L’évolution des structures politico-administratives



La tentative de sécession du Biafra en 1967 et son cortège de misères très médiatisées ont créé un véritable choc psychologique dans l’opinion publique internationale, en France en particulier. Parallèlement à l’émergence du phénomène communément appelé " sans-frontiérisme " et qu’illustre l’apparition de " Médecins sans frontières ", ces évènements ont initié un lent processus de prise en compte du fait humanitaire par les autorités politiques et administratives françaises.

La création, dès 1968, de la " Mission de Liaison des Organisations Non-Gouvernementales " (MILONG), rattachée à l’époque à la Direction des Affaires politiques du Quai d’Orsay, a été la première structure mise en place pour servir de lien avec les associations de solidarité internationale d’urgence.

La préoccupation humanitaire s’est immiscée par étapes dans les structures du Quai d’Orsay. Dix ans plus tard, en 1978, le terme " humanitaire " apparaît dans la terminologie d’une des compétences reconnues à la Direction des Affaires juridiques, le " droit humanitaire ". Il est repris, en 1980, sous les termes de " questions humanitaires ", dans l’organigramme du " Service " des Nations Unies et des Organisations internationales, érigé plus tard en " Direction ".

Une étape essentielle est franchie en 1985 avec la création de la " Cellule d’Urgence et de Veille ", commune aux Ministères des Affaires étrangères et de la Coopération.

En 1986 est institué un secrétariat d’Etat chargé des Droits de l’Homme, rattaché au Premier ministre auquel succède en 1988 un secrétariat d’Etat à l’Action humanitaire, doté un an plus tard d’un "Fonds d’urgence humanitaire". En 1991 ce secrétariat d’Etat est rattaché au ministre des Affaires étrangères et apparaît comme un instrument de notre politique étrangère.

En 1992 est crée un ministère de la Santé et de l’Action humanitaire ayant autorité sur un "Service de l’action humanitaire". Cette année 1992 est aussi celle qui voit la création du "Département des Affaires humanitaires" au sein du Secrétariat général des Nations unies, rebaptisé ultérieurement "Bureau de coordination des Affaires humanitaires" et "l’Office européen d’Aide humanitaire" (" European Commission Humanitarian Office " /ECHO).

En 1993 est nommé un ministre délégué à l’Action humanitaire et aux Droits de l’Homme rattaché au ministre des Affaires étrangères. De 1995 à 1997 un secrétariat d’Etat chargé de l’Action humanitaire qualifiée cette fois "d’urgence est à nouveau rattaché au Premier ministre.

En 1998 les ministères des Affaires étrangères et de la Coopération ont fusionné et, avec eux, le Service de l’Action humanitaire et la Cellule d’urgence, pour donner naissance à la " Délégation à l’Action humanitaire " instituée par un décret du 7 janvier 2002. Cette même année est créé, au sein du ministère de la Défense, le " Groupement interarmées des actions civilo-militaires " (GIACM).

La mise en place d’une structure de coordination interministérielle, le 1er août 2003, avec la création du Comité interministériel de l’action humanitaire d’urgence, marque une nouvelle étape dans le processus engagé en 1986.