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Nigéria

Dernière mise à jour le: 11 juillet 2014 - Information toujours valide le: 23 Juillet 2014

Dernière minute

L’attentat revendiqué par la secte Boko Haram dans une gare routière de la banlieue Est d’Abuja, le 14 avril 2014, a fait plus de 80 morts. Il confirme la capacité de la secte à mener des actions terroristes en dehors de sa zone d’implantation au nord-est du pays. Un nouvel attentat a eu lieu sur le même site le 1er mai, causant une vingtaine de victimes.

La plus grande vigilance est nécessaire. En complément des recommandations formulées dans la rubrique « Sécurité » de la présente fiche, il est impératif pour tout voyageur se déplaçant au Nigeria sans correspondant bien implanté sur place de prendre l’attache de l’ambassade de France à Abuja ou du consulat général à Lagos.

Sécurité

Ces recommandations sont à nuancer pour les missionnaires des grandes entreprises qui circulent avec d’importants moyens de sécurité et bénéficient de relais sûrs dans le pays.

Le risque terroriste, associé à l’intervention militaire au Mali mais aussi plus généralement au contexte interne et régional, reste fort au Nigeria. Ce risque se matérialise par des attentats à l’explosif aveugles ou ciblés, dernièrement le 14 avril 2014 et le 1er mai 2014 à Abuja, avec une fréquence élevée dans les Etats de Bauchi, Borno et Yobe. Il s’est également traduit par des enlèvements suivis d’assassinats de ressortissants étrangers, principalement dans la bande sahélienne et dans les régions voisines : enlèvement d’un Français en décembre 2012, succédant au dénouement dramatique du kidnapping de plusieurs Occidentaux mais également de Libanais et à l’assassinat de plusieurs ressortissants chinois.

Zone rouge :

En conséquence, les déplacements sont formellement déconseillés (zone rouge) :

  • Au Nord, dans l’ensemble des 18 Etats du Nord et Territoire de la Capitale Fédérale (FCT) : Etats de Kebbi, Sokoto, Zamfara, Katsina, Kano, Jigawa, Yobe Bauchi, Borno, Gombe, Adamawa, Niger, Nassarawa, Plateau, Taraba, Benue, Kogi et Territoire de la Capitale Fédérale (FCT) (sauf la ville d’Abuja en orange).

Outre le risque terroriste, les risques d’enlèvement et d’attentat aveugle imposent la plus grande vigilance sur l’ensemble du territoire nigérian.

  • Sud-Est :

• En raison de la poursuite des agressions et des enlèvements, les États de Bayelsa, Rivers (à l’exception de la capitale Port-Harcourt, en zone orange), Delta, Akwa Ibom, Abia, Imo, sont classés en zone rouge.

• Piraterie maritime : La zone maritime bordant la côte nigériane est classée en zone rouge, en raison de la piraterie, pour le cabotage non sécurisé et la navigation de plaisance.

Zone orange

D’une manière générale, les zones classées en orange sont caractérisées par un risque élevé de grande criminalité, en particulier d’enlèvement. Les projets de voyage non indispensables sont à proscrire dans les conditions de sécurité actuelles dans le pays. S’agissant des Français dont la présence est impérative en zone orange, une extrême prudence leur est recommandée. Ils limiteront leurs déplacements au strict nécessaire et se conformeront aux recommandations en vigueur pour tenir compte de l’aggravation du risque terroriste au Nigeria, notamment au Nord.

Grandes agglomérations

Plusieurs attentats ont été commis dans la capitale fédérale. Le dernier en date, le 14 avril 2014 dans une banlieue d’Abuja, a fait plus de 80 victimes. Il confirme la capacité opérationnelle de la secte terroriste Boko Haram malgré la forte présence des forces de sécurité. De précédentes attaques avaient eu lieu en 2010 et 2011.

En outre, les agressions sont fréquentes à Lagos et Abuja, y compris dans les quartiers résidentiels. La situation reste dangereuse dans les environs des deux grandes villes (notamment route Lagos-Cotonou par Badagry).

Conflits communautaires dans la « middle belt »

A ces risques identifiés s’ajoute depuis plusieurs années une résurgence de conflits communautaires, d’intensité variable, mais pouvant se produire en diverses parties du territoire. Aussi convient-il de s’informer précisément de la situation prévalant localement avant d’entreprendre tout voyage à l’intérieur du pays.

Recommandations générales

Sur l’ensemble du territoire, les comportements doivent être adaptés pour tenir compte de ce contexte :

  • Il est impératif lors d’un voyage dans l’ensemble du pays d’être accueilli à destination, y compris à l’aéroport, par des personnes connues et identifiées et d’être raccompagné au départ en fin de séjour. Des cas de personnes kidnappées aux aéroports ont été signalés au cours des années passées. Pour la région du Delta, des mesures de sûreté de type quasiment militaire sont prises par les entreprises pétrolières, principal employeur de la région.
  • Il est recommandé de ne pas se déplacer à pied en ville et, en voiture, de rouler vitres fermées et portières verrouillées ; il faut éviter de quitter son hôtel ou les quartiers résidentiels la nuit. L’insécurité se manifeste par des attaques diurnes et nocturnes, sur les routes et dans les villes, y compris aux domiciles, par des groupes armés à la recherche d’argent, d’objets de valeur ou de véhicules.
  • Dans les déplacements, il convient de varier ses itinéraires autant que possible quel que soit le mode de déplacement, de surveiller ou faire surveiller son véhicule et d’être attentif aux mouvements alentour ; il convient de s’assurer de l’absence de mesures restrictives de circulation et d’éviter l’usage des transports en commun.
  • Lors de déplacements interurbains, il est conseillé de voyager à plusieurs véhicules, de ne pas rouler la nuit, de déposer son itinéraire ainsi que ses horaires, notamment auprès du consulat général de France à Lagos ou, pour le nord du pays à la section consulaire de l’ambassade de France à Abuja ou auprès du consulat honoraire de Kano. Il est également recommandé de se faire escorter par des agents de sécurité, voire une protection policière (MOPOL) dans les régions sud-est du pays et de ne pas conduire soi-même son véhicule, les routes étant extrêmement dangereuses en raison des accidents fréquents et de leur mauvais état.
  • Se tenir à l’écart des attroupements (rixes dans les marchés, accidents de la circulation) ; les lieux publics fréquentés tels que les lieux de culte doivent être évités en particulier aux dates à forte portée symbolique (grandes fêtes religieuses, chrétiennes ou musulmanes et grands évènements publics).
  • Ne pas transporter de grosses sommes d’argent ou ses documents d’identité et titres de voyages (garder sur soi les copies) ; éviter de prendre des photos dans les lieux publics.
  • Ne pas utiliser sa carte de crédit, en raison des risques d’utilisation frauduleuse.

Conduite à tenir en cas d’agression :

Il n’y a pas d’animosité particulière au Nigeria à l’encontre des communautés expatriées. Les agressions visent donc avant toute chose vos biens matériels. A cet égard, il convient bien sûr d’éviter tout signe ostentatoire de richesse dans vos déplacements (bijoux, porte-feuille apparent…etc.). Si, en dépit de ces précautions, vous étiez victime d’une agression, il est nécessaire d’éviter absolument toute velléité de résistance. Il convient au contraire d’assurer vos agresseurs de votre disponibilité à coopérer et à leur remettre l’argent dont vous disposez. Si vous êtes en voiture, remettez-leur les clés du véhicule et votre téléphone portable s’ils l’exigent. Demandez ensuite l’assistance de la police locale ou des passants : demandez à être conduit au consulat général de France si vous êtes à Lagos, à l’ambassade si vous êtes à Abuja, au consulat honoraire si vous êtes à Kano ou à Port Harcourt (Camp Total).

Transports

Infrastructure routière

Tout déplacement par la route est à entreprendre avec la plus extrême prudence. Il convient d’éviter de se déplacer sur les routes en dehors des heures pendant lesquelles sont en place les barrages de police (9h-18h).

Hormis les grands axes dans le nord et dans le sud-ouest autour de Lagos qui sont en bon état, l’infrastructure routière est généralement très dégradée. L’approvisionnement en essence n’étant pas assuré partout, prévoir des réserves.

En cas d’accident, il vaut mieux ne pas s’attarder sur les lieux mais se rendre au poste de police le plus proche et prévenir l’ambassade. Les transports en commun sont de très mauvaise qualité, quelques rares compagnies de bus de luxe exceptées. L’utilisation de taxis est déconseillée, sauf si le chauffeur est recommandé par une personne de confiance.

Réseau ferroviaire

Inexistant

Transport aérien

L’aéroport de Port Harcourt a été rouvert au trafic intérieur et au trafic international. Seule la compagnie Arik présente une régularité et des garanties de maintenance des appareils aux normes internationales.

Entrée / Séjour

Le visa de tourisme ou d’affaires est obligatoire. Le passeport doit avoir une durée de validité de trois mois au minimum.

Le ministère de l’Intérieur nigérian a fixé de nouvelles directives concernant l’entrée des ressortissants français au Nigeria. Désormais les autorités nigérianes peuvent :

  • exiger, sur une base aléatoire et de façon discrétionnaire, la présentation par les citoyens français arrivant au Nigeria de tous les documents leur ayant permis l’obtention d’un visa pour le Nigeria ;
  • suspendre la prorogation sur place des visas et des permis temporaires de travail des citoyens français se trouvant au Nigeria ;
  • refuser toute demande de modification de son type de visa postérieurement à l’arrivée au Nigeria ;
  • refuser de délivrer, quel que soit le statut ou le rang du voyageur, des visas aux points d’entrée sur le sol nigérian.

Pour de plus amples informations, prendre l’attache de l’Ambassade du Nigeria à Paris, adresses des missions étrangères en France (sur le site de la Maison des Français de l’étranger).

Santé

Avant le départ

Consultez votre médecin (éventuellement votre dentiste) et souscrivez à une compagnie d’assistance couvrant les frais médicaux et le rapatriement sanitaire.

Maladies

Fièvre de Lassa : Bien qu’elle ne soit pas active actuellement, pour mémoire, le gouvernement nigérian avait décidé en février 2012 d’établir d’urgence un comité de suivi épidémiologique et de coordination de la lutte contre la fièvre de Lassa(ville de l’État de Borno, au Nord-Est du Nigeria). Plus de quatre cents personnes avaient alors été infectées et une quarantaine de personnes étaient décédées dans les États de Borno, Gombe, Yobe, Taraba, Plateau, Nasarawa, Ebonyi, Edo, Ondo, Rivers, Anambra et Lagos. Cette fièvre hémorragique, endémique au Nigeria, est véhiculée par des rongeurs et difficile à soigner. Les premiers symptômes sont similaires à ceux de nombreuses autres affections tropicales et seule une sérologie permet de confirmer le diagnostic.

Méningite : non active actuellement, il est toutefois vivement recommandé aux personnes devant se rendre dans les États de Gombe, Jigawa, Kano et Katsina dans le nord et le nord-est du Nigeria de se faire vacciner.

Grippe aviaire : pas de cas récent. Pour mémoire, une épidémie de grippe aviaire a déjà affecté il y a quelques années 27 des 36 États de la Fédération

Prévention du paludisme

Cette maladie parasitaire transmise par les piqûres de moustiques impose le recours à des mesures de protection individuelle (sprays, crèmes, diffuseurs électriques, moustiquaires…).

A ces mesures, doit s’ajouter un traitement médicamenteux adapté à chaque individu : il convient de s’adresser à votre médecin habituel ou à un centre de conseils aux voyageurs. Le traitement devra être poursuivi après le retour en France durant une durée variable selon le produit utilisé. Classification : zone 3. Durant votre séjour, et durant les deux mois qui suivent votre retour, en cas de fièvre, un avis médical doit être pris rapidement, pour mettre en œuvre dès que possible un traitement anti-paludique éventuel.

Vaccinations

La vaccination contre la fièvre jaune est indispensable (à pratiquer dans un centre agréé).
On observe en Nigéria une circulation du virus de la poliomyélite. Il est donc vivement recommandé de mettre à jour sa vaccination (diphtérie-tétanos-poliomyélite).
Autres vaccinations conseillées (selon conditions d’hygiène et durée du séjour) : fièvre typhoïde, hépatites virales A et B.
Le risque de méningite bactérienne saisonnière incite vivement à recommander la vaccination anti-méningococcique aux voyageurs devant séjourner dans les États du Nord du pays au cours de la saison sèche, d’octobre à mai.
Compte tenu des épidémies de rougeole affectant régulièrement le pays et en particulier les États du Nord durant la saison sèche, une vaccination R.O.R à jour est vivement recommandée, notamment chez les enfants.
La vaccination contre la rage peut également être proposée dans certains cas. Demandez conseil à votre médecin ou à un centre de vaccinations internationales.

Recommandations générales

Les risques sanitaires du Nigeria sont sérieux et liés à l’absence d’hygiène, à la présence de maladies endémiques (en particulier le paludisme) et à l’extension de la pandémie du sida.
Sur l’ensemble du territoire (excepté peut-être à Abuja), les conditions sanitaires sont très précaires. Il n’y a pas d’eau potable. Il faut s’assurer, même dans les hôtels, que les eaux minérales en bouteilles ont leur capsule d’origine. Les légumes et les fruits doivent être lavés dans une solution de permanganate.
En dehors d’Abuja et de Lagos, les possibilités de soins d’urgence et d’hospitalisation dans des conditions d’hygiène minimales sont rares et incertaines.

Hygiène alimentaire

Prévention de la diarrhée du voyageur et du choléra :
Il est conseillé de ne pas boire l’eau du robinet : préférer les eaux en bouteilles capsulées. A défaut, consommer de l’eau filtrée, bouillie et décontaminée.
Éviter l’ingestion de glaçons, de jus de fruits frais, de légumes crus et de fruits non pelés.
Éviter la consommation d’aliments (poisson, viande, volaille, lait) insuffisamment cuits.
Veiller à un lavage régulier et soigneux des mains avant chaque repas (hygiène très stricte des mains, notamment au sortir des toilettes).

En saison des pluies (mai à septembre), le choléra sévit à l’état endémique dans la partie septentrionale du Nigeria nécessitant de redoubler de prudence lors de la consommation d’eau (bouteilles scellées), de légumes et de fruits et de manipulation d’argent en espèces.

VIH-Sida

Prévalence non négligeable du VIH-Sida. Toute mesure de prévention est indispensable.

Quelques règles simples
  • Éviter les baignades dans les eaux stagnantes (risque d’infection parasitaire) ;
  • Éviter de marcher pieds nus sur le sable et les sols humides ;
  • Ne pas caresser les animaux rencontrés ;
  • Veiller à la sécurité routière (port de la ceinture de sécurité en automobile ou du casque en moto) ;
  • Ne jamais consommer de médicaments achetés dans la rue ;
  • Emporter les médicaments nécessaires.
Numéros utiles

Le site de l’ambassade de France à Abuja comporte une rubriques santé détaillée avec les numéros de téléphone utiles.

Infos utiles

Us et coutumes

Près de la moitié des Nigérians sont musulmans. Dans le sud, les prescriptions islamiques ne sont pas observées avec une grande rigueur. Dans le nord, au contraire, l’instauration de la Charia dans 12 Etats depuis 2000 contribue à l’application parfois rigoriste des préceptes socio-religieux. Il convient de s’abstenir de consommer de l’alcool en public et, pour les femmes, d’éviter des tenues choquantes (jupes courtes, shorts, etc.).

Législation locale

Le délit d’ébriété est défini de manière vague. Les peines d’amendes sont en général légères. Toutefois, le juge peut prononcer une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement. Dans le nord où la consommation d’alcool en public est prohibée, la peine est laissée à l’appréciation du juge coutumier. La vente, la détention ou l’usage de stupéfiants sont passibles de la prison à perpétuité. L’homosexualité est considérée comme un délit passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans d’emprisonnement. Les relations sexuelles avec des mineures de moins de 18 ans sont également punies par la loi.

Divers

Des sociétés, associations, et simples particuliers peuvent être contactés par de prétendus responsables et intermédiaires nigérians cherchant à faire sortir de leur pays d’importants capitaux. C’est un scénario très répandu d’escroquerie.Il est ainsi conseillé de ne donner strictement aucune suite à tout message émanant du Nigéria (lettre, télécopie, e-mail) qui promet d’importants profits immédiats ou demande des renseignements, notamment bancaires.

D’une manière générale, les tentatives d’escroquerie, consistant à usurper une identité pour réclamer une somme d’argent sont fréquentes. Dans le doute, il est conseillé de se rapprocher de l’ambassade à Abuja ou du consulat général à Lagos.

Contacts utiles

Police
  • Police à Abuja : +234 92340422 / 24
  • Police à Lagos/Ikoyi : +234 1680352
  • Police à Lagos/Victoria Island : +234 1610743 - +234 1612335
  • Police Mobile Force Distress Call : +234 90408721
  • Police Diplomatique : +234 12631913 / 1642 / 1500
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