Présentation



Données générales

Nom officiel : République du Kazakhstan Président de la République : Noursoultan NAZARBAEV Premier Ministre : Karim Massimov (depuis le 2 avril 2014)

Données géographiques

Superficie : 2 724 900 km2 Capitale : Astana (anciennement Akmola, capitale depuis décembre 1997, 900 mille habitants) Villes principales : Almaty (1,129 millions d’habitants - l’ancienne capitale demeure un pôle économique et culturel), Karaganda, Atyraou, Aqtau, Pavlodar, Chymkent Langue officielle : kazakh (langue d’Etat), russe (langue officielle) Monnaie : Tengué (1 euro= 251,57 tengués au 24 mars 2014) Fête nationale : 16 décembre (Fête de l’Indépendance)

Données démographiques

Population (estimations 2012) : 17,52 millions (population urbaine : 57%) Densité : 5,9 habitants/km² Croissance démographique (2011) : 1,23 % Espérance de vie (2009) : 68,6 ans (63,6 ans pour les hommes et 73,5 ans pour les femmes) Taux d’alphabétisation : 99,5 % Religions (déclarée au recensement 2009) : islam sunnite (de rite hanafite) (70,2 %), orthodoxie (26%), minorité catholique, minorité protestante Indice de développement humain : 69ème sur 186 (classement PNUD 2013)

Données économiques

PIB (2013) : 220,24 Mds USD PIB/habitant (2013) : 12933 USD Taux de croissance (2013) : 6 % Notation : les agences Standard & Poor’s et Fitch ont relevé d’un cran leur notation de la dette souveraine du Kazakhstan, respectivement à BBB+ et BBB Taux de chômage (2014) : 5,2% Taux officiel d’inflation (2013) : 4,8% Solde budgétaire (2012) : 4,9% du PIB Balance commerciale : + 46 Mds USD Principaux clients (2013) : Italie (18,4% des exportations kazakhstanaises), Chine (17,4%), Pays-Bas (11,8%), Russie (7%), France (6,4%). Principaux fournisseurs (2013) : Russie (36,2% des parts de marché), Chine (16,8%), Allemagne (5,7%), Etats-Unis (4,8%), Ukraine (4,6%). Echanges commerciaux entre la France et le Kazakhstan (2013) : 6 MDS€ Exportations de la France vers le Kazakhstan (2013) : 677 M€ (+40% par rapport à 2012) Importations en France depuis le Kazakhstan (2013) : 5,3 Mds € (+ 1,5% par rapport à 2012)

Ambassade de France : Astana Consulat général de France : Almaty Communauté française au Kazakhstan (décembre 2013) : 416 personnes


Politique intérieure

Noursoultan Nazarbaev, dont la dernière réélection date du 3 avril 2011 (élection présidentielle anticipée) avec 95,55% des voix, avait été autorisé par une réforme constitutionnelle en 2007, en sa qualité de « premier président du Kazakhstan », à se représenter sans limitation de mandat, passé de 7 à 5 ans. En juin 2010, le parlement a adopté une loi lui attribuant le statut de « Leader de la Nation » qui lui offre, ainsi qu’à ses proches, une immunité à vie et un droit de regard sur certaines des décisions politiques que prendront ses successeurs.

Le Parlement kazakhstanais est bicaméral avec d’une part, une chambre basse (le Majilis) composée de 107 députés dont 98 sont élus au suffrage universel à la proportionnelle, et d’autre part, une chambre haute (le Sénat), composée de 47 sénateurs dont 15 sont nommés par le Président de la République. L’Assemblée des peuples, institution consultative créée en 1995 pour représenter la diversité ethnique du Kazakhstan, nomme 9 députés et 32 sénateurs. Les amendements constitutionnels de 2007 ont renforcé les pouvoirs du Parlement (approbation du Premier ministre, de la Commission électorale) et autorisé le cumul des fonctions de chef de l’Etat et de chef de parti politique. Début 2009, une loi sur les partis politiques garantissant la présence d’au moins deux partis au Parlement a été adoptée.

Des élections législatives anticipées ont eu lieu le 15 janvier 2012. Le parti présidentiel « Nur Otan » a largement remporté le scrutin avec 80,99% des suffrages, suivi du parti « Ak Jol » avec 7,47% des suffrages, puis du KNPK (Parti Communiste Populaire du Kazakhstan) avec 7,19% des voix. Les quatre autres partis en lice ont tous obtenu moins de 7% des suffrages et n’ont donc pas d’élus.

Depuis son indépendance, le Kazakhstan a mené une politique de modernisation sociale et économique et a su maintenir l’entente interethnique entre Russes (environ 20% de la population) et Kazakhs tout en procédant à la « kazakhisation » progressive de l’appareil d’Etat. Dans une région marquée par les tensions interethniques, le Kazakhstan met en avant son modèle de coexistence. Il s’est attaché à développer une nouvelle élite grâce à la formation à l’étranger, depuis 1996, des meilleurs étudiants du Kazakhstan.

L’année 2011 a toutefois vu remise en cause la stabilité qui avait prévalu depuis l’indépendance. Elle a en effet été marquée d’une part par une série d’attentats, y compris suicides, d’autre part par des émeutes d’origine sociale survenues dans la ville de Janaozen (province de Manguistau, ouest du pays) après 8 mois de grève, à l’occasion du 20ème anniversaire de l’indépendance le 16 décembre, suivie les deux jours suivants d’autres manifestations violentes dans cette province, faisant officiellement 16 morts parmi les manifestants. En réponse à ces émeutes, les autorités ont, dans un premier temps, limogé quelques responsables économiques ou politiques, la justice a condamné quelques policiers ayant tiré sur la foule ainsi qu’une partie seulement des meneurs présumés de l’émeute, tandis que certains défenseurs des droits humains précédemment emprisonnés ont été libérés. Dans un second temps, elles ont dénoncé le résultat d’un complot mené par l’oligarque alors en exil à Londres Moukhtar Ablyazov : une vague de poursuites judiciaires a ainsi touché de nombreux médias d’opposition et les dirigeants du parti non enregistré « Alga ! », pour cause de liens présumés avec l’oligarque. Ce dernier a été arrêté le 31 juillet 2013 dans les Alpes Maritimes et placé sous écrou extraditionnel le lendemain sur le fondement d’un mandat d’arrêt international émis en 2010 par un tribunal ukrainien. Il fait actuellement l’objet de demandes officielles d’extradition présentées respectivement par l’Ukraine, le Kazakhstan et la Russie pour détournement de fonds dans le cadre de la faillite de la banque BTA.


Situation économique

Dès son indépendance, le Kazakhstan a adopté la voie des réformes afin de favoriser la libéralisation du pays et le rendre accessible aux investisseurs étrangers. De 1997 à 2007, le PIB a été multiplié par 3,5. Le pays détient 75% des réserves d’hydrocarbures de la mer Caspienne (3% des réserves mondiales de pétrole, 1,7% de gaz) et pourrait devenir d’ici à 2020 le 7ème producteur mondial de pétrole, une fois le gisement géant de Kashagan (40% des réserves prouvées du pays) entré en activité. La croissance de son économie repose donc sur la rente pétro-gazière (35 % du PIB, 60% des exportations, 40% des revenus budgétaires), et a bénéficié de la hausse du cours des hydrocarbures. Aujourd’hui, le Kazakhstan cherche à diversifier son tissu industriel et technologique, notamment à travers des partenariats avec des entreprises étrangères via la constitution d’entreprises conjointes (« joint-ventures »).

Le Kazakhstan possède en outre les 2èmes réserves mondiales d’uranium (1er producteur).

Au cœur de l’Eurasie, le Kazakhstan entend mettre à profit sa situation centrale entre l’Europe, la Russie et la Chine pour développer son commerce extérieur et devenir une plateforme de transit régional. L’intégration régionale (union douanière avec la Russie et la Biélorussie, coopération transfrontalière sino-kazakhstanaise à Khorgos, création d’un corridor routier Europe-Chine) mais aussi globale (adhésion en cours à l’OMC) ont permis au Kazakhstan d’enregistrer au cours de l’année 2011 une hausse de 40 % de son commerce extérieur (46 % avec les pays membres de l’union douanière).


Politique extérieure

Le Kazakhstan ambitionne de devenir une passerelle entre l’Asie et l’Europe et se positionne comme l’Etat eurasien par excellence. En quête de reconnaissance sur la scène mondiale, il participe activement aux réunions des organisations internationales et entend mener une politique étrangère multivectorielle. La Russie reste toutefois un partenaire majeur pour lui.

Lors du conseil ministériel de l’OSCE des 29 et 30 novembre 2007 à Madrid, un consensus a été atteint afin que le Kazakhstan soit le premier pays de la CEI à exercer la Présidence de l’OSCE en 2010. Le Kazakhstan, qui avait fait d’une rencontre des Chefs d’Etat une des priorités de sa Présidence, a accueilli les 1er et 2 décembre 2010 à Astana un Sommet de l’OSCE, onze ans après celui d’Istanbul. La France y était représentée par le Premier ministre F. Fillon. Sur la scène internationale, Astana se pose en promoteur du désarmement et de la non-prolifération, domaine dans lequel il est très actif (renoncement à l’arsenal nucléaire hérité de l’URSS, adhésion au TNP en 1994 en tant qu’Etat non doté, ratification du traité d’interdiction complète des essais nucléaires…) et en facilitateur du dialogue entre les civilisations et les religions (Congrès sur les religions mondiales et traditionnelles d’Astana en 2003 et 2007, Conférence d’Astana du 17 octobre 2008). Le Kazakhstan a exercé la présidence de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) de juin 2010 à juin 2011 et celle du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) de juin 2011 à la mi-novembre 2012 (elle aurait dû s’achever en juin mais a été prolongée).

Le Kazakhstan est, avec la Russie et la Biélorussie, un des trois pays qui compose l’Union douanière, devenu Espace économique commun. Il a signé à Astana le 29 mai dernier le traité créant l’Union économique eurasiatique, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2015. Alors que le Président Nazarbaev revendique la paternité de l’Union douanière, la question se pose des bénéfices réels qu’a pu tirer Astana de cette participation : si les échanges commerciaux entre les pays de cet Espace ont en effet beaucoup augmenté ces dernières années, l’économie kazakhstanaise a également pâti de l’alignement des droits de douane plus élevés appliqués aux produits chinois et l’on constate une percée des entreprises russes sur le marché kazakhstanais, qui n’est pas compensée par une percée similaire des entreprises kazakhstanaises en Russie (différentiel de compétitivité et barrières à l’entrée sur le marché).

Le pays espère par ailleurs adhérer à l’OMC avant la fin 2014, les négociations étant bien avancées malgré des blocages persistants.


Mise à jour : 05.06.14