Qu’est-ce que le G20 ?



Pourquoi le G20 ?

Le G20 a été créé en décembre 1999 en réponse aux crises financières qui ont frappé les pays émergents à la fin des années 1990. Il s’agissait à l’origine de réunir une fois par an les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales des pays industrialisés et des pays émergents pour faciliter la concertation internationale en matière économique.

Confronté à la plus grave crise économique et financière depuis la seconde guerre mondiale, le G20 s’est transformé fin 2008, sous l’impulsion de la France, alors Présidente en exercice de l’Union européenne, en instance de pilotage économique, réunissant au plus haut niveau les grands responsables publics. Lors du Sommet fondateur de Washington de novembre 2008, les chefs d’Etat et de gouvernement se sont mis d’accord sur un plan d’action exceptionnel pour éviter l’effondrement du système financier et de l’économie mondiale.

Depuis, le G20 s’est réuni régulièrement : à Londres en avril 2009, à Pittsburgh en septembre 2009, à Toronto en juin 2010, à Séoul en novembre 2010, à Cannes, sous présidence française, les 3 et 4 novembre 2011, et à Los Cabos, au Mexique, les 18 et 19 juin 2012. Quoiqu’informel (le G20 n’est pas une organisation internationale, mais un lieu de rencontres et de décisions communes), il est devenu la principale enceinte de coopération économique et financière, pour assurer une croissance mondiale fondée sur des bases saines et solides.

Qui est membre du G20 ?

Le G20 représente 85 % de l’économie mondiale et 2/3 de la population mondiale.

Il est composé de l’Afrique du Sud, de l’Allemagne, de l’Arabie Saoudite, de l’Argentine, de l’Australie, du Brésil, du Canada, de la Chine, de la Corée du Sud, des Etats-Unis, de la France, de l’Inde, de l’Indonésie, de l’Italie, du Japon, du Mexique, du Royaume-Uni, de la Russie, de la Turquie et de l’Union européenne.

Les membres du G20 peuvent décider chaque année d’inviter un nombre limité d’autres pays (5 en principe, dont l’Espagne qui est invité permanent) et d’organisations régionales à leurs sommets.

Pour mener à bien ses travaux, le G20 s’appuie sur l’expertise technique d’organisations internationales, notamment du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale (BM), de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’Organisation internationale du travail (OIT), de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et du Conseil de stabilité financière (CSF).

Comment fonctionne le G20 ?

Le G20 repose sur un système de présidence tournante annuelle peu formalisé. Chaque année, un pays membre du G20 est chargé d’organiser et de faire progresser tout au long de l’année les négociations préparatoires des Sommets des chefs d’Etat et de gouvernement. La France a eu l’honneur d’assumer cette responsabilité pour 2011, le Mexique pour 2012. La Russie prendra la présidence tournante du G20 à partir du 1er décembre 2012 et pendant les onze premiers mois de 2013, avant que vienne le tour de l’Australie (2014), puis de la Turquie (2015).

Depuis le sommet de Cannes, la présidence en exercice associe la présidence sortante et la présidence suivante à la constitution de l’ordre du jour des réunions préparatoires et du sommet, selon le système de la « troïka ».

La préparation des décisions des chefs d’Etat et de gouvernement est assurée, d’une part, par leurs représentants personnels (« Sherpas »), d’autre part, par les Ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales (filière« Finances »). Les sherpas et les ministres des finances se réunissent régulièrement.

Sherpas et ministres coordonnent aussi les travaux de plusieurs groupes thématiques (développement, lutte contre la corruption, sécurité alimentaire, etc.). Ces groupes de travail ne sont pas pérennes : chaque présidence choisit ou non de les reconduire. Chacun des groupes est co-présidé par deux pays membres du G20. Depuis sa création, la France co-préside en particulier le groupe de travail « Développement ».

La présidence du G20 peut également organiser des réunions thématiques spécialisées. La France a ainsi organisé en 2011 un G20 des ministres du travail et de l’emploi et un G20 des ministres de l’agriculture. La présidence mexicaine a elle aussi réuni les ministres de l’emploi, et a organisé pour la première fois une réunion des ministres des affaires étrangères du G20, les 19-20 juin 2012.

L’ouverture du G20 à la société civile

Au fil des présidences, plusieurs initiatives ont vu le jour pour compléter l’action des leaders et donner au G20 plus de visibilité et de retentissement dans la société civile. Ces initiatves sont usuellement désignées sous le nom d’outreach. Elles s’adressent à différentes catégories de populations : Youth G20 (Y20), rassemblant des étudiants des 20 pays et des pays invités, Business G20 (B20), rassemblant les entrepreneurs, G20 des ONG (NGO20), G20 des Think Tank (T20), G20 des régions et collectivités territoriales (R20).

Les résultats de ces rencontres parallèles donnent généralement lieu à une remontée au niveau du sommet des leaders, que ce soit sous forme de rencontre, de compte-rendu ou de recommandations.

La présidence a en outre toute latitude pour organiser des conférences, séminaires et rencontres de haut niveau sur les priorités du G20 dans l’année.

Quels résultats ?

L’action concertée du G20 a permis d’amortir le choc de la crise sur la croissance et l’emploi et de rétablir la confiance plus tôt que ne le prévoyaient les analystes.

Les pays du G20 ont en effet déployé des moyens inédits pour soutenir l’économie mondiale : plans de relance budgétaire massifs et coordonnés, injections de liquidités par les banques centrales, mesures de soutien aux activités de crédit des banques, renforcement considérable des capacités d’aide des organisations internationales aux pays émergents ou en développement.

Mais le G20 s’est également attaqué aux racines de la crise qui a une double origine : l’accumulation de déséquilibres macroéconomiques mondiaux et les défaillances de la régulation financière.

Pour réduire les déséquilibres mondiaux, le G20 a créé un « cadre pour une croissance forte, durable et équilibrée », afin de réorienter les stratégies macro-économiques nationales dans un sens plus favorable à l’économie mondiale. Ce cadre est suivi et réactualisé chaque année lors du sommet.

Le G20 s’est accordé sur un plan de régulation financière sans précédent, à la mesure de l’ampleur de la crise financière. Le champ du contrôle et de la surveillance financière s’est élargi à des acteurs, à des produits, à des activités ou comportements à risque qui faisaient jusqu’ici l’objet de peu ou pas d’encadrement dans le secteur.

Enfin, le G20 a fait évoluer en profondeur les modes de prise de décisions économiques au niveau mondial, notamment en réformant la gouvernance du FMI et de la Banque mondiale.

Au-delà de la réponse coordonnée à la crise, qui a présidé à sa création, le G20 est une enceinte de concertation unique rassemblant pays développés et pays émergents, qui peut permettre un dialogue au-delà des prises de position par « blocs ».

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Mise à jour : Août 2012