Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’investir dans des actions humanitaires, y compris dans le domaine de l’urgence. Inspirées par des motivations qui procèdent tour à tour d’un engagement de nature citoyenne ou personnelle, de la nécessité de valoriser l’image de l’entreprise ou de stratégies purement commerciales, ces interventions se déploient presque toujours à travers un partenariat ou une liaison avec une ONG.

Ce partenariat est organisé par des mécanismes qui varient d’une entreprise à l’autre. Certaines entreprises préfèrent le gérer directement (partenariats établis par la société Aventis avec le Samu Social et avec MSF). D’autres le font à travers leurs fondations (partenariat Club Méditerranée-ACF, partenariat Fondation Carrefour-agences des Nations Unies, notamment dans les domaines de la recherche médicale, du financement de bourses de recherche, de la lutte contre l’exclusion et la pauvreté), leurs associations d’entreprise (exemple de Tulipe, qui regroupe les grandes entreprises pharmaceutiques françaises) ou leurs structures internes dédiées (ainsi Water Force au sein de Veolia Environnement).

Bien que les entreprises ne contribuent pour l’instant que de manière marginale au financement des ONG (environ 2 % de l’apport financier), elles peuvent leur fournir des apports en nature (dons de matériel, fourniture de prestations) ou en compétences (exemple du "congé solidaire international") et apparaissent, notamment lorsqu’elles affichent des valeurs éthiques, comme des partenaires potentiellement importants pour les ONG.

Les pouvoirs publics encouragent à la fois l’intervention des entreprises dans le domaine de l’humanitaire d’urgence et la conclusion de partenariats, soit avec des ONG, soit avec des collectivités locales. Le cadre juridique de ces interventions évolue : c’est ainsi que le Parlement a adopté le 21 juillet 2003 une loi relative au mécénat et aux fondations qui, en améliorant de manière significative le régime fiscal de ce type d’actions, aura pour effet de favoriser les initiatives prises par les particuliers et les entreprises dans des domaines qui touchent à l’intérêt général, au côté des services de l’Etat.