Présentation



Données générales

Nom officiel : République du Cap-Vert Chef de l’Etat : M. Jorge Carlos Fonseca Chef du Gouvernement : M. José Maria Pereira Neves depuis le 09 septembre 2011.


Données géographiques

Superficie : 4 033 km2 Capitale : Praia Villes principales : Praia, Mindelo, Assomada Langue (s) officielle (s) : Portugais Langue (s) courante (s) : Portugais, Créole Monnaie : Escudo capverdien (1 euro = 108.86 escudos) Fête nationale : 5 juillet (proclamation de l’indépendance, en 1975)


Données démographiques

Population : 500 000 habitants en 2013 (Banque Mondiale) Densité : 124 habitant/km² Croissance démographique : 1, % en 2010 (Banque Mondiale) Espérance de vie : 74 ans en 2011 (Banque Mondiale) Taux d’alphabétisation : 85% en 2011 (Banque Africaine de Développement) Religion (s) : Catholicisme (93%), protestantisme (7%) Indice de développement humain : 132ème sur 187 pays (Doing Business de la Banque Mondiale en 2012


Données économiques

PIB (2013, en parité de pouvoir d’achat) : 1,963 milliard de dollars (FMI) PIB par habitant (2013, en parité de pouvoir d’achat) : 3908 $ (The World Factbook, estimations)

Taux de croissance : 5% en 2011 et 4,3% en 2012 (World Economic Outlook d’automne) Taux d’inflation (2013) : 3.3% (FMI et DG plan) Déficit : 4,8% du PIB (2012) Balance commerciale (2013) : -611 millions de dollars soit -27% du PIB (EIU)

Principaux clients (2012) : Espagne (72%), Portugal (15%), Salvador (4,6%)(The Economist Intelligence Unit) Principaux fournisseurs (2012) : Portugal (40%), Pays-Bas (12,5%), Etats-Unis (9,3%), Porto Rico (9,3%) (The Economist Intelligence Unit)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB en 2012 : (The World Factbook, estimations)

  • agriculture : 10,4 %
  • industrie : 17,8 %
  • services : 71,8 %

Exportations de la France vers le Cap-Vert : 10,3 M€ en 2012 (Douanes françaises ) Importations françaises depuis le Cap-Vert : 0,4 M€ en 2012 (Douanes françaises )

Consulat de France : Praia et trois agences consulaires dans les villes de Mindelo (île de Sao Vicente), Santa Maria (île de Sal) et Sal Rei (île de Boa Vista) Communauté française au Cap-Vert : 411 inscrits au registre des Français établis hors de France au 20/11/2013 Communauté capverdienne en France : 35 000 (estimations)


Politique intérieure

Depuis son indépendance en 1975, le pays est gouverné dans la stabilité. Après quinze ans de régime d’obédience marxiste dirigé par le parti unique, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV) est né en 1980 de l’éclatement du Parti africain de l’indépendance de la Guinée-Bissao et des îles du Cap-Vert (PAIGC) suite au coup d’état en Guinée Bissau. Le multipartisme a été institué en 1990. Les premières élections législatives et présidentielles multipartites ont lieu en 1991 et la transition s’effectue pacifiquement avec la victoire du Mouvement pour la démocratie (MpD). Reconduit en 1995, le MPD perd les élections de 2001, face au PAICV : M. Pedro Pires est élu à la présidence (avec 12 voix d’écart sur un total de plus de 150 000 suffrages exprimés) et M. José Maria Neves, secrétaire général du PAICV, est nommé Premier ministre.

M. Pedro Pires est réélu en février 2006 face à l’ancien Premier ministre Carlos Veiga, le PAICV conservant la majorité à l’Assemblée nationale avec 41 sièges sur 72. Reconduit dans ses fonctions de Premier ministre, M. José Maria Neves rappelle les priorités de son gouvernement : promotion de la croissance et de la compétitivité de l’économie, modernisation de l’Etat à travers la réforme de l’administration publique, qualification professionnelle et emploi, amélioration du système de santé et, enfin, prise en compte de la famille comme « pierre angulaire de la société ».

Lors des élections locales de mai 2008, l’opposition (MpD) remporte 12 des 22 municipalités, dont la ville de Praia auparavant tenue par le PAICV. Ce dernier gère donc 10 municipalités, mais aucune grande ville.

Suite aux élections législatives de février 2011, le PAICV obtient 38 sièges et conserve la majorité absolue. De son côté, le MpD, principale force d’opposition, augmente son nombre de députés en passant à 32. La troisième force politique du pays reste l’UCID avec deux députés .

Dix ans après avoir s’être présenté à l’occasion du suffrage universel de 2001, le libéral Jorge Carlos Fonseca remporte, le 21 août 2012, le second tour de l’élection présidentielle capverdienne avec 54% des voix. Il devient ainsi le quatrième Président de la République du Cap-Vert. Les priorités du nouveau gouvernement dirigé par M. Neves, renommé dans ses mêmes fonctions, mais dans un contexte de cohabitation, sont l’économie et l’emploi d’une part (avec un accent sur l’économie de la mer), la sécurité d’autre part (lutte contre la délinquance, les trafics et le crime organisé). En effet, carrefour aérien et maritime entre l’Afrique, les Caraïbes, l’Amérique du Sud et l’Europe, le Cap-Vert est confronté à une augmentation de l’immigration illégale et au développement alarmant des trafics illicites, notamment de drogue.

Après des élections législatives remportées par le PAICV en février 2011, une présidentielle remportée par un candidat soutenu par le MPD en août de la même année, les élections municipales, qui ont eu lieu le 1er juillet dernier, ont constitué une troisième manche entre les deux grands partis politiques qui dirigent alternativement le pays depuis l’introduction du multipartisme en 1990. Ces élections municipales ont donné une nette victoire au parti de l’opposition, le MpD qui détient désormais 14 des 22 municipalités du Cap-Vert. Le Maire de Praia, M. Ulisses Correia e Silva, largement réélu, s’affirme comme le leader de l’opposition.


Situation économique

L’archipel capverdien, isolé, sans ressources naturelles et disposant de très peu d’eau douce, est largement dépendant de l’extérieur tant pour ses ressources financières (les IDE représentent 4% du PIB, les transferts de la diaspora 9,7%, l’aide au développement 13,3%) que pour ses approvisionnements (déficit commercial structurel qui atteint aujourd’hui les 30% du PIB).

En raison de la faiblesse des activités d’origine domestique, le PIB (1,8 Md USD en 2012) est dominé par le tourisme et le commerce d’importation. Le secteur primaire (10% du PIB) tend à se développer mais demeure loin de satisfaire les besoins domestiques : ne disposant que de 10% de terres arables, le Cap-Vert importe 85% de ses besoins alimentaires. L’industrie (18% du PIB) est à la recherche de débouchés extérieurs pour des activités de sous-traitance (secteurs aéronautique et pharmaceutique notamment). Le secteur des services (72% du PIB) est porté par le tourisme (25% du PIB et 200 MEUR de recettes annuelles) et les services financiers.

Malgré l’étroitesse de son marché et sa dépendance à l’extérieur, le Cap-Vert a su s’imposer comme l’un des pays les plus dynamiques de la région voire un modèle pour l’ensemble de l’Afrique : croissance annuelle moyenne de près de 7% au début des années 2000, bonne gouvernance et faible niveau de corruption, PIB par habitant trois fois plus élevé que la moyenne d’Afrique subsaharienne, troisième indice de développement humain en Afrique après les Seychelles et Maurice.

Cet essor a néanmoins été fortement obéré par la crise économique et les difficultés persistantes des principaux partenaires européens du pays (en particulier Portugal et Espagne). Selon la dernière mission du FMI de fin janvier 2013 dont les résultats, la croissance au Cap-Vert atteindrait 1% en 2012 et 0,5% en 2013.

Pour faire face à ces difficultés, les autorités cap-verdiennes ont eu recours à un programme d’investissement public massif. Bien que nécessaire, cette hausse des dépenses publiques, conjuguée à une contraction des recettes, a fortement creusé le déficit public : 9,6% du PIB en 2012 et encore 7,3% du PIB en 2013.

Depuis 2009, la conjugaison de dépenses de soutien à l’activité économique et de recettes obérées par le ralentissement de la croissance se traduit par un déficit budgétaire important. En 2012, ce déficit a atteint 9,9% du PIB selon le FMI et devrait s’établir à 8,1% du PIB.

Le principal défi économique du pays tient dans la capacité du secteur privé à prendre le relais de ces programmes d’investissement publics qui devraient à l’avenir être contraints par les tensions sur les finances publiques. Or, les infrastructures lacunaires (électricité, transports) et les difficultés d’accès aux financements bancaires freinent l’essor du tissu naissant d’entreprises locales et pénalise l’investissement privé domestique.

Difficulté supplémentaire, ces difficultés économiques coïncident avec une raréfaction des ressources financières concessionnelles dans un contexte d’accession du Cap-Vert au statut de pays à revenu intermédiaire : retrait de la liste ONU des PMA à compter de 2008, accession à l’OMC en décembre 2007, programme sans financement de type ISPE sur la période 2006-2010 puis 2011-2013 par le FMI, fermeture de l’accès au guichet concessionnel de la Banque Mondiale en 2015.

Si ces décisions reflètent les progrès réalisés par le pays et la bonne opinion des bailleurs, elles engendrent également de fortes tensions sur le financement de l’économie nationale : l’aide pourrait passer de 13,3% du PIB aujourd’hui à 4,9% du PIB en 2016 selon le FMI.

En outre, ces tensions sur le financement de l’économie doivent être replacées dans un contexte d’accroissement rapide de la dette publique qui atteindrait près de 90% du PIB fin 2013. Toutefois, cet endettement est jugé soutenable par le FMI et la Banque mondiale dans la mesure où il s’appuit sur des financements concessionnels de long terme et un flux toujours important d’entrées de devises.


Politique extérieure

Malgré sa taille modeste, le Cap-Vert mène une diplomatie active et ambitieuse et affirme sa vocation à être une passerelle entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques. Ainsi, lors du conflit en Côte d’Ivoire, le Président Pires a participé aux deux missions de médiation de la CEDEAO à Abidjan, soutenant une solution pacifique et négociée.

L’appartenance à la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) constitue une composante importante de la politique extérieure du Cap-Vert, qui a participé pour la première fois à l’exercice RECAMP IV au Bénin en décembre 2004 et acceuille depuis 2010 l’Institut de l’Afrique de l‘Ouest (IAO), qui est un institut de recherche et de formation sur l’intégration régionale et les transformations sociales en Afrique de l’Ouest. Les pressions migratoires qui s’exercent sur le pays poussent toutefois le Cap-Vert à souhaiter obtenir un « régime spécial » en matière de circulation des personnes et des biens. Le Cap-Vert entend contribuer au maintien de la stabilité en Afrique de l’Ouest et les autorités capverdiennes suivent avec une attention particulière la situation en Guinée-Bissao, l’histoire de l’accession à l’indépendance de ces deux pays étant notamment étroitement liée.

Le Cap-Vert a signé en décembre 2010 avec les gouvernements de l’Espagne et du Portugal ainsi que les gouvernements régionaux des Açores, des Canaries et de Madère, la déclaration commune portant création de la Macaronésie, espace politique et de coopération régionale renforcée : outre ses bénéfices directs pour les quatre archipels, il vise à ancrer davantage le Cap-Vert à l’Union européenne et à améliorer l’accès des RUP (et des pays dont ils dépendent) à l’Afrique occidentale.

Mettant en avant sa position au sein de la Macaronésie, sa bonne gouvernance politique et économique, son importante diaspora et une histoire commune avec l’Europe, le Cap-Vert a négocié un plan d’action pour un « partenariat spécial » avec l’Union européenne, approuvé par le Conseil de l’UE en novembre 2007. Les priorités de ce plan sont la coopération politique, la coopération dans le domaine de la bonne gouvernance, la sécurité et la stabilité, le développement durable et la lutte contre la pauvreté, la libéralisation des échanges et l’intégration régionale, et la promotion d’une société de la connaissance. Le Cap-Vert a été choisi pour être l’un des deux pays tiers pilotes, avec la Moldavie, pour la mise en place d’un partenariat pour la mobilité avec l’Union européenne.

Les Etats-Unis montrent un intérêt croissant pour la situation stratégique de l’archipel qui a accueilli un exercice de l’OTAN en juin 2006 destiné à tester la Force de réaction rapide de l’OTAN (NRF). Le séjour du Président Pires en octobre 2005 aux Etats-Unis, ainsi que la visite de la Secrétaire d’Etat Hillary Rodham Clinton au Cap-Vert en août 2009 et en janvier 2012 traduisent cette volonté de coopération. Le Cap-Vert est un important bénéficiaire des fonds de la Millenium Challenge Corporation. Le centre des opérations de sécurité maritime (COSMAR), financé à hauteur de 3 millions de dollars par les fonds américains du projet USAFRICOM, a été inauguré à Praia en mars 2011.

Si le Cap-Vert cherche à diversifier ses appuis extérieurs (Union européenne, Etats-Unis, Chine, Afrique du Sud), son appartenance au monde lusophone demeure déterminante. Il reste très lié au Portugal, notamment sur les plans culturel et commercial. L’alternance politique n’a pas modifié les rapports privilégiés avec l’ancienne métropole, comme en témoignent les nombreux contacts bilatéraux entre les deux pays. Le Cap-Vert entretient également un partenariat privilégié avec les Etats lusophones du Sud, dans le cadre de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP). Le Cap-Vert a également renforcé ses liens avec l’Angola et le Brésil (pour l’éducation)

Le Cap-Vert a par ailleurs adhéré à la Francophonie en décembre 1996.


Mise à jour : 01.02.14