Présentation



Données générales

Nom officiel : Royaume d’Arabie saoudite Capitale : Riyad Langue officielle : arabe Monnaie : riyal saoudien - 1 SAR = 0,1998 € (septembre 2013) Journée nationale : 23 septembre (N.B : on parle de « journée nationale », le terme de fête étant réservé aux événements religieux de l’Aïd al Fitr et de l’Aïd el Adha – la journée nationale est officiellement fêtée depuis 2005)


Données géographiques

Superficie : 2 253 000 km2 Villes principales : Djeddah, La Mecque, Médine, Dammam, Al Khobar, Dahran, Taïf, Tabouk.


Données démographiques

Population : 28,3 millions selon l’OCDE en 2012 ; 29,2 millions (dont 9,4 millions d’étrangers) (source : Recensement saoudien 2010). Croissance démographique annuelle : 2,9% en 2012 (source : Saudi Central Department of Statistics & Information, CDSI) Taux d’urbanisation : 82 % - Densité : 146h/km2 en 2013 (source : CDSI) Taux d’alphabétisation : 87% en moyenne (source : UNICEF) Religion : islam sunnite (15 % de chiites, dans l’Est du pays) Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,782 (57e sur 186 en 2012).


Données économiques

PIB : 727,3 Mds USD en 2012 PIB par habitant : 25 084,6 USD en 2012 source : FMI)

Taux de croissance : 6,8 % en 2012 (FMI) Taux de chômage (2012) : 5,5% (global) ; 12,1% (population saoudienne) (source :CDSI, repris par le FMI) Taux d’inflation : 2,86 % en 2012 (FMI)

Commerce extérieur (2012) : : importations : 141,8 Mds USD / exportations : 388,4 Mds USD (source : OPEP) Solde courant / PIB : 24,4 % en 2012 (prévision FMI) Dette publique : 3,6 % en 2012 (prévision FMI)

Pétrole / réserves : 265,9 Mds barils, soit 15,9% des réserves mondiales (2ème rang derrière le Venezuela) (source : FMI) Pétrole : production de 11,5 Mb/j en 2012, soit 13, 3% de la production mondiale (NB : Quota pour l’ensemble de l’OPEP : 30 Mb/j) Revenus pétroliers : 41% du PIB en 2012, 87% du revenu des exportations et 91% des recettes budgétaires Clients pétroliers : Asie (45%), Amérique du Nord (18%), Europe de l’Ouest (15%)


Situation politique intérieure

L’Arabie demeure une puissance financière et pétrolière incontournable qui doit cependant faire face à plusieurs défis internes :

  • L’emploi de la jeunesse saoudienne. 75% des Saoudiens ont moins de trente ans (sur 29,2 millions d’habitants), un tiers des jeunes est au chômage et la plupart sont mal formés pour occuper des emplois qualifiés, surtout tenus par les expatriés. Le gouvernement devra créer plusieurs millions d’emplois durant les prochaines années pour offrir un travail aux 300 000 jeunes saoudiens qui arrivent chaque année sur le marché du travail.
  • Des réformes difficiles à mener : le Roi Abdallah a engagé des réformes dès le début de son règne en 2005. Il rencontre de fortes résistances dans les milieux conservateurs et religieux, dans un pays où la contestation ne s’est pas développée lors des Printemps arabes et où le wahhabisme, conservateur et rigoriste, est un facteur de légitimation du pouvoir central. Il poursuit cependant avec détermination le processus de réforme, en témoigne l’entrée de trente femmes au Majlis (janvier 2013), l’élargissement des catégories d’emplois auxquelles elles peuvent prétendre et la modernisation du système éducatif.
  • La menace terroriste n’a pas disparu, malgré des succès contre AQPA (très actif dans les années 2003-2004) mais a été largement jugulée. L’attentat suicide, en août 2009, contre le fils et adjoint de feu le prince Nayef, Mohammed Bin Nayef, qui est en première ligne dans la lutte anti-terroriste, a marqué les esprits. Cet attentat était le premier contre un membre de la famille royale depuis 1975.
  • La question de la succession reste posée et ouvre une période d’incertitudes. Suite à une réforme du monarque actuel, elle se fera pour la première fois via l’assentiment d’un conseil d’allégeance. Le prince Salman ben Abdel Aziz, et ministre de la Défense, est désormais prince héritier. La question du saut de génération aux plus jeunes princes va se poser avec une acuité croissante.
  • Parmi les laissés pour compte figure la minorité chiite, (qui représente 15% de la population saoudienne, installée dans la province orientale, où se trouvent 80% des ressources pétrolières du pays) pour l’instant maintenue sous contrôle mais dont les éléments les plus jeunes pourraient se radicaliser dans le contexte des crises régionales.


Situation économique

L’Arabie saoudite possède 22,1% des réserves mondiales de pétrole (2ème rang à l’échelle mondiale ; 6ème rang pour le gaz naturel avec 4,4% des réserves). Le Royaume est, en 2012, le premier producteur mondial de pétrole, (avec 9,76 millions de barils/jour) et en est le premier exportateur (7,757 millions de barils/jour)(rapport OPEP 2012). Le secteur des hydrocarbures représente près de 50% du PIB (PIB total de 727,3 Md USD, soit le 19ème rang mondial), 85 % des recettes d’exportation et de l’ordre de 91% des revenus du budget de l’Etat.

La part du secteur privé dans l’économie est minoritaire (le secteur pétrolier est public). Le gouvernement saoudien a affiché sa volonté de réduire la dépendance de l’économie aux hydrocarbures avec l’objectif de porter la contribution de l’industrie au PIB à 20% en 2020. Le développement –en cours– du secteur pétrochimique s’appuie sur les avantages comparatifs du pays.

Symbole de cette diversification énergétique, le gouvernement a décidé d’investir 100 Md USD pour développer les énergies renouvelables et nucléaire en Arabie saoudite.

Bénéficiant de l’augmentation substantielle de ses recettes pétrolières, le gouvernement saoudien a progressivement effacé la dette publique (3,6% du PIB en 2012) au cours de la décennie précédente. L’objectif du gouvernement est désormais de diriger l’économie par une politique budgétaire expansionniste destinée à soutenir la croissance du secteur non pétrolier, avec des dépenses en hausse de 24% (investissements budgétisés de 285 Md SAR). Le budget prévisionnel 2013 présente un excédent de 2,4 Md USD sur la base d’un cours du baril à 68 USD.

L’Arabie saoudite se situe au 22ème rang du classement Doing business de la Banque Mondiale, facteur favorable aux IDE. Ces derniers sont les plus importants des pays du Moyen-Orient (199 Mds USD en stock en 2012)(rapport CNUCED 2013), et la taille du marché intérieur (29,2 millions de personnes, dont 19,4 millions de Saoudiens) représente un atout, mais ils demeurent concentrés dans le secteur de l’énergie. Pour réussir la diversification, le pays devra alléger les contraintes pesant sur le marché du travail et sur le secteur privé qui ne représente que 35% du PIB (rapport SCDSI 2012).


Politique extérieure

Si l’objectif de la diplomatie saoudienne, traditionnellement discrète, reste avant tout la stabilité régionale, les transitions arabes ont poussé Riyad à prendre des initiatives. L’Arabie s’est imposée, comme le nouveau fer de lance de la diplomatie arabe et de la contestation du régime de Damas. Le dossier syrien constitue une priorité de la diplomatie régionale du royaume.


Syrie

L’Arabie saoudite est vite passée de la crainte des désordres au soutien actif au mouvement de contestation en Syrie. Riyad a affiché son soutien à l’opposition syrienne dès le mois d’août 2011. L’Arabie a longtemps redouté qu’une solution pacifique ne contribue à protéger Bachar-El-Assad. L’attaque du 21 août 2013 n’a fait que renforcer le Royaume dans cette position.

Convaincu de la responsabilité du gouvernement syrien dans l’usage de « l’arme chimique prohibée internationalement », il a dès lors exhorté « la communauté internationale, représentée par le Conseil de sécurité de l’ONU, à assumer ses responsabilités face aux massacres effroyables commis par le régime syrien à l’encontre de son peuple » et a réitéré cette détermination en signant l’appel lancé en marge du G20 pour une « réaction internationale forte » à l’usage d’armes chimiques en Syrie.

Toutefois, les autorités saoudiennes ont progressivement admis l’intérêt d’un dialogue politique avec la Syrie Les Saoudiens ont insisté pour qu’elle participe à Genève II le 22 janvier 2014.. Riyad reste cependant très préoccupée de l’évolution de la situation sur le terrain, en raison de la faiblesse de l’Armée Syrienne Libre face aux groupes islamistes radicaux regroupés dans des alliances concurrentes. D’un point de vue saoudien, l’influence des groupes islamistes en Syrie pourrait être limitée si l’ASL était mieux formée et soutenue.


Egypte

L’aide massive apportée par Riyad à l’Egypte (5 milliards de dollars) témoigne de l’engagement sans réserve de l’Arabie aux côtés des autorités égyptiennes (le Roi Abdallah avait été le premier dirigeant étranger à féliciter le président par intérim Adly Mansour).

Les autorités saoudiennes (qui accueillent sur leur territoire près de 2 millions de ressortissants égyptiens) entendent assumer leurs responsabilités régionales et sensibiliser leurs partenaires aux conséquences d’une déstabilisation durable de l’Egypte, considéré comme le dernier grand état stable de la région.

Durant la crise égyptienne de l’été 2013, l’Arabie saoudite a soutenu sans réserve l’action des autorités du Caire contre les Frères musulmans.,. Le 19 août, à son retour en Arabie saoudite après son entretien à l’Elysée, le prince Saoud al-Fayçal avait déclaré que les pays arabes étaient prêts à compenser toute baisse de l’aide occidentale à l’Égypte.

Les Saoudiens se sont montrés satisfaits des modalités de sortie de crise adoptées par le gouvernement égyptien, saluant l’adoption d’une feuille de route comportant des échéances électorales comme un gage d’une volonté de stabilisation du pays.


Iran

L’Iran constitue la préoccupation politique et sécuritaire majeure de l’Arabie. La menace iranienne est la clé de voûte de l’analyse saoudienne de son environnement régional. L’Arabie voit la main de l’Iran en Irak et dans la rébellion houthiste au Yémen. Elle redoute l’ingérence iranienne dans ses affaires intérieures, et notamment depuis la crise à Bahreïn, la contagion dans sa province orientale de Hassa, où se trouve une importante minorité chiite (15% de la population, 30% dans cette province).

L’Arabie conserve un discours pessimiste sur la capacité de la communauté internationale à faire évoluer le pouvoir iranien. Si la réaction publique à l’accord intérimaire du 24 novembre 2013 a été mesurée, les autorités saoudiennes sont déçues et inquiètes. Elles craignent que les Iraniens ne cherchent à gagner du temps et se voient concéder un « droit à l’enrichissement », sans réelle contrepartie


Yémen

L’Arabie, qui redoute qu’une guerre civile au Yémen ne favorise al-Qaïda et ne menace sa sécurité intérieure, est le pays le plus engagé en faveur de la transition au Yémen. Premier donateur (3,250 Md USD d’aide annoncée en 2012), l’Arabie saoudite a joué un rôle moteur pour la mise en œuvre de l’initiative du CCEAG du 23 novembre 2011 qui a permis le départ du président Saleh et la formation d’un gouvernement d’unité nationale.

Riyad co-préside, avec les Britanniques, le Groupe des Amis du Yémen qui s’est en mars 2013 à Londres, puis en septembre 2013 à New-York, en marge de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Une nouvelle rencontre est prévue au printemps 2014. Le Royaume vient de placer le mouvement de rébellion houthiste (qu’elle considère proche de l’Iran et du Hezbollah) sur la liste des organisations terroristes.


Qatar

La politique qatarienne de soutien de la confrérie en Egypte, en Tunisie et au Yémen, la tribune offerte à Cheikh Qaradawi sur Al Jazira d’où il critique les régimes du Golfe, ont, après plusieurs mises en garde au sein du CCEAG (et peut-être une demande formelle de fermeture d’Al Jazira), conduit le Royaume à rappeler son ambassadeur à Doha, le 6 mars, suivi par les Emirats et Bahrein. Le lendemain, les Frères Musulmans, Al Nousra et l’Etat Islamique en Irak et au Levant, étaient placés sur la liste des organisations terroristes. Le Koweit poursuit sa médiation.


Bahreïn

Situé à 30 km de la province Est de l’Arabie (où se trouve la majorité des 4 millions de chiites saoudiens et l’essentiel des ressources en pétrole du pays), Bahreïn (dont les 600.000 nationaux sont à 70% chiites) est un sujet sensible pour Riyad, qui y a dépêché, via l’opération du CCEAG Bouclier de la Péninsule 1000 hommes lors de la crise en mars 2011 pour appuyer la politique de fermeté de Manama. Riyad voit dans la crise bahreïnienne la main de Téhéran et un enjeu vital de sécurité.


Irak

Riyad, qui n’a pas obtenu les résultats escomptés sur le dossier irakien (elle avait soutenu la candidature d’Iyad Allaoui contre Maliki lors des élections législatives de mars 2010) entretient des relations limitées et empruntes de défiance avec Bagdad. Le Roi a toujours refusée de rencontrer Nouri al-Maliki, soupçonné par Riyad de sectarisme chiite et de faire le jeu de Téhéran.

Les relations se sont toutefois améliorées, à compter du printemps 2012, avec la relance d’une coopération sécuritaire et la nomination d’un ambassadeur saoudien, non-résident, à Bagdad. Malgré ces progrès, les tensions persistent. En 2013, puis à nouveau cette année, la constestation dans les provinces irakiennes sunnites a été l’occasion, pour Bagdad, de dénoncer le rôle destabilisateur de l’Arabie et de l’accuser de financer le salafisme dans la région, en particulier en Syrie.


Processus de Paix- Proche-Orient

L’Arabie a fait de la reconnaissance d’un Etat palestinien une priorité. Très impliqué dans le processus de paix, le Royaume a fortement soutenu la demande palestinienne de reconnaissance d’un Etat devant les Nations Unies et a été déçu par les positions américaines. En janvier 2013, il a accordé une aide de 100 millions de dollars à l’Autorité palestinienne, qui viennent s’ajouter aux 100 millions déjà versés en 2012, alors que l’Autorité palestinienne traverse une crise financière sérieuse.


Mise à jour : 25.03.14