Présentation



Relations politiques

La France accompagne la RCA dans ses efforts de sortie de crise. Elle maintient un dialogue suivi avec les autorités de la transition, qu’elle encourage à mettre en œuvre l’ensemble des volets du processus de transition, jusqu’à la tenue d’élections propres à permettre un retour à l’ordre constitutionnel.

L’engagement de la France en faveur du redressement de la RCA et de la stabilité régionale se manifeste aussi par l’appui de l’opération Sangaris, déployée à Bangui et en province depuis le 6 décembre 2013, en appui de la MISCA puis de la MINUSCA. Au cours des opérations de désarmement et de casernement, dans la nuit du 9 au 10 décembre, deux soldats français ont été tués.

A titre bilatéral, la France a annoncé, début 2014, 35 M€ d’aide à la RCA, ainsi répartis : 9 M€ d’aide alimentaire et humanitaire d’urgence, 14 M€ d’aide au développement (essentiellement via l’AFD), 2 M€ sur crédits sortie de crise pour le rétablissement des finances publiques et l’appui à la transition, et 6 M€ d’aide budgétaire globale au profit de l’Etat centrafricain. Ces financements visent notamment à appuyer la relance du secteur économique et social, et à consolider le processus démocratique et le rétablissement de l’Etat de droit. Un accent particulier est mis sur les aspects de gouvernance démocratique à travers le renforcement des capacités de l’Etat centrafricain dans des secteurs-clés (coordination interministérielle, administration territoriale, finances publiques, justice).

Sur un plan multilatéral, la France apporte son plein appui à l’action de la CEEAC et de l’UA et agit dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui a adopté quatre résolutions concernant la République centrafricaine (2121, 2127, 2134 et 2149). Au sein de l’UE, la France a été à l’origine, avec l’Allemagne, les Pays-Bas et la Commission européenne de la création du fonds multi-bailleurs « Bêkou » et de l’adoption de 3 premiers projets pour près de 20 M€ : réhabilitation des services de santé, réhabilitation des infrastructures urbaines, aide économique et sociale à destination des femmes. Trois autres projets européens, portés par la Commission, devraient être mis en œuvre dans les meilleurs délais : soutien au processus électoral (20 M€), appui aux services de base (27 M€), appui à la consolidation de l’Etat (33 M€). Enfin, la Commission a alloué 55 M€ d’aide humanitaire depuis décembre 2013.

Enfin, la France soutient la RCA auprès des institutions financières internationales (obtention du point d’achèvement de l’initiative PPTE et d’une facilité élargie de crédit du FMI, Commission de consolidation de la paix etc.).

Visites

Le Président de la République s’est rendu à Bangui le 10 décembre 2013, au lendemain du lancement de l’opération Sangaris, puis le 28 février 2014. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères y était allé le 13 octobre avec Mme Kristalina Georgieva, Commissaire européenne à l’aide humanitaire ; il y est revenu le 23 janvier 2014, à l’occasion de la cérémonie d’investiture de Mme Samba Panza. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a effectué cinq déplacements en RCA (13 décembre, 2 janvier, 12 février, 18 mai, 7 juillet).

Relations économiques bilatérales

Les relations commerciales entre la France et la RCA souffrent elles aussi de la crise actuelle.

Les échanges commerciaux (55 MUSD) sont peu importants et les entreprises françaises peu nombreuses, mais la France reste le premier investisseur en RCA et a su, dans un contexte difficile, nouer des partenariats notamment dans les secteurs des services aux entreprises, des industries manufacturières, du commerce et des services bancaires. En dépit de l’instabilité politique et des risques sécuritaires, Air France, Bolloré (logistique et transport fluvial), Castel (boissons et sucre), Total (stockage et distribution des produits pétroliers), CFAO (distribution automobile) ont maintenu leurs implantations en RCA. L’arrivée en 2007 de France Télécom dans la téléphonie mobile marque un certain intérêt des investisseurs français. Les pillages consécutifs à la prise de Bangui par les rebelles le 24 mars ont fortement perturbé l’activité des entreprises françaises.

Alors qu’Areva avait signé un accord avec le gouvernement centrafricain le 1er août 2008 pour l’exploitation du gisement d’uranium de Bakouma (Est), les nombreuses difficultés (éloignement du gisement, mise au point du procédé de traitement du minerai, fourniture d’énergie, insécurité) et la baisse des cours mondiaux d’uranium à la suite de la catastrophe de Fukushima ont conduit l’entreprise française à suspendre ce projet.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Au-delà de l’aide humanitaire, alimentaire et budgétaire allouée par la France au profit de la sortie de crise en Centrafrique, l’essentiel de l’aide française transite à travers des projets de l’AFD (35 M€ sur trois ans de nouveaux projets ou de projets réajustés). Ces projets, dont les composantes à impact rapide sont mises en œuvre en priorité, sont menés dans les secteurs des travaux à haute intensité de main d’œuvre, de la santé (2,5 M€), des infrastructures (énergie, aéroport : 2x5 M€), de l’éducation (5 M€) et du développement régional intégré de la RCA (6,5 M€). L’AFD prévoit également un appui renforcé aux ONG (3,3 M€) pour des actions dans le domaine de l’agro-développement, de la santé, de la cohésion sociale.

De façon complémentaire, des actions de développement local à caractère humanitaire et social sont menées en partenariat avec des ONG locales sur la dotation du Fonds social de développement (FSD) mis en place auprès de l’ambassade (0,85 M€).

Le Plan d’urgence d’appui au système des finances publiques centrafricain a fait l’objet d’un accord de partenariat entre la France et la RCA, signé le 13 mars 2014. Il est axé sur la sécurisation des circuits du Trésor et la mobilisation des recettes douanières, à travers le renforcement des capacités humaines (retour/recrutement d’assistants techniques, missions d’expertise) et matérielles (réhabilitation et rééquipement). Un temps suspendue à la suite de la prise du pouvoir par la Séléka, la coopération institutionnelle française a été rétablie : le dispositif d’assistance technique monte en puissance dans les domaines les plus stratégiques (sécurité, coordination de l’aide, justice, administration du territoire, éducation, coordination du travail gouvernemental).

La France a accepté de copiloter, avec l’UE, le processus de « New Deal » (nouvelle donne pour l’engagement dans les Etats fragiles) en 2012, afin que l’aide internationale soit orientée pour mieux répondre aux situations de fragilité diagnostiquées par le bénéficiaire. Ce processus, lancé avant l’aggravation brutale de la situation en 2013, est à l’heure actuelle éclipsé par les actions concrètes engagées par les partenaires internationaux de la RCA en faveur de la sortie de crise.

Coopération de sécurité et de défense

La France et la RCA ont signé un accord de partenariat de défense en avril 2010, qui encadrait notre coopération militaire et le soutien opérationnel apporté par le détachement « Boali » à la MICOPAX. Ce soutien opérationnel s’est poursuivi à travers l’opération Sangaris et avec le mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies, au bénéfice de la MISCA puis de la MINUSCA.

La coopération militaire structurelle française (de facto suspendue depuis le 24 mars) visait à soutenir les forces armées centrafricaines (FACA) de façon à les aider à mieux contrôler le territoire du pays, s’inscrivant dans le cadre de la réforme du secteur de sécurité (RSS). Les principaux axes de notre coopération portaient sur la formation, le conseil de haut niveau et la réorganisation des forces armées et de la gendarmerie. En 2012, l’aide s’est élevée à 1,47 M€ s’agissant du secteur de la défense, dont 302 000 € d’aide logistique directe. Dans le secteur de la sécurité intérieure, l’aide s’élevait à 0,67 M€ (2012), dont une aide logistique directe de 93 000 € à la gendarmerie. La RCA a bénéficié d’un projet FSP d’appui au renforcement de l’Etat de droit, clos en 2012, qui a financé des formations pour la police, de la fourniture d’équipement et le renforcement des capacités opérationnelles.

Mise à jour : 05.12.14