Géographie et histoire



Géographie

Avec 9 363 123 km², la superficie des États-Unis représente 17 fois celle de la France. Ses 12 000 km de frontières terrestres se partagent avec le Canada (sur 8893 km) et le Mexique (sur 3115 km), cette dernière frontière étant la plus traversée au monde. La longueur totale des côtes (près de 20 000 km) se décompose ainsi : 3329 km sur l’océan Atlantique et 2624 km sur le golfe du Mexique à l’est, 12 265 km à l’ouest sur le Pacifique, et 1706 km au nord sur l’océan Arctique.

Le relief comprend deux massifs montagneux délimitant une immense plaine centrale : à l’est, les Appalaches (1500 km de long sur 200 à 300 km de large et une altitude moyenne de 2000 mètres), à l’ouest, les Rocheuses (longues de 2000 km). La plaine centrale (2,8 millions de km²) s’étend des Appalaches aux montagnes Rocheuses et des Grands Lacs au golfe du Mexique. Son altitude varie de 250 à 300 mètres. Les hautes plaines se situent à l’ouest de la plaine centrale (1000 à 2000 m) et sont entrecoupées de profonds ravins.

Le Mississipi, quatrième fleuve du monde et le premier en Amérique du Nord avec un peu plus de 4000 km, traverse dix États, du Minnesota à la Louisiane. Avec son principal affluent le Missouri, il représente une artère fluviale de 6800 km.

Population En 2010, la population des États-Unis était estimée, selon l’American Community Survey, organe de l’US Census Bureau, à près de 308,8 millions d’habitants. La Californie est, de loin, l’État le plus peuplé (38 millions d’habitants), suivie du Texas (26 millions) et de l’État de New York (19,5 millions). Les États du Midwest et l’Alaska sont les moins peuplés. La part des immigrés est de 12,8% (chiffre record depuis 1920).

La population blanche non-hispanique représente 66% de la population, pour 16,3% d’Hispaniques (en hausse de 43% depuis 2000), 12,3% d’Afro-Américains, 5% d’Asiatiques et 1% d’Amérindiens. La question de la race est posée dans les recensements et il est possible de choisir plusieurs origines ethniques (près de 2% se considèrent comme appartenant de manière égale à deux races). La constitution des États-Unis impose que tous les dix ans, le Bureau du recensement, dépendant du Département du Commerce, procède à un recensement complet qui détermine le nombre de représentants de chaque État au Congrès. Le premier a eu lieu en 1790 (les États-Unis comptaient alors 4 millions d’habitants). Le dernier en date est le recensement de 2010, qui aura pour conséquence une augmentation du nombre d’élus des États du Sud et de l’Ouest (Texas, notamment) au détriment du nord-est.

En France, la communauté américaine représente plus de 165 000 personnes.

Source : centre d’études transatlantique

Pour en savoir plus

  • Bureau américain du recensement
  • Site la MFE
  • Paul Schor, « Les statistiques de la population comme construction de la nation » dans Les codes de la différence. Race, origine religion. France, Allemagne, Etats-Unis (Presses de Sciences Po, 2005).


Histoire

Les liens franco-américains remontent à 1513, lorsque Ponce de Léon, envoyé par la France, découvre la Floride. En 1524, l’Italien Giovanni Da Verrazano, missionné par François Ier, découvre la baie de New York. En 1607 est fondée la première colonie anglaise d’Amérique du Nord en Virginie. En 1620, les pèlerins puritains (protestants), arrivés à bord du navire "Mayflower", fondent une deuxième colonie anglaise en Nouvelle-Angleterre. En 1682, le Français Cavelier de la Salle découvre le Delta du Mississippi (fondation de la Nouvelle-Orléans en 1718). Entre 1756 et 1763, la guerre de Sept Ans entre Anglais et Français met fin à l’Amérique française.

L’histoire des Etats-Unis à proprement parler débute le 5 septembre 1774 lorsque le Congrès de Philadelphie réalise l’unité de 13 colonies américaines contre l’Angleterre. La Guerre d’indépendance (1773-1783), durant laquelle la France apporte son appui aux insurgés américains contre la puissance coloniale britannique, aboutit le 4 juillet 1776 à la Déclaration d’Indépendance des États-Unis rédigée par Jefferson (congrès de Boston). Le 6 février 1778, le Traité de Paris scelle l’alliance entre les États-Unis et la France. Le 19 octobre 1781, le général anglais Cornwallis capitule à Yorktown devant la flotte française commandée par de Grasse, l’armée de Washington et le corps expéditionnaire français de Rochambeau. Le rôle de Lafayette a également été décisif pour aboutir en 1783 à la fin de la guerre, au Traité de Versailles (3 septembre) et à la paix de Paris. L’Angleterre reconnaît l’indépendance des États-Unis d’Amérique. C’est en 1787 que s’élabore une Constitution fédérale, toujours en vigueur, grâce à la Convention de Philadelphie. De 1789 à 1797, George Washington est le premier Président des États-Unis. Née en 1783 à la fin de la guerre d’indépendance, Washington devient en 1800 la capitale des États-Unis.

En 1803, la Louisiane est achetée à la France. En 1836, les États-Unis entrent en guerre contre le Mexique (le Texas est annexé en 1845) puis à nouveau entre 1846 et 1848, date à laquelle le Mexique, vaincu, cède la Californie. Le pays continue à s’agrandir en 1853 quand les États-Unis achètent le Nouveau-Mexique et l’Arizona.

La guerre de sécession, appelée aux Etats-Unis « Civil war », entre les États du Nord, anti-esclavagistes et protectionnistes, et les États Confédérés du Sud, esclavagistes et non-protectionnistes (1861-1865) est l’événement fondateur des Etats-Unis modernes. Elle se traduit par la victoire du Nord mais le 14 avril 1865, le Président Lincoln est assassiné. « Abe » Lincoln, modèle souvent invoqué par le Président Obama, a permis l’abolition de l’esclavage le 6 décembre 1865 (13e amendement à la Constitution). Les États-Unis continuent leur croissance avec en 1867 l’achat de l’Alaska à la Russie et l’annexion d’Hawaï en 1898.

Au vingtième siècle, l’histoire américaine bascule lorsque, le 4 février 1917, les États-Unis entrent en guerre aux cotés de la France et des alliés contre l’Allemagne. Après les « roaring twenties », le krach du 24 octobre 1929 (« Jeudi noir ») marque le début d’une crise économique qui ne verra sa fin que sous les mandats de Franklin Roosevelt (démocrate) entre 1933 et 1945 (politique du « New Deal » : « Social Security Act », assurance vieillesse et chômage, « Civil Works Administration »).

Le 7 décembre 1941, l’attaque japonaise à Pearl Harbor précipite l’entrée en guerre des États-Unis. Scellée en mai 1945 par la capitulation de l’Allemagne nazie, la victoire n’est acquise contre le Japon qu’après l’usage des bombes atomiques sur Hiroshima (le 6 août 1945) et sur Nagasaki (le 9).

La guerre froide est marquée par la guerre de Corée (1950-53) puis la crise des missiles à Cuba. Élu en novembre 1960, John F. Kennedy est assassiné à Dallas le 23 novembre 1963. Son successeur Johnson lance les États-Unis dans la désastreuse guerre du Viêt Nam. En novembre 1968, Richard M. Nixon (républicain) est élu à la présidence. Il est réélu en 1972 et c’est lui qui ordonne le retrait des troupes américaines du Vietnam en 1973. Sa présidence sera aussi marquée par le rapprochement avec la Chine mais il démissionnera en août 1974 à la suite du scandale du Watergate. De 1977 à 1981, les démocrates reviennent au pouvoir avec Jimmy Carter. Sous sa présidence, l’Egypte et Israël signent les accords de paix du Camp David (septembre 1978).

Élu en novembre 1980 et réélu en 1984, Ronald Reagan (républicain) engage la « révolution conservatrice » qui marque le retour à la prospérité économique après la crise des années 70 (chocs pétroliers) et le rétablissement de la puissance américaine face à l’URSS. Son vice-président, George Herbert Bush, lui succède pour un mandat marqué en 1990 et 1991 par la fin de la guerre froide (effondrement de l’URSS) et la guerre du Golfe. Le 3 novembre 1992, Bill Clinton (démocrate) est élu président puis réélu en 1996. Les années 90 ont été marquées par l’émergence d’une nouvelle économie américaine et la « sur-puissance » américaine dont dépend le règlement des crises (Moyen-Orient, ex-Yougoslavie). L’année 2000 voit l’arrivée au pouvoir de George Walker Bush dont le mandat sera marqué par les attentats du 11 septembre 2001 à New-York. Les États-Unis s’engagent dans deux guerres longues contre le terrorisme, en Afghanistan et en Irak. Réélu en 2004, G.W. Bush affronte la crise financière internationale qui débute en 2007.

Dans ce contexte de crise, Barack Obama est élu à la présidence des États-Unis le 4 novembre 2008. Né d’un père kényan et d’une mère américaine du Kansas, Barack Obama, âgé alors de 47 ans, est élu en obtenant 365 grands électeurs sur les 538 qui composent le collège électoral, contre 173 pour son adversaire républicain John McCain. Il l’emporte également, en nombre de voix, avec 52% des suffrages contre 46% pour John McCain. Le taux de participation s’élève à 66%, un record depuis 1908. 44e président des États-Unis, il est le premier Noir à accéder à la Maison Blanche. Il choisit comme vice-président Joe Biden, sénateur du Delaware et président de la Commission des affaires étrangères du Sénat. Le 2 novembre 2010, lors des élections de mi-mandat, les républicains remportent la majorité à la Chambre des Représentants, les démocrates conservant le contrôle du Sénat.

Le Président Obama a remporté les élections du 6 novembre 2012, obtenant un second mandat face au républicain Mitt Romney, avec 50,2 % des voix. Il est le deuxième président démocrate, après Bill Clinton, à remporter un second mandat depuis la Seconde Guerre mondiale. Le Congrès élu à la même date conserve une majorité républicaine à la Chambre des Représentants (232 sièges contre 200 pour les Démocrates actuellement), et une majorité démocrate au Sénat (53 sièges contre 45 pour les Républicains, et 2 Indépendants). Cette élection présidentielle a montré l’importance du soutien que le parti démocrate est parvenu à mobiliser au sein du vote noir et hispanique, ainsi que de celui des femmes, des jeunes et des minorités. Au niveau national, l’électorat blanc ne représente plus en 2012 que 72 % du corps électoral. Les mutations démographiques en cours aux États-Unis paraissent défavorables au parti républicain, qui devra revoir ses positions sur de nombreux sujets. La radicalisation conservatrice du mouvement « Tea Party » a sapé les fondations centristes du « Grand Old Party ». Le Tea Party porte ainsi une part de responsabilité dans la défaite de Romney, qui a dû s’aligner sur des positions conservatrices pour remporter les primaires, au risque de perdre des voix : 70 % des électeurs hispaniques l’ont rejeté du fait de ses positions sur l’immigration.


Mise à jour : 19.08.14