Présentation



Données générales

Nom officiel : État plurinational de Bolivie (depuis mars 2009) Nature du régime : démocratie Chef de l’État : M. Evo MORALES AYMA


Données géographiques

Superficie : 1 098 580 km² Capitale(s) : La Paz (3 640 m. d’altitude ; 850 000 habitants, 1,8 M. avec El Alto) : capitale administrative (siège des pouvoirs exécutif et législatif) ; Sucre (285 000 habitants) : capitale constitutionnelle Villes principales : Santa Cruz (1,6 M.), capitale économique ; El Alto (950 000), Cochabamba (620 000), Oruro (215 000), Tarija (195 000), Potosí (150 000). Langues officielles : espagnol + 36 langues indiennes (art. 5 de la Constitution) Monnaie : le boliviano 1 € = 9,42 BOL au 27.01.14 Fête nationale : 6 août (déclaration d’Indépendance, en 1825)


Données démographiques - 2012

Population : 10,02 M. hab. Densité : 9,1 hab./km² Croissance démographique : 1,71% Espérance de vie : 67 ans Mortalité infantile : 39,3/1000 Taux d’alphabétisation : 94,9% Religions : catholicisme (95 %), églises protestantes Indice de développement humain 2011 (PNUD) : 108e (développement humain moyen)


Données économiques

PIB : 27 Mds USD PIB/hab. : 2 625 USD

Taux de croissance (2013) : 6,5 % Taux de pauvreté : 48 % (< 4 USD par jour, Banque mondiale) Taux d’extrême pauvreté (2011) : 21 % Taux d’inflation (2013) : 4,8 % Dette publique : 5,6 Mds USD

Exportations : 11,6 Mds USD Importations : 8,2 Mds USD

Principaux clients : Brésil (31%), Argentine (17%), États-Unis (15%), Pérou (5%) Principaux fournisseurs : Brésil (18%), Argentine (13%), Chine (13%), États-Unis (11%)

Stock français d’IDE (2011) : 500 M USD Exportations françaises vers la Bolivie : 27 M€ (22e rang) Importations françaises depuis la Bolivie : 84,6 M€ (24e rang) Solde commercial bilatéral : 57 M€ En 2012, la Bolivie était notre 149ème client et notre 102ème fournisseur.

Consulat(s) de France : section consulaire de l’Ambassade à La Paz ; consulats honoraires à Cochabamba, Santa Cruz, Sucre et Tarija. Communauté française en Bolivie (2013) : 1 356 immatriculés ; environ 30 000 touristes français/an, soit le plus grand contingent de touristes européens dans le pays.


Politique intérieure

Institutions

Longtemps connue pour son instabilité politique (160 coups d’État depuis l’indépendance en 1825), la Bolivie ne connaît véritablement la démocratie que depuis 1982.

Constitution La nouvelle Constitution a été approuvée par référendum au mois de janvier 2009.

Pouvoir exécutif Le président est élu pour cinq ans au suffrage universel direct, dès le premier tour s’il obtient 40 % des suffrages et 10 % d’avance sur son principal concurrent. Il forme le Gouvernement et ne peut être réélu consécutivement qu’une seule fois.

Pouvoir législatif La Chambre des députés est composée de 130 membres, élus pour cinq ans ; une moitié est élue au scrutin majoritaire, l’autre à la proportionnelle. Sept députés sont élus dans le cadre de circonscriptions indigènes. Le Sénat compte 36 membres, élus pour cinq ans sur une base départementale (chacun des 9 départements élit 4 sénateurs).

Justice L’Autorité judiciaire a été réformée en 2010. Sa plus haute instance est le Tribunal Suprême de Justice, dont les neuf juges sont élus au suffrage universel direct dans des circonscriptions régionales, après présélection des candidats par le Parlement. Le Tribunal constitutionnel est composé de sept magistrats élus au suffrage universel direct dans une circonscription nationale unique. La première élection des hauts magistrats a eu lieu en octobre 2011.


Principaux groupements et partis politiques

MAS (Movimiento Al Socialismo) Parti du président Morales. Créé en 1997, il fédère différents mouvements sociaux et syndicaux. Il est aujourd’hui la première force politique du pays avec plus de deux tiers des sièges au Parlement (26 sur 36 au Sénat ; 88 sur 130 à l’Assemblée). Le MAS est à la tête de sept départements sur neuf, et de trois des dix principales villes du pays (El Alto, Cochabamba, Potosi).

PPB-CN (Convergencia Nacional) Parti d’opposition (droite conservatrice) apparu sur la scène politique en 2008 pour porter la candidature présidentielle de Manfred Reyes (ex préfet de Cochabamba, aujourd’hui en exil aux États-Unis). CN a fédéré des tendances diverses et rassemblé un quart des suffrages aux élections législatives de décembre 2009. Le parti compte aujourd’hui moins d’un tiers des parlementaires (37 députés et 10 sénateurs).

MSM (Movimiento Sin Miedo) Fondé en 2009, tendance centre-gauche, cet ancien allié du MAS a choisi de s’émanciper et s’est présenté seul aux élections locales d’avril 2010. Il rejette non pas le « processus de changement » lancé par Evo Morales, mais les méthodes utilisées. Le MSM détient depuis 2004 la mairie de La Paz, où se concentre son électorat. Son chef, Juan del Granado, s’est déclaré officiellement candidat à l’élection présidentielle de 2014.

UN (Unidad Nacional) Créé en 2004 par Samuel Doria Medina (ancien militant de gauche devenu un homme d’affaires prospère), il rassemble diverses forces de centre-droit. Après avoir été la 3e force législative du pays, il n’a plus que trois députés.

MDS (Movimiento Democrata Social) Fondé le 15 décembre 2013 à Cochabamba, est un groupement d’organisation régionales, issues principalement de la droite autonomiste. Il est dirigé par Ruben Costas, gouverneur de l’Etat de Santa Cruz, qui est la deuxième personnalité de l’opposition à se déclarer officiellement candidat à la présidentielle de 2014.


Évolution politique

Elu en décembre 2005, Evo Morales a lancé une « révolution pacifique, démocratique et culturelle », visant à réduire les injustices sociales, communautaires et géographiques par l’introduction de politiques sociales et la réhabilitation des cultures traditionnelles.

Une nouvelle Constitution garantissant notamment de nouveaux droits (officialisation de seize régions, reconnaissance de la justice traditionnelle, régularisation des élections y compris des juges, nationalisation des ressources naturelles stratégiques,…) a été adoptée par référendum, en janvier 2009, avec 61% des voix.

Le premier mandat d’Evo Morales a cependant été marqué par divers épisodes de contestation, notamment dans les départements de l’Est (media-luna), les plus rétifs au changement. Ce qui n’a pas empêché Evo Morales d’être brillamment réélu le 6 décembre 2009 dès le premier tour avec près de 63 % des suffrages, face à une opposition fragmentée (l’ancien préfet de la région de Cochabamba, Manfred Reyes est arrivé en 2e position avec 27 % des voix).

Le MAS remportait le même jour les deux tiers des sièges au Congrès. En outre, 7 des 9 gouverneurs élus appartiennent au MAS (seuls les gouverneurs de Santa Cruz et du Beni sont dans l’opposition). Le gouvernement dispose donc d’une solide assise politique, même s’il pâtit d’une administration mal formée, insuffisamment structurée et souvent corrompue.

Le Président Morales s’est fixé un « Agenda Patriotique » pour 2025 (bicentenaire de l’Indépendance) comportant 13 objectifs, dont les grands axes sont l’éradication de l’extrême pauvreté, l’accès à la santé et à l’éducation, la - souveraineté - scientifique, technologique financière, énergétique, environnementale, et l’accès à la mer. Cette conjonction de réalisme, non dénué d’idéologie, et d’idéalisme traduit assez fidèlement l’état d’esprit des autorités. Pour atteindre ces objectifs, le Président entend donner la priorité à trois domaines d’ici à la fin de son mandat (octobre 2014) : l’industrialisation des hydrocarbures, la mise en œuvre des autonomies (départementales et municipales) et la souveraineté alimentaire.

Depuis l’été 2010, plusieurs catégories professionnelles manifestent leur insatisfaction. En avril 2011, des mouvements de grèves ont paralysé plusieurs villes du pays, contraignant le gouvernement à accepter une augmentation salariale de 10% en faveur des enseignants, de la police, de l’armée et des personnels de santé, et une hausse de 6,5 % des pensions de retraite.

En août 2011, plusieurs centaines d’indigènes d’Amazonie ont entrepris une marche de 600 km vers la Paz, pour contraindre les autorités à abandonner un projet de construction de route devant traverser une zone écologiquement sensible (parc naturel du Tipnis). Ce conflit a donné lieu à une forte répression policière. De nouvelles grèves ont éclaté en 2012, toujours dans les mêmes secteurs (mines, médecine, transport, police…) ainsi qu’au printemps 2013.

Néanmoins, l’opposition (environ 30% des voix) ne parvient pas à tirer bénéfice de la situation. M. Juan del Granado, ancien maire de La Paz et fondateur du MSM peine à s’imposer. Le fondateur d’Union Nationale (libéral), M. Samuel Doria Medina, est quant à lui davantage un grand patron d’opposition qu’un patron de l’opposition. Enfin, l’opposition régionaliste est éparse.

Le Président Morales a été autorisé en avril 2013, par le Tribunal constitutionnel à se porter candidat à un nouveau mandat. Le pays s’apprête à organiser des élections en octobre 2014.


Situation économique

Le Président Morales a fait le choix dès 2006 du nationalisme : étatisation des hydrocarbures et du secteur de l’électricité, retrait en 2007 du Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements (CIRDI), renégociation des accords bilatéraux de protection des investissements. Cette dynamique n’a pas favorisé la confiance des investisseurs.

Il demeure que, les indicateurs macro-économiques sont satisfaisants et la gestion du pays a reçu les encouragements du FMI. Le taux de croissance a été de 5% en 2012 et de 6,5% pour 2013. Le pays détient les 2e réserves de gaz du sous-continent, derrière le Venezuela, les premières réserves de lithium du monde (35%), d’importantes ressources minières (fer, cuivre, étain…).

La Bolivie profite depuis plusieurs années du cours favorable des matières premières (les exportations du pays (11,6 MUSD en 2012) sont constituées à plus de 80% d’hydrocarbures et de minerais). Le solde budgétaire est positif et le solde de la balance commerciale a atteint 3,4 M USD en 2012. Les réserves de change ont explosé depuis quelques années (13 Mds USD en 2012 soit près de la moitié du PIB).

La faible intégration du pays sur les marchés financiers internationaux l’a protégé de la crise de 2008, même s’il a subi l’onde de choc qui a suivi (chute des cours des matières premières, diminution des transferts des émigrés – 800 000 pour la seule Argentine -, réduction de l’aide financière accordée par le Venezuela, etc.).

En outre, la dette externe du pays est relativement faible (5 Mds USD en 2012, soit moins de 20% du PIB). Les agences de notation ont donc relevé la note de risque de la Bolivie en mai 2012, laquelle est passée à BB-, correspondant à une économie stable et non vulnérable à court terme, sur laquelle pèsent néanmoins des incertitudes quant au climat des affaires et à la compétitivité de l’économie (la Bolivie a été transférée en février 2013 de la liste noire à la liste grise du GAFI).

En novembre 2012, la Bolivie a émis un emprunt international de 500 MUSD, ce qu’elle n’avait pas fait depuis de longues années. Cette opération a été un succès (couvert plus de huit fois). Un second emprunt de 500 MUSD a été émis en août 2013, à un taux légèrement supérieur à celui de 2012.

Au niveau des exportations, 2013 a vu pour la première fois de l’histoire du pays le secteur manufacturier passer en deuxième position, juste après les hydrocarbures et devant le secteur minier.

En dépit de ces indicateurs favorables, la Bolivie, avec un PIB par habitant de 2 625 USD en 2013, demeure l’un des pays les plus pauvres de la région : 1/5e de la population vit encore dans l’extrême pauvreté, malgré quelques avancées dues à la politique de redistribution mise en place par le président Morales (aides en faveur de la scolarisation, des personnes âgées, des femmes enceintes, etc.). Ses principaux handicaps sont structurels (l’économie informelle représente 50% du PIB et 84% de l’emploi).


Politique extérieure

La création, en 2005, par le Venezuela et Cuba, de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique (ALBA) a conduit la Bolivie à radicaliser son discours, désormais imprégné d’anti-occidentalisme, notamment d’anti-américanisme. La Paz en vient à adopter des positions militantes : critique acerbe de l’OEA, présentée comme un instrument de l’impérialisme ; positions complaisantes à l’égard de l’Iran (avec lequel la Bolivie a établi des relations diplomatiques en 2007) ou de la Syrie, etc. La Bolivie a ainsi rompu ses relations avec Israël en 2009, pour protester contre l’offensive à Gaza, et reconnu l’État palestinien en décembre 2010.

Depuis 2006, les relations avec les États-Unis sont tendues. En 2008, suite aux révélations de Wikileaks, la Bolivie a expulsé l’Ambassadeur américain, avant de faire de même avec les Services de la DEA (Drug Enforcement Administration).

En retour, les États-Unis ont retiré à la Bolivie les bénéfices accordés en échange d’efforts en matière de lutte contre le narcotrafic. Les deux pays ont néanmoins signé en novembre 2011 un accord-cadre de coopération bilatérale, ouvrant la perspective d’une normalisation des relations, mais qui n’a toutefois pas empêché l’expulsion de l’Agence USAID en mai 2013.

Au niveau régional, les liens sont cordiaux avec les partenaires de l’ALBA. La relation avec le Chili reste cependant délicate en raison du traumatisme causé par la perte du littoral à la suite de la guerre du Pacifique (1879-1884). Les deux pays n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1977.

Le président Morales a annoncé en mars 2013 qu’il allait porter ce différend devant la CIJ. La relation avec le Brésil, traditionnellement bonne, s’est dégradée en 2012 en raison de divers irritants, tant politiques que commerciaux (épisode de l’exfiltration en 2013 du sénateur bolivien Roger Pinto, réfugié à l’Ambassade du Brésil et qui a valu la démission de l’ancien ministre Patriota, grand projets hydroélectriques compromis…) , suscitant l’agacement de Brasilia.

Avec l’Argentine de Cristina Kirchner les convergences politique et économiques (exportations de gaz, forte communauté bolivienne, soutien sur les Malouines) alors que les relations avec le Pérou sont rares et dépourvues de substance. Lima s’est néanmoins engagé à ne pas faire obstacle à un règlement boliviano-chilien concernant l’accès au littoral.

Membre fondateur de la Communauté Andine des Nations (CAN) à laquelle l’UE est liée depuis 1998, la Bolivie n’a pas souhaité, à l’inverse de la Colombie et du Pérou, négocier un accord commercial multipartite liant les deux zones. Toutefois, des négociations sont en cours pour un accord d’association UE-Bolivie dans le cadre d’un dialogue de haut niveau. La Bolivie a bénéficié du « SPG+ » sur la période 2009-2013, ce qui a favorisé ses exportations vers l’UE (échanges commerciaux d’environ 400 M€ par an). Elle devrait continuer à en bénéficier pour la période 2014-2020.

La Paz est le 1er bénéficiaire de l’ICD en Amérique latine, avec une enveloppe de 234 M€ entre 2007 et 2013, centrée sur trois priorités : augmentation et diversification des exportations ; lutte contre le trafic illicite de drogues ; approvisionnement en eau et assainissement dans les zones périurbaines. Pour la période 2014-2020, une hausse de 17% du montant de l’enveloppe de coopération a été confirmée par Bruxelles passant ainsi à 281 M€.

Concernée en premier chef par le changement climatique (fonte des glaciers, augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles, très fortes pluies), la Bolivie a adopté en octobre 2012, une loi-cadre sur la « Terre-Mère » (Pachamama), faisant du principe de « l’harmonie avec la nature » et des droits « sacrés » de la « terre nourricière » l’un des axes de sa diplomatie.

Depuis 2010, à son initiative, une résolution sur ce thème est adoptée chaque année par l’AGNU. La France soutient ce projet bolivien depuis qu’en ont été retirées les références aux droits de la Terre, initialement présentés comme équivalents aux droits de l’Homme.

Même si la Bolivie a été le seul pays à ne pas s’associer aux conclusions de Cancun (elle voit toujours dans le concept « d’économie verte » une nouvelle offensive du capitalisme), elle partage notre analyse sur la réalité du réchauffement climatique et la nécessité d’adopter des mesures énergiques. La Bolivie, qui assume la présidence annuelle du G77 + Chine depuis le 8 janvier 2014, organisera un sommet des Chefs d’Etat en juin 2014 à Santa Cruz de la Sierra. Elle s’est fixé pour objectif d’obtenir un accord climatique contraignant en 2014, « afin que les pays assument leurs responsabilités ».

La Constitution de 2009 reconnaissant le droit de produire la feuille de coca, la Bolivie, troisième producteur de cocaïne au monde, a dénoncé, en juin 2011, la Convention unique des Nations Unies sur les stupéfiants de 1961. Elle a toutefois demandé à y ré-adhérer en janvier 2013, se réservant le droit d’autoriser sur son territoire la consommation traditionnelle de la feuille de coca. Le seuil d’un tiers d’objections n’ayant pas été atteint, la Bolivie a pu ré-adhérer à la Convention en janvier 2013 (la Bolivie est le 3e producteur mondial de cocaïne).


Mise à jour : 05.03.14