L’Europe à Paris : le congrès de la Paix



25 février 1856, 12 heures. Les plénipotentiaires se fraient un chemin à travers la foule massée sur leur passage depuis le pont de la Concorde, jusqu’au palais d’Orsay où ils gagnent le salon dit des Ambassadeurs ou salon d’attente des ministres étrangers.

En simple « négligé du matin » et sans trop de protocole, ils prennent place à la table des négociations, sous les regards de Napoléon III et de l’impératrice dont les portraits décorent les murs de satin cramoisi. Ministres et ambassadeurs délégués par l’Autriche, la Grande Bretagne, le Piémont-Sardaigne, la Russie et la Turquie (la Prusse ne rejoindra la conférence qu’ultérieurement) entourent Alexandre Colonna Walewski, fils naturel de Napoléon Ier et de Marie Walewska, ministre des Affaires étrangères depuis mai 1855, qui préside les débats, assisté du baron de Bourqueney, ambassadeur à Vienne. Benedetti, directeur des Affaires politiques, fait office de secrétaire, consignant les décisions prises en séances dans des protocoles signés, reproduits par décalque sur place pour éviter toute divulgation du secret des discussions.

Le soir de la première séance, place à la fête : le salon des Ambassadeurs est investi par la fine fleur du monde de la politique, des arts et lettres et du spectacle. On examine avec curiosité crayons et papiers abandonnés sur la table, avant de passer au salon des concerts - actuel salon de l’Horloge - écouter des airs d’opéra.

Conforté par l’annonce, le 16 mars, de la naissance du Prince impérial, d’heureux augure pour la dynastie, le congrès poursuit ses travaux jusqu’à la signature du traité de paix, le 30 mars 1856 et à la déclaration finale du 16 avril sur le droit maritime.