Brève

Iran - La France condamne fermement l’exécution en Iran de Reyhaneh Jabbari (25 octobre 2014)

Cette nouvelle tragique intervient alors que la communauté internationale et de nombreuses organisations non gouvernementales avaient multiplié leurs appels pour que la justice iranienne commue la peine initialement prononcée.


La situation des droits de l’Homme a, depuis 2009, connu une dégradation importante. Dans le prolongement de la répression exercée contre le mouvement vert, né de la contestation de l’élection du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, la liberté d’expression, d’association et de réunion connaissent toujours d’importantes restrictions. Les deux principaux chefs de file du Mouvement vert, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, sont maintenus à l’isolement, depuis le 14 février 2011. De nombreux activistes politiques ainsi que des défenseurs des droits de l’Homme, notamment ceux issus de l’ex-Centre pour la Défense des Droits de l’Homme fondé par la lauréate du Prix Nobel de la Paix 2003, Shirin Ebadi, tels que Narguess Mohammadi, Abdolfattah Soltani, ou encore Mohammad Ali Dadkhah, sont emprisonnés. Les membres des minorités ethniques, notamment les Kurdes, Ahwazis et religieuses font face à de discriminations sociales importantes. Les Baha’is, dont la religion n’est pas reconnue dans la Constitution iranienne (contrairement aux Chrétiens, Juifs et Zoroastriens qui disposent d’un siège au parlement iranien) sont dans une situation particulièrement vulnérable.

Le nombre des exécutions capitales est préoccupant. L’Iran figure aujourd’hui au premier rang des exécutions per capita dans le monde. Selon le Rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’Homme en Iran, Ahmad Shaheed, 687 personnes ont été exécutées en 2013, soit une augmentation de 16% par rapport aux chiffres de 2012 et la tendance serait de nouveau à la hausse pour l’année 2014. La pratique des exécutions publiques, qui représente de 10 à 20% des exécutions, s’inscrit dans la politique d’intimidation menée par le régime. La majorité de ces condamnations (70% environ) sont liées au trafic de stupéfiants (40% de l’héroïne et de l’opium afghans transitent chaque année par son territoire) mais aussi, de manière croissante, à la criminalité en hausse.

Néanmoins, l’arrivée au pouvoir de Hassan Rohani dont la campagne a été centrée sur l’amélioration de la situation des libertés fondamentales, permet à la société civile d’espérer une amélioration de la situation. Si, depuis son élection, M. Rohani s’est montré critique à l’égard des restrictions à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, son discours ne s’est pas encore traduit par des actes concrets. Le président Rohani a procédé à des nominations remarquées de plusieurs femmes dans son gouvernement (trois vice-présidentes) et au sein du ministère des affaires étrangères (porte-parole).

Mise à jour : 07.11.14