Présentation


Brève

RCA - Adoption de la resolution 2149 - Déclaration de Laurent Fabius (10 avril 2014)

"Je salue profondément cette très importante décision qu’est l’adoption à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies de la résolution 2149, qui autorise le déploiement d’une opération de maintien de la paix de l’ONU en République centrafricaine, la MINUSCA. C’est un succès pour la paix et pour la diplomatie. Il vient soutenir les efforts des autorités de transition pour rétablir la sécurité et la stabilité en RCA."


Relations politiques

La France accompagne la RCA dans ses efforts de sortie de crise. En maintenant un dialogue suivi avec les autorités de la transition, les encourageant à rétablir la sécurité et à renforcer leur légitimité, la France marque sa volonté d’accompagner la RCA, afin que ce pays ne devienne pas durablement un Etat failli et puisse répondre au risque de crise humanitaire grave.

L’engagement de la France en faveur du redressement de la RCA et de la stabilité régionale se manifeste aussi par l’appui de l’opération Sangaris : 1600 hommes sont déployés à Bangui et en province depuis le 9 décembre 2013 en soutien de la MISCA pour sécuriser le pays. Au cours des opérations de désarmement et de casernement, dans la nuit du 9 au 10 décembre, deux soldats français ont été tués. A titre bilatéral, la France a renforcé son aide humanitaire (10 M€ sur 15 mois) au profit des populations locales.

Au plan multilatéral, la France apporte son plein appui à l’action de la CEEAC et de l’UA, au sein de l’Union européenne comme au Conseil de sécurité des Nations Unies, qui a adopté trois résolutions concernant la République centrafricaine (2121, 2127 et 2134).

Enfin, la France soutient la RCA auprès des institutions financières internationales (obtention du point d’achèvement de l’initiative PPTE et d’une facilité élargie de crédit du FMI, Commission de consolidation de la paix etc.).


Visites

Le Président de la République s’est rendu à Bangui le 10 décembre 2013, au lendemain du lancement de l’opération Sangaris. Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères y était allé le 13 octobre avec Mme Kristalina Georgieva, Commissaire européenne à l’aide humanitaire ; il y est revenu le 23 janvier 2014, à l’occasion de la cérémonie d’investiture de Mme Samba Panza. Le Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a quant à lui effectué trois déplacements (13 décembre, 2 janvier, 12 février).

Côté centrafricain, le Premier ministre Nicolas Tiangaye était venu à Paris à l’occasion du Sommet de l’Elysée sur la paix et la sécurité en Afrique (6-7 décembre 2013).


Relations économiques bilatérales

Les relations commerciales entre la France et la RCA souffrent elles aussi de la crise actuelle.

Les échanges commerciaux (52 M€) sont peu importants et les entreprises françaises peu nombreuses, mais la France reste le premier investisseur en RCA et a su, dans un contexte difficile, nouer des partenariats notamment dans les secteurs des services aux entreprises, des industries manufacturières, du commerce et des services bancaires. En dépit de l’instabilité politique et des risques sécuritaires, Air France, Bolloré (logistique et transport fluvial), Castel (boissons et sucre), Total (stockage et distribution des produits pétroliers), CFAO (distribution automobile) ont maintenu leurs implantations en RCA. L’arrivée en 2007 de France Télécom dans la téléphonie mobile marque un certain intérêt des investisseurs français. Les pillages consécutifs à la prise de Bangui par les rebelles le 24 mars ont fortement perturbé l’activité des entreprises françaises.

Alors qu’Areva avait signé un accord avec le gouvernement centrafricain le 1er août 2008 pour l’exploitation du gisement d’uranium de Bakouma (Est), les nombreuses difficultés (éloignement du gisement, mise au point du procédé de traitement du minerai, fourniture d’énergie, insécurité) et la baisse des cours mondiaux d’uranium à la suite de la catastrophe de Fukushima ont conduit l’entreprise française à suspendre ce projet.


Coopération culturelle, scientifique et technique

En raison de la crise politique et sécuritaire que connaît actuellement la RCA et en l’absence d’autorités légitimes, la coopération est de facto suspendue.

L’aide publique bilatérale de la France à la RCA s’est élevée à 19 M€ en 2010 (38 M€ en comptant notre part de l’aide multilatérale). La France est le premier bailleur bilatéral de la RCA. L’Agence française de Développement a décaissé près de 4 M€ en 2010 (5,8 M€ en 2011, 8,3 M€ prévus en 2012). L’enveloppe de coopération bilatérale gérée par le Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade s’élève à 1,2 M€ (2012).

Notre coopération suit les orientations du Document cadre de partenariat 2010-2013 : elle vise à appuyer la stabilisation du pays tout en accompagnant une dynamique de développement, afin d’éviter une résurgence de la crise. Deux secteurs de concentration ont été retenus : le développement des infrastructures afin de favoriser la relance de l’économie et l’éducation, dont le redressement conditionne l’avenir du pays. Les interventions dans les secteurs hors concentration de la santé et de la forêt visent à remédier à la situation de détresse sanitaire des populations et à aider à la structuration et à la pérennité du secteur forestier, qui est une source de recettes pour l’État, en veillant à respecter les exigences du développement durable.

Dans les secteurs transversaux, nous appuyons la réforme de l’État, principalement dans ses missions régaliennes (finances, justice, sécurité), afin de l’aider à restaurer son autorité mais également à assurer ses obligations à l’égard de l’ensemble des populations, dans un but de consolidation du processus démocratique et de retour à la paix civile. Il est également essentiel de veiller au renouvellement des élites centrafricaines et de conforter l’ancrage régional de la RCA dans la zone CEMAC (y compris dans sa dimension linguistique francophone) et dans la zone CEEAC.

La France a accepté de copiloter, avec l’UE, le processus de « New Deal » (Nouvelle Donne pour l’engagement dans les Etats fragiles) en 2012, afin que l’aide internationale soit orientée pour mieux répondre aux situations de fragilité diagnostiquées par le bénéficiaire.


Coopération de sécurité et de défense

La France et la RCA ont signé un accord de partenariat de défense en avril 2010, qui encadre notre coopération militaire et le soutien opérationnel apporté par le détachement « Boali » à la MICOPAX. Depuis le 1er août, ce soutien opérationnel se poursuit au bénéfice de la MISCA.

La coopération militaire structurelle française (de facto suspendue depuis le 24 mars) visait à soutenir les forces armées centrafricaines (FACA) de façon à les aider à mieux contrôler le territoire du pays, s’inscrivant dans le cadre de la réforme du secteur de sécurité (RSS). Les principaux axes de notre coopération portaient sur la formation, le conseil de haut niveau et la réorganisation des forces armées et de la gendarmerie.

En 2012, l’aide s’est élevée à 1,47 M€ s’agissant du secteur de la défense, dont 302 000 € d’aide logistique directe. Dans le secteur de la sécurité intérieure, l’aide s’élevait à 0,67 M€ (2012), dont une aide logistique directe de 93 000 € à la gendarmerie. La RCA a bénéficié d’un projet FSP d’appui au renforcement de l’Etat de droit, clos en 2012, qui a financé des formations pour la police, de la fourniture d’équipement et le renforcement des capacités opérationnelles.


Mise à jour : 27.03.14