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Brève

Situation au Proche-Orient – Reprise des violences (27 juillet 2014)

Déclaration de M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et du développement international Les attaques ont repris ce matin à Gaza et en Israël. En appui des multiples appels internationaux en ce sens, la France demande la reprise immédiate de la trêve humanitaire, un réel cessez-le-feu et l’ouverture de négociations. Quelles que soient les raisons invoquées, rien ne saurait justifier la poursuite des affrontements sanglants et leur insupportable cortège de destructions et de (...)


Relations politiques

Les autorités françaises maintiennent des contacts étroits avec l’Autorité palestinienne.

Le Président de la République a effectué une visite en Israël et dans les Territoires palestiniens du 17 au 19 novembre 2013. Il était accompagné d’une importante délégation composée notamment de six ministres (Affaires étrangères ; Economie et Finances ; Réforme de l’Etat et Fonction publique ; Transports ; Petites et moyennes entreprises, Innovation et économie numérique ; Francophonie). Cette visite a été l’occasion de marquer le soutien de la France aux négociations de paix, tout en saluant la détermination du Président Mahmoud Abbas à poursuivre les discussions en dépit des difficultés. Elle a également confirmé l’engagement de longue date de la France en faveur de la création d’un Etat palestinien viable et le soutien à l’Autorité palestinienne avec le versement d’une aide budgétaire de 10 M€ (19 M€ pour 2013) et un engagement sur la création d’un lycée français à Ramallah (Mission Laïque française) ainsi que la signature d’accords de coopération dans le domaine du développement local et des transports. Lors de sa rencontre avec des dignitaires chrétiens et des personnalités palestiniennes du monde politique, culturel et économique au domaine national de Sainte Anne, le Président de la République a rappelé l’attention que la France porte à la situation des Chrétiens de Jérusalem, de Terre Sainte et plus largement du Proche-Orient et souligné l’importance que nous attachons à la réouverture des institutions palestiniennes de Jérusalem-Est, conformément à la feuille de route du Quartette.

Cette visite a fait suite à trois visites du Président Abbas à Paris en juin et juillet 2012 puis le 12 septembre 2013. Le Président de la République s’est entretenu avec M. Abbas le 21 février à Paris. Le ministre des Affaires étrangères a par ailleurs effectué une visite dans les Territoires palestiniens et en Israël les 24 et 25 août derniers et s’est entretenu avec son homologue, Riyad al-Malki le 14 février à Paris.

En 2010, la France a rehaussé le statut de la Délégation générale de Palestine en France, devenue la Mission de Palestine, avec à sa tête un Ambassadeur, Chef de la Mission, M. Hael Al Fahoum. La France, comme ses partenaires européens, estime ne pouvoir entretenir aucun contact avec le Hamas tant que les trois conditions du Quartette (renonciation à la violence, reconnaissance du droit d’Israël à exister, reconnaissance des accords signés entre Israël et l’OLP) n’auront pas été remplies.


Coopération

La France figure parmi les principaux contributeurs à l’aide destinée aux Territoires palestiniens. Elle y a consacré 43 M€ en 2013 (350 M€ sur la période 2008-2013), répartis de la manière suivante :

a) Une aide budgétaire directe de 19 M€ en 2013 (125 M€ sur la période 2008-2013) qui contribue au paiement des salaires des fonctionnaires, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé en Cisjordanie et à Gaza ;

b) Une coopération mise en œuvre par l’Agence française de développement (AFD) de 13 M€ en 2013 (117 M€ sur la période 2008-2013), concentrée dans trois secteurs principaux : eau et assainissement, développement local et municipal (soutien au programme multi-bailleurs de financement des municipalités, station de traitement des déchets solides à Gaza notamment), secteur privé (zone industrielle de Bethléem, soutien au secteur privé - reconquête du marché intérieur et ouverture à l’export).

c) Une action portée par le SCAC, d’un montant de 2,3 M€ en 2013, autour de quatre axes sectoriels :

  • culture et médias : réseau dense organisé autour de l’Institut Français de Jérusalem, qui dispose de 5 antennes : Jérusalem Est (Chateaubriand), Jérusalem Ouest (Romain Gary), Gaza (la France est la seule présente à Gaza, où la construction d’un nouveau centre culturel est en cours), Naplouse et Ramallah (Centre culturel franco-allemand), auxquelles on peut ajouter les structures associatives de Bethléem (Alliance française) et d’Hébron (Association d’échanges culturels Hébron-France) ; lancement du Fonds de solidarité prioritaire (FSP) « Préservation et valorisation du patrimoine » en novembre 2010, dont l’un des principaux projets est la création d’un musée d’histoire de la région de Bethléem ; un accord de coproduction cinématographique entre le Centre national du cinéma (CNC) et le ministère palestinien de la Culture a été signé en septembre 2013.
  • enseignement du français : clôture fin 2012 du FSP « Appui à l’enseignement de la langue française dans les TP » (700.000€) qui a permis de réaliser trois actions principales : introduction du français dans les écoles publiques, formation des enseignants, développement du français dans les universités ; présence d’un département de français au sein des universités de Birzeit, An-Najjah à Naplouse et Al-Aqsa à Gaza ; enseignement du français en mineure dans les universités d’al-Azhar (Gaza), al Quds (Jérusalem/Abu Dis), Bethléem, Hébron (ouverture prochaine d’une double majeure français-anglais).
  • coopération universitaire et institutionnelle : important dispositif de bourses (environ 50) à l’attention des étudiants palestiniens, cofinancé en partie grâce à des partenariats avec des collectivités locales françaises et des universités palestiniennes et qui répond à la priorité de formation des élites du futur Etat palestinien ; soutien à la recherche scientifique (démarrage des activités de l’Institut Français du Proche-Orient en 2010) ; FSP consacré à l’appui à la réforme des institutions de l’AP (800.000 €) et centré notamment sur la création d’une école nationale d’administration palestinienne.
  • coopération humanitaire et sociale : droits de l’Homme ; protection de l’enfance, jeunesse et sport ; appui à la coopération décentralisée. Dans le cadre du « Fonds social de développement » (FSD) (500 000 euros ont été engagés pour le nouvel FSD qui a débuté en 2013), plusieurs projets sont axés exclusivement sur les zones prioritaires : la zone C, Jérusalem Est, Gaza, et les camps de réfugiés.

d) Une aide humanitaire et aux réfugiés de 8,5 M€ en 2013 (environ 49 M€ sur la période 2008-2013). La France et l’Autorité palestinienne accordent par ailleurs une attention particulière au développement de leurs relations économiques. Le projet de Zone Industrielle de Bethléem est emblématique de la volonté des autorités françaises et palestiniennes d’appuyer le secteur privé. Il s’agit à ce jour du seul projet de ZI dans les Territoires palestiniens à connaître des avancées concrètes. Il existe en outre entre la France et l’AP un protocole de don (« French Grant ») financé par le ministère des Finances (10 M€), visant à soutenir l’acquisition, par des PME palestiniennes, de matériel industriel français, ainsi qu’un projet de création d’un institut de finances publiques. La coopération décentralisée est par ailleurs en pleine expansion (volume d’aide estimé à 1,5 M€ en 2012) : on dénombre environ une centaine d’accords entre collectivités locales. A cet égard, le Forum des collectivités locales européennes pour la Palestine « Dunkerque +10 » s’est tenu les 28 et 29 novembre 2013 à Dunkerque.



Mise à jour : 03.03.14