L’Organisation Internationale du Travail (OIT)



1) Présentation générale

Fondée en 1919 par le syndicaliste français Albert THOMAS, l’OIT, qui siège à Genève, est une institution spécialisée des Nations unies. Basée sur une structure tripartite, cette organisation originale réunit des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs dans une action commune pour protéger et promouvoir les droits fondamentaux au travail.

a) Les objectifs de l’OIT sont contenus dans la Déclaration de Philadelphie du 10 mai 1944 :

  • promouvoir la justice sociale pour les travailleurs du monde entier ;
  • élaborer des politiques, des programmes et des normes internationaux destinés à améliorer les conditions de travail et d’existence ;
  • fournir une assistance technique aux gouvernements dans différents secteurs : formation et réadaptation professionnelles, politique de l’emploi, administration du travail, droit du travail et relations professionnelles, conditions de travail, formation à la gestion, coopératives, sécurité sociale, statistiques du travail, sécurité et santé au travail ;
  • encourager la création d’organisations indépendantes de travailleurs et d’employeurs et faciliter leur essor par des activités de formation.

b) Fonctionnement : La structure tripartite de l’OIT, qui en fait une organisation originale, apparaît notamment dans la composition de ses principales instances :

  • La Conférence internationale du travail (CIT) réunit chaque année, en juin, les délégations tripartites (gouvernements, employeurs, travailleurs) des 183 États membres, qui s’expriment et votent de façon indépendante. Elle adopte les normes, approuve le programme de travail et le budget de l’OIT ; elle élit tous les 3 ans les membres du Conseil d’administration ; des commissions spécialisées sont entre autres chargées de veiller au respect par les États de la liberté syndicale et des normes énoncées dans près de 200 conventions.
  • Le Conseil d’administration est l’exécutif de l’OIT (56 membres, dont 28 représentent les États membres, 14 les travailleurs et 14 les employeurs). Il tient normalement trois sessions par an à Genève. Il prend les décisions relatives à la politique de l’OIT et élabore le programme et le budget qu’il soumet à la Conférence pour adoption. Il élit le Directeur général.

Les 10 États ayant la plus grande importance industrielle (dont la France) sont membres de droit permanents ; les représentants des autres États sont élus pour 3 ans par la Conférence en tenant compte de la répartition géographique (les 10 membres permanents ne prennent pas part au vote).

Les représentants des travailleurs et des employeurs sont élus, également pour trois ans, selon des modalités variables après consultations dans le cadre de leurs organisations syndicales et professionnelles respectives ; tous les membres élus ont des adjoints, élus aussi.

  • Le Bureau international du travail (BIT) est le Secrétariat permanent de l’OIT. Il met en œuvre des activités sous le contrôle du Conseil d’administration et sous la direction d’un directeur général, élu pour un mandat de 5 ans renouvelable. Depuis octobre 2012, le britannique Guy Ryder, issu du groupe des travailleurs, occupe le poste de Directeur général. Le Français, Gilles de Robien a occupé les fonctions de président du Conseil d’administration pour une année (2012-2013).

Le nouveau Directeur général a engagé une réforme des structures du Bureau international du travail.

c) Moyens d’action

  • L’action normative : Les conventions et les recommandations fixent des normes fondamentales destinées à orienter la législation et la pratique nationales dans tous les domaines relevant de l’OIT. À ce jour, 189 conventions et 202 recommandations ont été adoptées et un système de contrôle permanent en assure l’application.
  • La coopération technique : L’OIT met en œuvre un vaste programme de coopération technique, dans le cadre de son agenda pour le travail décent. Elle fournit un appui principalement aux pays en développement, notamment dans les domaines tels que ceux de la promotion des normes, de la lutte contre le travail des enfants, de l’emploi en tant que moyen de lutte contre la pauvreté, de la formation professionnelle et de la gestion, du développement des PME, de l’assistance aux organisations d’employeurs et de travailleurs.
  • L’information et la recherche : Des travaux de recherche sur les questions sociales et les problématiques de travail viennent appuyer l’action normative et les activités pratiques. Des réunions techniques et une gamme étendue de publications facilitent l’échange de données et de savoir-faire à l’échelle mondiale.

2) La France et l’OIT

La France jouit traditionnellement au sein de l’OIT d’une grande influence. Depuis sa création, le BIT aura été dirigé pendant 28 ans par des Français (Albert THOMAS, 1919-1932 ; Francis BLANCHARD, 1974-1989). Elle s’est beaucoup investie pour faire progresser la diffusion des principes et droits fondamentaux du travail dans le monde en apportant depuis le début de leur élaboration un soutien très actif à l’adoption de nouvelles normes du travail.

Dans le cadre de sa présidence du G20 en 2011, elle a soutenu un rôle accru de l’OIT pour renforcer la dimension sociale de la mondialisation. L’OIT est désormais pleinement associée aux travaux du G20 notamment dans sa filière emploi-travail.

Les relations avec la France sont également très actives en raison de notre pratique du tripartisme, de notre approche traditionnellement active à l’égard des problèmes sociaux, de notre affinité avec l’OIT sur son activité normative centrée sur les droits.

3) Pour en savoir plus

Toutes les publications de l’OIT sont accessibles sur le site de l’Organisation, en particulier le rapport annuel sur les tendances mondiales de l’emploi et le rapport global de l’OIT.

Accedez au site de l’OIT

Mise en ligne : 19.06.13