Présentation



Données générales

Nom officiel : République du Tchad. Nature du régime : République. Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : M. Idriss Déby Itno, Président de la République.

Données géographiques

Superficie : 1 284 000 km² Capitale : N’Djamena. Villes principales : N’Djamena, Abéché, Moundou, Sahr. Langue(s) officielle(s) : français, arabe. Langue(s) courante(s) : français, arabe tchadien. Monnaie : Franc CFA (100 FCFA = 0,15 euro). Fête nationale : 11 août (proclamation de l’indépendance).

Données démographiques

Population : 12,2 millions d’hab. (INED, 2013) Densité : 8,9 hab/km² Croissance démographique : 3,0 % (BM, 2012) Espérance de vie : 50,2 ans (INED, 2013). Taux d’alphabétisation des adultes (15 ans et plus) : 34,5 % (PNUD) Religions : Islam (55%), christianisme et animisme (45 %). Indice de développement humain : 184e sur 187 pays (PNUD, 2012).

Données économiques

PIB 2012 : 12,9 Md USD (DGT, 2013). PIB par habitant 2012 : 1091 USD (DGT, 2013)

Taux de croissance 2012 : + 8,9 % (DGT, 2013). Taux d’inflation 2012 : + 7,7 % (DGT, 2013)

Solde budgétaire total : 0,46 % du PIB (DGT, 2012) Balance commerciale : + 2,6 Md USD (EIU, 2011)

Principaux clients : Etats-Unis (82,8 %), Chine (6,9 %), Canada (3,6 %) (DGT, 2013) Principaux fournisseurs : Chine (27,4 %), France (25,6 %), Etats-Unis (5,8 %) (DGT, 2013)

Part des secteurs d’activités dans le PIB :

  • primaire : 46 %,
  • secondaire : 14 %,
  • tertiaire : 40 %.

Exportations de la France vers le Tchad, 2012 : 125 M€ (DGT, 2013) Importations françaises depuis le Tchad, 2012 : 8,8 M€ (DGT, 2013)

Communauté française au Tchad : 1 250 enregistrés (2013). Communauté tchadienne en France : environ 2.000.


Politique intérieure

A la suite de la crise politique provoquée par la révision constitutionnelle de 2005, qui a permis au président Déby de se présenter devant les électeurs pour un troisième mandat en 2006, la communauté internationale (France, UE et OIF) a soutenu le dialogue politique inter-tchadien en application de l’« accord politique en vue du renforcement du processus démocratique au Tchad » conclu le 13 août 2007.

Ce processus a permis la tenue d’élections législatives puis présidentielles en 2011, sous la supervision de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Les élections législatives ont eu lieu le 13 février 2011, donnant la majorité absolue au parti présidentiel (MPS), avec 114 sièges sur 188. L’élection s’est globalement tenue dans de bonnes conditions, mais de nombreux problèmes d’organisation, ne remettant pas en cause la crédibilité du scrutin, ont été soulignés par les observateurs internationaux.

L’élection présidentielle a eu lieu le 25 avril 2011. Les trois principaux candidats de l’opposition, dénonçant le manque de transparence du scrutin, ont annoncé la « suspension » de leur candidature et ont appelé au boycott. Le président Déby a été élu au 1er tour avec 83 % des voix et un taux de participation de 55 %. L’opposition a contesté ces chiffres.

Des élections locales (les premières de l’histoire du pays) se sont tenues le 22 janvier 2012, dans 42 communes (10 arrondissements de N’Djamena, 10 villes de plus de 20 000 habitants et 22 chefs-lieux de région). Remportées par le parti au pouvoir (MPS), elles ont permis à l’opposition de conquérir deux municipalités importantes du sud du pays.

Le Comité de suivi de l’accord politique de 2007, dissous fin juin 2012, a été remplacé en avril 2013 par une nouvelle structure, le « cadre national de dialogue politique » chargée de préparer les prochaines élections (législatives en 2015, présidentielle en 2016), mais à laquelle une partie importante de l’opposition refuse de participer.

Sur le plan de la gouvernance, même si l’image du pays reste négative à l’étranger, l’exercice des libertés fondamentales est réel sur une bonne partie du territoire tchadien. La presse et les associations (de droits de l’Homme ou autres) agissent relativement librement. Les « Etats généraux de la presse » de mai 2009 ont abouti au vote d’une nouvelle loi sur la presse le 18 août 2010, qui supprime les peines de prison pour les délits de presse, y compris le délit d’offense au chef de l’Etat, mais autorise une suspension de parution durant six mois.

Toutefois les capacités de l’administration tchadienne restent insuffisantes : les administrations centrales et déconcentrées manquent de cadres bien formés et de moyens. L’administration judiciaire est particulièrement déficiente. L’armée pèse sur le budget de l’Etat (40 000 hommes environ, en réduction), alors que les secteurs sociaux, la santé et l’éducation, sont en retard (20 000 étudiants).

Enfin, dans le domaine de l’Etat de droit, le rapport de la commission d’enquête chargée de faire la lumière sur l’attaque de N’Djamena par des rebelles en février 2008 (notamment la disparition de l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh) a été rendu public à l’été 2008. Il recommande de poursuivre les investigations policières et judiciaires et d’adopter des mesures structurelles (renforcement de l’Etat de droit, à travers notamment l’amélioration du système judiciaire et carcéral).

A la suite de la visite de l’ambassadeur français chargé des droits de l’Homme en juin 2010, deux experts juridiques internationaux désignés par l’OIF et l’UE ont été nommés au comité de suivi. Le gouvernement a autorisé l’audition de hauts responsables (l’ancien ministre de la Défense et le ministre en charge de la sécurité publique au moment des faits). Une indemnisation a été versée aux femmes victimes de viols. L’instruction judiciaire relative à la disparition d’Ibni Oumar Saleh a abouti à un non-lieu, prononcé par le tribunal de première instance de N’Djamena le 25 juillet 2013.


Situation économique

Aux trois-quarts rural, supportant de fortes disparités de développement entre les villes et les campagnes, le Tchad est un pays affecté de fragilités structurelles. La faiblesse de son PIB par habitant (1091 USD – source DGT 2013) et de son indice de développement humain (184e sur 187 pays classés par le PNUD) illustrent la fragilité de l’économie.

Jusqu’au début des années 2000, l’économie nationale reposait principalement sur l’agriculture et le commerce, l’industrie manufacturière n’occupant qu’une part marginale et reposant essentiellement sur la transformation (sucre et coton fibre). Le secteur industriel est néanmoins en cours de renforcement et de diversification avec la réalisation plus ou moins achevée de projets financés par l’Inde (filature, assemblage de tracteurs, tréfilerie, usine de jus de fruits…) et l’impact des deux unités de production livrées par la Chine (cimenterie de Baoré et raffinerie de Djarmaya).

En 2002, la mise en valeur de gisements pétroliers à Doba (Sud), sur fond de hausse des prix du brut, a multiplié les ressources budgétaires du Tchad par 8. L’exploitation pétrolière, conduite par Exxon Mobil (Etats-Unis), a induit des recettes représentant 32 % du PIB en 2012. La production pétrolière et le raffinage qui s’y rattache laissent présager une expansion industrielle (raffinerie de Djermaya, 40 km au Nord de N’Djamena, construite par la Chine).

Les explorations menées par le consortium pétrolier sino-tchadien (CNPC) et le lancement des travaux d’exploitation (nouveau champ pétrolifère de Mongo et construction d’un pipe-line de 300 km vers la future raffinerie) pourraient inverser la baisse observée de la production, de même que la mise en production des champs de Badila et Mangara, opérés par le canadien Griffiths.

Cependant, l’affectation des recettes pétrolières est à l’origine d’une rupture avec la Banque mondiale (2006-2008), qui a considéré que le gouvernement tchadien ne respectait pas ses engagements en termes de dépenses publiques (notamment quant à l’utilisation des recettes pétrolières, dont les affectations étaient contraires aux objectifs de la Stratégie nationale de réduction de la pauvreté). N’Djamena, de son côté, a expliqué que la menace persistante d’attaques rebelles l’amenait à accroître fortement les dépenses de sécurité. La BM a rétabli ses relations en janvier 2010 et a relancé un programme à hauteur de 180 MUSD).

Les relations avec le FMI sont difficiles. La facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) a été abandonnée en février 2008 : le gouvernement tchadien n’a pas respecté ses engagements en termes de dépenses publiques. Un nouveau programme de référence (SMP) de 6 mois a été accordé mais il a été interrompu en septembre 2009 pour les mêmes raisons. Malgré plusieurs missions d’évaluation, la reprise d’un programme avec le FMI n’a pas encore été décidée. Cette situation empêche le Tchad de bénéficier d’aides budgétaires globales et de prêts de certains partenaires (tels que l’AFD).

Union européenne : le Tchad bénéficie d’une enveloppe de 311 M€ dans le cadre du 10e FED (2008-2013), concentrée sur les infrastructures (transport, développement urbain, accès à l’eau) et la gouvernance (justice).


Politique extérieure

Le Tchad est préoccupé par les évolutions chez ses voisins : mouvements terroristes au Sahel (attaques d’AQMI au Niger, crise malienne), instabilité dans le sud de la Libye, crise du Darfour non réglée, naissance du Soudan du Sud, Etat potentiellement fragile, augmentation de la menace de Boko Haram au nord du Nigeria voisin, fragilité récurrente de la RCA.


Darfour

La crise du Darfour a aujourd’hui beaucoup moins de répercussions sur le Tchad. Après plusieurs attaques de mouvements rebelles (2005-2009) soutenus par Khartoum, qui ont failli prendre N’Djamena (février 2008), l’armée tchadienne a finalement remporté une nette victoire en mai 2009. L’accord signé avec le Soudan le 15 janvier 2010 a mis fin aux soutiens croisés aux rébellions qui menaçaient l’un et l’autre pays. La situation dans l’est du Tchad est stabilisée, mais cette région présente d’autres risques : violences entre groupes arabes et non arabes, présence de bandits ou anciens rebelles non ralliés, camps de réfugiés du Darfour (260 000), de RCA (60 000) et de déplacés tchadiens (131 000).

Cette crise s’est traduite par une importante présence internationale, de 2008 à 2010, dans l’est du Tchad et le nord-est de la RCA (résolution 1778 du CSNU), à travers la MINURCAT, mission des Nations Unies, et EUFOR Tchard-RCA, force militaire fournie initialement par l’Union européenne et relevée par les Nations Unies en mars 2009 (résolution 1861). En 2010, le Tchad a annoncé qu’il s’opposait au renouvellement du mandat de la MINURCAT, qui a pris fin en décembre de la même année.

Une force conjointe mixte soudano-tchadienne de 3000 hommes a été mise en place afin de sécuriser la frontière et de mettre fin aux actions des groupes rebelles. Le Tchad et le Soudan ont également annoncé des programmes de coopération ambitieux dans le domaine économique et des infrastructures (liaisons routières et ferroviaires). Signe de la consolidation de cette paix, le Président Béchir a assisté à l’investiture du Président Déby en août 2011.


Libye

La crise libyenne a eu pour conséquence le retour de milliers de Tchadiens (100 000 en 2011, sur près de 300 000 résidents), qui ont fui les exactions visant les subsahariens, notamment dans la zone contrôlée par les insurgés qui les accusaient de soutenir le régime Kadhafi. Les autorités tchadiennes craignent les conséquences de ces retours massifs sur l’économie du pays (diminution des transferts financiers, charge additionnelle dans les communautés d’origine, souvent pauvres) et les trafics d’armes en provenance de Libye, risquant de se développer dans le Sahel et de renforcer AQMI ou des mouvements de rébellion. Les affrontements entre Toubous (ethnie frontalière présente au Niger, au Tchad et en Libye) et tribus arabes dans le sud libyen depuis février 2012 risquent aussi de provoquer des tensions avec Tripoli.


Sahel

Etat observateur à la CEDEAO, le Tchad considère avec préoccupation les développements de la crise du Sahel. L’expertise militaire tchadienne à évoluer dans l’environnement sahélien a été sollicitée par le Mali pour une intervention militaire au nord du pays (2000 hommes engagés). Les opérations de l’armée tchadienne (FATIM), menées dans l’Adrar des Ifoghas aux côtés des forces françaises, ont conduit le Tchad à payer un lourd tribut. Le Tchad poursuit son engagement au Mali dans le cadre de la MINUSMA.


RCA

En RCA, la prise du pouvoir par la force de la coalition rebelle « Séléka », le 24 mars, a conduit le Tchad à renforcer sa présence au sein de la force de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), la MICOPAX. La transformation de cette force en Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), sous l’égide de l’Union africaine, doit s’achever le 19 décembre 2013.

Au plan diplomatique, le président Déby, président en exercice de la CEEAC, s’implique directement, avec son homologue congolais, dans la recherche d’une solution pour stabiliser la RCA. Il a notamment accueilli plusieurs sommets de la CEEAC (3 avril, 18 avril, 21 octobre 2013) qui ont fixé le cadre d’une transition politique dans le pays et fourni un socle sous-régional à l’action de l’Union africaine en RCA.


Mise à jour : 25.11.13