La piraterie maritime moderne prend indifféremment pour cible des navires de commerce ou de pêche que des bateaux de plaisance, dont des voiliers, particulièrement lents et vulnérables, sans attention particulière pour le pavillon (la nationalité) du navire attaqué. Ces actions sont la plupart du temps violentes, les pirates n’hésitent pas à se servir de fusils d’assaut ou de lance-roquettes, et se produisent aussi bien dans les ports et points de mouillage qu’en pleine mer. Le but des pirates est de prendre le contrôle du navire attaqué pour ensuite s’approprier tout ou partie des cargaisons et surtout négocier une rançon pour le navire et son équipage. Les périodes de captivité durent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et sont très éprouvantes. S’agissant de la piraterie dans l’océan indien, la durée moyenne de détention est désormais supérieures à six mois. A la mi-juin 2011, 22 navires et 463 marins étaient en détention.
Les prises en otage des équipages de commerce et des plaisanciers sont devenues systématiques. Les conditions de détention sont difficiles, plusieurs morts de marins sont à déplorer. Le jeudi 8 septembre 2011, un voilier français a de nouveau été victime d’une attaque de pirates au large du Yémen, qui s’est soldée par la mort de l’un des deux Français qui étaient à bord du bateau. Notre autre compatriote qui se trouvait également sur le voilier n’a pu être secourue que grâce à l’intervention d’un bâtiment de l’opération "Atalante".
Les zones à très fort risque en Océan Indien sont :
Le sud de la mer rouge au sud de la ligne s’étendant de la frontière nord du Yémen- à celle du Nord de l’Erythrée ; le Golfe d’Aden dans son ensemble, les eaux territoriales du Yémen et d’Oman n’étant plus exemptes d’attaques , le bassin somalien en particulier entre la côte somalienne et 400 nq au large, enfin la mer d’Arabie au Sud du parallèle 23N en particulier entre la côte omanaise et 400 nautiques au large.
Les zone à risque en Océan Indien sont : le reste de l’océan indien jusqu’au canal du Mozambique, et à l’ouest de la ligne Seychelles -Laquedives.
s’informer auprès des ambassades et consulats français et des autorités portuaires ou maritimes compétentes avant d’entreprendre une navigation ou une traversée ;
S’inscrire au contrôle navale volontaire en océan indien (Etat-major de l’amiral commandant la zone maritime de l’océan Indien (ALINDIEN)
Téléphone : + 971 265 74 122 / 128 / 149
Courriel : alindien@free.fr
s’assurer que leurs moyens de communications (valises satellites, radio hf…) et que les moyens électroniques du bord (GPS, balise d’alerte, radar…) fonctionnent de façon optimale ;
informer une personne restant à terre de la route qu’ils comptent emprunter, lui laisser un document qui présente le voyage initialement prévu ; tenir régulièrement informée cette personne restée à terre de la position et convenir des jours et heures des contacts téléphoniques ou par courriel ; laisser une consigne claire visant à prévenir la gendarmerie ou la police nationale ;
maintenir une veille permanente anti-piraterie 24h sur 24 ;
ne pas mouiller trop près des côtes dans les zones sensibles ;
éviter le cabotage de nuit et la navigation isolée ;
assurer des tours de garde dans les ports les plus sensibles.
Asie du sud-est, sous-continent indien
En 2010, 145 attaques se sont produites en mer de Chine.
Bangladesh : 74 incidents ont été répertoriés depuis janvier 2006. La plupart des attaques se concentre sur les points de mouillages autour de Chittagong. Bien que le nombre des attaques ait chuté récemment, la zone reste à haut risque.
Indonésie : Balongan (Java), Balikpapan (Kalimantan) et Belawan (Sumatra) sont les ports les plus risqués. Beaucoup d’attaques dans la zone ne sont pas rapportées.
Détroits de Singapour et Malacca : le nombre d’attaques a chuté dans la zone suite à la mise en place depuis 2005 de patrouilles régulières par les états bordant le détroit. Il est cependant recommandé aux navires de maintenir une vigilance constante lors de leur passage dans le détroit.
Afrique et Péninsule arabique
Golfe de Guinée et Côtes du Nigeria : 47 attaques ont été rapportées en 2010. Au large des côtes nigérianes, les attaques sont particulièrement violentes. Elles ont pour but de piller les navires aussi bien que de kidnapper les équipages, et peuvent se produire le long des côtes ou en remontant les fleuves. Ces actes se déroulent principalement dans les eaux territoriales notamment les zones portuaires (Lagos, Port-Harcourt).
Côtes de Tanzanie : 34 incidents rapportés depuis juin 2006, principalement des navires de fret.
Golfe d’Aden - Somalie - Ouest et Nord Seychelles
165 attaques enregistrées en 2010
Somalie - Golfe d’Aden : la zone est le théâtre de nombreuses attaques sur des navires de commerce aussi bien que des bateaux de plaisance. Les attaques sont violentes (mitraillage et tirs de roquettes) et les prises d’otage sont systématiques. Une attaque sur quatre qui n’est pas interrompue par les forces navales alliées est menée avec succès. 100% des attaques menées contre les voiliers qui ne sont pas protégés réussissent.
Ouest et Nord - Est Seychelles : depuis le mois de février 2009, les pirates somaliens se sont à nouveau montrés capables de menacer et de capturer des navires jusqu’au nord du canal du Mozambique et vers l’Est, jusqu’aux abords de l’archipel des Seychelles.
Les pirates opèrent jusqu’à plus de 900nq de leurs camps sur la côte somalienne grâce au support de "bateau-mère" (boutres traditionnels et petits caboteurs, dont certains contraints par la force de les aider). Ces navires sont capables de naviguer plusieurs semaines en haute mer et de se camoufler dans le trafic maritime régional, avant de déployer des "skiffs" armés et rapides pour attaquer.
Tout transit entre le cap Guardafui et Socotra est par ailleurs à proscrire.
Il est impératif de répondre à toute interrogation sur VHF émanant d’un bâtiment ou d’un aéronef militaire et de suivre les éventuelles consignes de cinématique, celles-ci tenant compte des dernières attaques recensées ;
A bord des grands voiliers, les mesures préventives (lance à incendie, dispositif sonore, entraves pour l’accès à bord…) doivent être activées, en veillant à ne pas exposer le personnel à portée de tir des pirates ;
L’alerte doit être donnée par tous les moyens de transmission disponibles. Outre l’appel sur la VHF 16 ou l’activation d’une balise de détresse, le navigateur doit chercher à contacter ses correspondants par téléphone cellulaire ou satellite ou encore par courriel.
L’acheminement par navire de transport de commerce spécialisé reste le mode le plus sûr pour le transit de voiliers dans le golfe d’Aden et le long des côtes orientales de la Somalie. La navigation en groupe ne réduit pas le risque d’attaque et peut parfois attirer les pirates. Les escales dans les pays de la zone sont parfois utilisées pour informer les pirates.
Contacts "urgence" pour la navigation dans le golfe d’Aden et l’est de la Somalie :
Etat-major de l’amiral commandant la zone maritime de l’océan Indien (ALINDIEN)
Téléphone : +971 265 74 122 / 128 / 149 - responsable du contrôle naval national en océan indien.
Courriel : alindien@free.fr.
Golfe persique : Couramment, des signaux et appels sont émis par de petites embarcations. Certains navires ont été poursuivis sur de courtes distances.
Amérique du sud et centrale, mer des Caraïbes
En 2010, 20 attaques ont été répertoriées en Amérique du Sud côté Atlantique, 15 côté Pacifique et 5 dans les Caraïbes
Brésil : Le nombre d’attaques a décru dans la région de Santos. La vigilance doit cependant être maintenue.
Pérou : Des attaques peuvent avoir lieu, essentiellement contre des navires de fret faisant escale au port de Callao.
Mer des Caraïbes : les bateaux de plaisance sont des cibles privilégiées. Des actes de piraterie, parfois violents, ont été enregistrés ces dernières années. Leur diminution en 2009 est due à la prise en compte du risque élevé encouru par les navigateurs dans les eaux vénézueliennes dans lesquelles la navigation de plaisance est déconseillée.
