65éme Assemblée mondiale de la santé - Débat général sur la couverture sanitaire universelle (22 mai 2012)



Intervention de l’Ambassadeur Nicolas Niemtchinow, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies à Genève.



Madame la Présidente, Mme Le Directeur général, Mesdames Messieurs les Ministres, Chers délégués,

La France se félicite que le thème de la couverture sanitaire universelle ait été retenu pour le débat général de cette 65ème Assemblée Mondiale de la Santé. La France soutient la déclaration de l’Union européenne et de ses Etats membres.

Malgré l’engagement croissant de la communauté internationale pour un accès universel à des soins de santé de qualité, encore 1,3 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services de santé de base. Plus de 60 millions de personnes tombent dans la pauvreté chaque année du fait de dépenses de santé trop lourdes. La dégradation de la situation économique depuis 2008 accroît encore davantage la contrainte sur nos systèmes de santé. La crise pousse les personnes les plus socialement vulnérables à renoncer aux soins dont ils avaient besoin. Dans ce contexte économique défavorable, la santé doit être conçue comme un investissement majeur pour l’avenir de nos populations et doit rester une priorité nationale et internationale. Nos gouvernements doivent maintenir les objectifs d’amélioration de l’accès aux services de prévention et de soin, d’une meilleure efficience des services de santé, de réduction des inégalités de santé.

Il est impératif d’assurer un financement soutenable et solidaire de systèmes de santé au service de l’ensemble de la population. Nos systèmes de santé doivent être préparés aux défis des maladies transmissibles et non-transmissibles, au vieillissement de la population, et aux risques financiers. La couverture sanitaire universelle n’obéit pas seulement à un impératif moral.

L’investissement dans le domaine de la santé reste crucial : il contribue à relancer l’économie, à assurer une stabilité sociale dans les pays. Les dépenses en matière de santé ne sauraient donc être utilisées comme une variable d’ajustement pour réaliser des économies budgétaires.

Ce constat est partagé dans les pays développés, comme dans les pays émergents et en développement ; mais chaque contexte appelle des réponses sur mesure. C’est par des socles de protection sociale définis au niveau national que les pays pourront relever le défi d’un accès universel aux services de santé et d’un financement collectif durable des systèmes de santé. La France a une très bonne couverture sociale que nous nous efforçons de préserver. La France et l’Allemagne ont lancé en 2007 l’initiative Providing for Health pour promouvoir la protection sociale en santé. Cette initiative propose aux pays qui le désirent un appui technique pour faciliter la mise en place de mécanismes de couverture du risque-maladie.

La déclaration de Bangkok du 28 janvier 2012 et la déclaration de Mexico du 2 avril 2012 témoignent d’une dynamique mondiale positive en faveur de la couverture sanitaire universelle. La couverture sanitaire universelle aura un impact significatif dans la lutte contre la pauvreté. La couverture sanitaire universelle aide également à la réduction de la mortalité maternelle et infantile, et à la lutte contre les 3 pandémies. Les populations doivent aussi pouvoir compter sur les systèmes de protection sociale pour couvrir leurs besoins essentiels.

Dans le contexte de la préparation de l’après-2015, la couverture sanitaire universelle devra faire partie intégrante du pilier social du développement durable. La couverture sanitaire universelle constitue en effet un levier fondamental pour un financement durable des systèmes de santé. Elle permet une allocation plus efficace des ressources dans le domaine sanitaire et une allocution plus juste corrigeant les inégalités face aux dépenses de santé.

Je voudrais terminer par un point important, celui de la nécessaire réforme de l’OMS. Cette réforme doit avancer. Chacun de nos pays doit prendre ses responsabilités. Dans le contexte budgétaire actuel, face aux défis sanitaires du monde, nous devons envoyer à nos gouvernements et nos parlements un signal clair de notre volonté commune pour une vraie réforme de l’OMS. La pérennité des financements a pour condition une plus grande redevabilité sur un programme cohérent de réformes sur les 5 catégories d’activités prioritaires qui ont été établies.

Je vous remercie