 2013, a pour objectif de soutenir les institutions et les autorités libanaises, et d’œuvrer en vue de trois objectifs principaux : aide aux réfugiés et aux communautés libanaises d’accueil ; appui aux FAL ; soutien à l’économie.

Une réunion ministérielle de suivi du GIS a eu lieu à Paris le 5 mars 2014, dans un format élargi à certains partenaires européens du Liban et à l’Arabie Saoudite, qui a permis de réaffirmer le consensus international en faveur de Liban et de réaliser des avancées sur chacun des trois objectifs du GIS. • http://www.elysee.fr/communiques-de…

Une réunion ministérielle du GIS sur le soutien aux FAL a eu lieu à Rome, dans un format élargi à une quarantaine de délégations, le 17 juin 2014. Elle a permis de dresser un état des lieux des besoins de l’armée libanaise, tout en favorisant une meilleure coordination entre le Liban, les pays donateurs et la FINUL.


FINUL

La France reste engagée au sein de la FINUL et appelle à une solution des questions de Ghajar et Chebaa, sous l’égide des Nations Unies. La position française sur la FINUL s’inscrit aujourd’hui dans le cadre des conclusions de la Revue stratégique publiée le 13 mars 2012, prévoyant notamment un renforcement de la présence des forces armées libanaises (FAL) et de la coopération entre les FAL et la FINUL.

Par la résolution 2115 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée le 29 août 2013, le mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a été renouvelé pour un an. La France a procédé à un ajustement de son contingent à la suite de la revue stratégique de 2012 : il y a désormais environ 840 soldats français au sein de la FINUL.

Avec l’effectif actuel de son contingent, la France est le 6ème contributeur de la force (derrière l’Indonésie, l’Italie, l’Inde, le Ghana et le Népal) et le deuxième contributeur européen derrière l’Italie, sur un peu plus de 10.300 soldats au 15 janvier 2014.


TSL

Le TSL, créé par la résolution 1757 (2007) du Conseil de sécurité, sous chapitre VII, a été mis en place à La Haye le 1er mars 2009. Il a vocation à permettre le jugement des auteurs, commanditaires, organisateurs et complices de l’attentat commis contre Rafic Hariri, Premier ministre du Liban, le 14 février 2005.

Le TSL a émis en 2011 quatre mandats d’arrêt visant des membres du Hezbollah. Le procès des quatre assassins présumés de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, proches du Hezbollah, s’est ouvert devant le TSL, le 16 janvier dernier, à La Haye, en présence de Saad Hariri. Le 25 février, la décision a été prise de joindre le dossier du cinquième accusé, Hassan Habib Merhi, à celui des quatre précédents, entraînant la suspension du procès. Celui-ci a repris le 18 juin 2014.

La France, avec ses partenaires européens et l’UE, contribue chaque année au budget du TSL et soutient son action, qui est au cœur de la lutte contre l’impunité au Liban.


Mise à jour : 08.07.14