Géographie et histoire



Géographie

A l’extrémité orientale de la Méditerranée, la Syrie occupe une superficie de 185.180 km². Son territoire est délimité au Nord par la Turquie (822 km), à l’Est et au Sud-Est par l’Irak (605 km), au Sud par la Jordanie (375 km), au Sud-Ouest par Israël (76 km) et à l’Ouest par le Liban (375 km). Sa façade maritime court sur 183 km au Nord-Ouest.

Le territoire est constitué de quatre régions géographiques :

  • une plaine littorale étroite, de 173 km de long, adossée à la barrière montagneuse du djebel Ansarieh ;
  • une zone montagneuse, le djebel Ansarieh, large d’une cinquantaine de kilomètres, qui traverse le pays du Nord au Sud ; elle est prolongée au Sud par le massif de l’anti-Liban où culmine le Mont Hermon à 2.814mètres ;
  • des plaines, bassin de l’Oronte, vallée d’Alep, et des plateaux désertiques qui s’étendent à l’est de cette zone montagneuse jusqu’à l’Euphrate et vers les frontières de l’Est et du Sud-Est.
  • les monts du Djebel El Arab au Sud.

Dans le désert, la végétation se cantonne aux lits d’oueds et aux oasis ; dans la steppe céréalière, où se trouve la presque totalité des grandes villes, l’arbre est devenu exceptionnel. Seul le Nord-Ouest bénéficie d’un magnifique couvert forestier.

L’Euphrate, qui prend sa source en Turquie, traverse la Syrie sur 500 km avant de poursuivre son cours en Irak.


Histoire

L’indépendance complète de la Syrie, sous mandat français depuis 1920 conformément aux accords Sykes-Picot (1916), est obtenue le 17 avril 1946, lorsque les dernières troupes françaises évacuent le pays. Durant la première décennie de son existence, la jeune république parlementaire est marquée par une série de coups d’Etat militaires.

Dans un contexte de tensions internes – lutte entre le front conservateur et la gauche, qui revient au pouvoir en 1954 – et internationales – impact de la défaite arabe contre Israël, crise de Suez et répercussions de la guerre froide, concurrence régionale avec Le Caire et Bagdad – la Syrie se rapproche de l’Egypte de Nasser, avec laquelle elle forme, entre 1958 et 1961, la République arabe unie, qui en réalité consacre l’hégémonie égyptienne.

En 1961, un coup d’Etat aboutit à la formation de la République arabe syrienne. Le Baas, parti révolutionnaire promoteur du nationalisme arabe et du socialisme, prend le pouvoir en 1963. En 1966, un nouveau coup d’Etat porte au pouvoir l’aile gauche du parti, proche de l’Egypte et de l’U.R.S.S. La guerre de 1967 avec Israël se solde par la défaite des armées arabes et par l’occupation par Israël de Kuneitra et du Golan syrien.

Les idéologues du Baas sont évincés en novembre 1970 par Hafez al-Assad, alors ministre de la Défense. Il est élu président de la République au suffrage universel en 1971. La Syrie cherche à conforter son influence régionale. A l’issue de la guerre de 1973 contre Israël, elle récupère Kuneitra, mais Israël annexe le Golan en 1981. Au Liban, qui sombre dans la guerre civile, elle intervient militairement à partir de 1976, et occupe une partie du pays, au Nord et dans la Bekaa.

A l’intérieur du pays, le pouvoir d’Assad repose sur l’armée et l’appareil de sécurité. En son sein, la minorité alaouite, à laquelle appartient le chef de l’État, occupe une place dominante. Les opposants sont la cible d’une sévère répression, qui culmine avec le massacre de Hama en février 1982, en représailles à la révolte conduite par les Frères musulmans.

A la mort de Hafez al-Assad en juin 2000, son fils Bachar lui succède, et engage une timide libéralisation du pays, notamment dans le secteur économique. Une brève libéralisation politique, nommée « printemps de Damas », est engagée en juillet 2000, avant d’être réprimée à partir de février 2001. Les troupes syriennes se retirent du Liban en 2005, sous la pression internationale.

Le Président syrien est réélu par référendum en mai 2007. En mars 2011, suite aux révolutions tunisienne et égyptienne, un vaste mouvement de contestation revendiquant la chute du régime ébranle celui-ci.

En 2014, contrevenant au communiqué de Genève qui prévoyait une transition politique, Bachar al-Assad organise une élection présidentielle qui s’est tenue le 3 juin 2014 sur le territoire syrien contrôlé par le régime et le 28 mai 2014 de manière anticipée pour les Syriens de l’étranger. Qualifiée de « parodie » par une vaste majorité de la communauté internationale, elle place de nouveau Bachar al-Assad à la tête de la Syrie avec 88,7% des voix et une participation de 73,42% selon la Cour constitutionnelle électorale.


Mise à jour : 05.06.14