Géographie et Histoire



Géographie

La Bolivie est grande comme deux fois la France et elle compte 10 millions d’habitants. Bordée par la Cordillère des Andes à l’Ouest et par l’Amazonie à l’Est, elle n’a pas d’accès à la mer. Multiethnique, la population est composée d’Amérindiens (en majorité), de métis, de descendants d’Européens, mais également d’afro-descendants.

La langue principale est l’espagnol, bien que les langues aymara et quechua soient fréquemment utilisées dans les Andes, et que la Constitution de 2009 reconnaisse 36 langues officielles.

Le territoire est composé de deux régions géographiques distinctes :

  • L’Ouest est traversé par deux cordillères d’orientation Nord-Sud qui bordent un vaste haut plateau : l’Altiplano. La Cordillère occidentale, aride, compte plusieurs sommets dont le Nevado Sajama (6 542 mètres). Le haut plateau est bordé au Nord-Est par la Cordillère royale, où se situent notamment le Nevado Illimani, l’Illampu et la ville de La Paz, qui s’échelonne entre 3 000 m (zone Sud) et 4 058 m (aéroport d’El Alto). La Cordillère orientale abrite des vallées humides et de vastes espaces boisés.
  • Dans la partie Est du pays s’étendent des plaines alluviales bénéficiant d’un climat tropical. Le Nord de ces terres basses, majoritairement recouvert de forêts, appartient au bassin amazonien. Plus au Sud, les terres font partie du bassin du Río Paraguay.


Histoire

Avant la colonisation européenne, le territoire bolivien appartenait en partie à l’Empire Inca, plus grand « État » de l’Amérique précolombienne. Le Royaume d’Espagne conquit la région au XVIe siècle. Pendant la période coloniale, la région s’appelle « Haut-Pérou » ou « Charcas ». Après avoir déclaré son indépendance en 1809, la Bolivie connaît seize années de conflit, qui mènent à la mise en place de la République bolivienne, en hommage à Simón Bolívar, qui rédigea lui-même la Constitution en 1825.

Officiellement créée en 1825, la Bolivie s’est rapidement heurtée aux ambitions de ses voisins, qui l’ont amputée de près de la moitié de son territoire. Les conflits avec le Brésil (1860, 1903) lui ont fait perdre la province amazonienne de l’Acre (zone de production de caoutchouc). La guerre contre le Chili (1879) l’a privée de son accès à la mer. Enfin, elle a dû céder le Sud du pays à l’Argentine et au Paraguay (guerre du Chaco de 1932-1935).

Au milieu du XXe siècle, un renouvellement du paysage politique s’est opéré avec le mouvement nationaliste révolutionnaire (Movimiento Nacionalista Revolucionario), créé en 1941 et qui va jouer un rôle-pivot dans la vie politique du pays jusque dans les années 1960. Malgré l’opposition de l’armée, il accède au pouvoir en 1952 par une révolution, sous les traits de Victor Paz Estensoro, octroie le suffrage universel, engage sous la pression paysanne une réforme agraire en 1953 et nationalise, moyennant de fortes indemnisations, les mines des trois principaux « barons de l’étain » du pays. Sa politique interventionniste s’infléchit progressivement et s’ouvre à l’influence des États-Unis. Entre 1963 et 1982, les militaires occupent le devant de la scène, à la faveur de nombreux coups d’État.

A la fin des années 1990, une nouvelle figure politique émerge par la voie du syndicalisme agricole : Evo Morales, qui dirige le mouvement des cultivateurs de coca. Il est élu député en 1997. Le Mouvement vers le socialisme (MAS), qu’il a créé, devient le premier parti d’opposition au Congrès en 2002. La même année, Evo Morales se place en deuxième position lors de l’élection présidentielle. En 2006, il devient le premier président de Bolivie issu de la population autochtone.


Mise à jour : 05.03.14