Communication sur le terrain



La fonction de communication des missions diplomatiques ne figure nulle part dans les textes officiels, mais elle valorise toutes les autres.

Quels sont les objectifs de la communication pour un poste diplomatique ?

Ce que fait une ambassade, elle doit le faire connaître : la communication est la forme moderne de la représentation.

L’ambassadeur, pour représenter, négocier, informer, agir, doit bien connaître ses interlocuteurs et en être connu ; il doit communiquer dans tous les sens du terme. Il a toujours à la chancellerie un chargé de la presse pour l’y aider.

Communiquer, c’est d’abord expliquer ce que fait la France aux autorités locales et à tous les acteurs qui peuvent exercer une influence ; pas seulement la politique de la France envers le pays de séjour, mais ses positions sur les sujets d’actualité.

Depuis Paris, la Direction de la communication et de la Presse (DCP) transmet chaque jour les textes et déclarations officiels aux postes qui reçoivent aussi par télégrammes des commentaires sur les événements internationaux. Il appartient aux missions de faire le meilleur usage de ce matériel en fonction des circonstances. On n’agira pas de même aux États-Unis, où le " lobbying " est la règle, et dans tel pays autoritaire, où une ambassade trop active auprès de l’opinion serait vite taxée d’ingérence.

Communiquer, c’est plus largement faire connaître la France, au-delà des clichés. La France n’a certes pas à renier sa gastronomie et ses parfums, mais c’est une tâche toujours recommencée que de rappeler qu’elle produit aussi des TGV et qu’elle est la quatrième puissance économique du monde.

Communiquer vers quels publics ?

Communiquer, cela se fait en diffusant des documents, des revues et des dossiers, mais aussi par des rencontres. L’ambassadeur est quelqu’un qui écoute et qui parle, si possible dans la langue du pays. En privé aussi bien qu’avec des personnalités. Mais également dans des cercles plus larges : universités, colloques et grand public via les média. Il faut à l’ambassadeur un vaste carnet d’adresses.

À son arrivée, il rend visite à de nombreuses personnalités et il ne cesse d’en élargir le cercle, dans la capitale et en province. Il doit connaître personnellement la plupart des membres du gouvernement et des hauts fonctionnaires, ainsi que les principaux parlementaires, banquiers, industriels, universitaires, journalistes, syndicalistes, écrivains et artistes.

Au bout de quelques mois, il doit savoir quel est l’interlocuteur le plus compétent sur chaque sujet et être en mesure de lui téléphoner. Il lui faut donc nouer des relations plus familières que de simples contacts administratifs. C’est le but des mondanités diplomatiques qui font parfois sourire ou grincer des dents les non-professionnels : on en dit plus un verre en main que dans un bureau officiel.

La résidence est essentiellement le cadre et le support de cette action de communication. C’est là qu’un couple ambassadorial peut le mieux s’entraider. Le conjoint de l’ambassadeur, même secondé par un intendant pour mener l’" hôtellerie ", a de quoi faire pour donner à l’accueil de la " maison de France " un " plus " qui servira l’image du pays.