Sécurité



Tous les Français de passage, même pour une courte durée et même dans le cadre d’un voyage organisé par une société de tourisme, sont invités à se faire connaître - dès leur arrivée - auprès de la section consulaire de l’ambassade et à s’enregistrer sur ARIANE.

Les enlèvements opérés de 2011 à 2013 au Mali, au Niger, au Nigéria et au Cameroun confirment le niveau particulièrement élevé de la menace terroriste dans l’ensemble de l’arc sahélo-saharien. La plus extrême vigilance et un strict respect des consignes de sécurité et des recommandations concernant les déplacements dans les zones orange et rouge s’imposent.

Les conditions de sécurité au Tchad, tant dans la capitale qu’en province, se sont dégradées depuis septembre 2012. L’engagement des forces françaises et tchadiennes au Mali depuis le début de l’année 2013 font, en outre, peser un risque non négligeable de représailles de la part de groupes proches de la mouvance Aqmi.

Les déplacements sont formellement déconseillés en zone rouge, c’est-à-dire à proximité immédiate des frontières nigérienne, libyenne, soudanaise, centrafricaine et nigériane, camerounaise (jusqu’au niveau des villes de Binder et Léré), ainsi que dans la région située au Nord du Lac Tchad (ouest et nord du demi-cercle Lac / Bol / Mao, à l’exclusion de ces deux dernières villes).

En zone orange, les déplacements doivent être limités aux seuls déplacements qui revêtent un motif impératif, notamment professionnel. En tout état de cause, il convient de se renseigner préalablement sur la zone dans laquelle on souhaite se rendre et en avertir l’ambassade.

  • A N’Djamena "intra muros" (zone orange, déconseillée sauf raison impérative), les quartiers dits "européens", traditionnellement fréquentés par les expatriés, ne sont plus exempts d’actes criminels (vols à main armée, braquages, "car-jacking"…) commis, parfois, en pleine journée. Les femmes semblent particulièrement visées. Il est indispensable de circuler en voiture, portières fermées, et de faire les contrôles d’usage (rétroviseurs) avant de sortir de son véhicule. Il faut toujours conserver avec soi une somme d’argent minimale (20.000 à 30.000 francs CFA) et éviter de porter des objets de valeur (smartphones, bijoux…). La nuit, les quartiers populaires tels que Moursal, Chagoua et l’Est de la ville notamment peuvent être dangereux.
  • En province (zone orange, déconseillée sauf raison impérative), les coupeurs de route sont toujours extrêmement actifs. Armés et bien organisés, leurs agressions peuvent aller jusqu’à l’enlèvement de leurs victimes, pour quelques heures. Les déplacements en province doivent être limités au strict nécessaire et, dans toute la mesure du possible, la voie aérienne doit être privilégiée. En cas de voyage par route, il convient de solliciter une escorte de la part des autorités tchadiennes. Les mesures de prudence d’usage doivent être respectées : ne pas voyager de nuit, éviter les retraits d’argent importants, à intervalles réguliers, juste avant un départ; rester discret sur les dates, horaires et conditions du voyage; limiter au maximum les interlocuteurs informés du déplacement. La possession d’un téléphone satellitaire (qui exige une autorisation des autorités tchadiennes) est indispensable pour communiquer en dehors des zones de couverture GSM.

Le moindre incident de circulation, y compris en cas de responsabilité de la partie adverse, peut rapidement provoquer une attitude agressive de la population (à but essentiellement financier). L’emploi d’un chauffeur tchadien est donc vivement recommandé. A cause des risques importants liés à la circulation routière et en raison d’agressions très fréquentes (et souvent violentes) les visant, l’utilisation des deux roues (vélos, mais surtout motos ou mobylettes y compris les motos-taxis) est formellement déconseillée, que ce soit comme conducteur ou comme passager.

Est et Sud du Tchad

L’insécurité dans l’Est et le Sud du Tchad (frontière avec la province soudanaise du Darfour et avec la RCA), région dans laquelle se sont produits de nombreux incidents sécuritaires et plusieurs enlèvements de ressortissants français au cours des mois d’octobre et de novembre 2009, ainsi qu’en juin et juillet 2010, reste un sujet de préoccupation. Le coup d’état intervenu le 24 mars 2013 en République Centrafricaine et l’instabilité qui perdure dans ce pays constituent un risque d’instabilité supplémentaire. Il convient donc de restreindre tout séjour prolongé dans cette région, d’ailleurs située en zone orange (déconseillée sauf raison impérative). La région située au sud-est d’une ligne Goz-Beida / Sarh est déconseillée.

Nord du pays

Les déplacements dans le Nord du pays (régions du Tibesti, du Borkou et de l’Ennedi) sont déconseillés sauf raison impérative. Ces trois régions, aux territoires immenses, sont très difficilement sécurisables. Ils sont le lieu traditionnel de trafics en tous genre (alcool, drogue, cigarettes, armes…). En outre, ils peuvent servir de couloir de passage de groupes armés en provenance du Mali et se rendant vers des zones de repli. Le Tibesti et le Borkou restent infestés de mines.

Les voyages vers l’Ennedi sont également déconseillés sauf raison impérative. Outre les éléments relatifs aux conditions de sécurité indiquées dans le paragraphe précédent, cette zone reste très difficile d’accès et est dépourvue de toute infrastructure, notamment sanitaire. Il faut de longues heures de voiture (compter 20 à 24 heures depuis N’Djamena), sur piste, pour l’atteindre, ce qui, outre le risque élevé d’accident de la route, est très éprouvant pour les organismes. Cette zone est située dans une des régions les plus chaudes du monde, notamment à partir du mois de février / mars, début de la saison sèche et chaude (les températures, en journée, peuvent atteindre 50°). Entre décembre et fin février, il y a de nombreux vents de sable.

Tout déplacement dans ces régions (Tibesti, Borkou et Ennedi) s’effectue donc aux risques et périls du voyageur. Toute personne qui souhaiterait néanmoins s’y rendre, doit impérativement suivre les recommandations suivantes :

  • le voyage doit être organisé par un intermédiaire (agence de voyage, tour opérateur) particulièrement sérieux et bien organisé ;
  • le déplacement doit être sécurisé par un convoi des forces de sécurité tchadiennes ;
  • partir avec au minimum 2 véhicules, des réserves en eau (extrême sécheresse à partir du mois de février – risque important de déshydratation), en nourriture, en carburant et des pièces de rechange pour la voiture ;
  • se doter de matériels de communication adaptés ;
  • le convoi doit être impérativement accompagné par une équipe médicale dotée d’un kit de première urgence. Une solution d’évacuation aérienne du malade doit être proposée au voyageur par le tour opérateur. En effet, il n’existe aucune infrastructure sanitaire et les transports par voie terrestre peuvent s’avérer extrêmement dangereux pour une personne déjà affaiblie (risque de déshydratation, risque d’aggravation de la pathologie…) A noter que la force française Epervier n’a pas vocation, ni systématiquement les moyens d’assurer la sécurité sanitaire des touristes français ;
  • un encadrement professionnel des voyageurs impliquant un temps de séjour sur le site limité à quelques heures et des itinéraires de visite sécurisés doivent être respectés ;
  • le déplacement d’enfants mineurs et de personnes âgées est déconseillé. Seuls des adultes (de 20/25 à 60/64 ans), en pleine forme physique peuvent envisager un déplacement de cette nature. Il est recommandé, avant toute inscription, de solliciter l’avis de son médecin traitant.
Délinquance de droit commun

Outre le respect des règles habituelles de prudence en vigueur au Tchad, une certaine vigilance est conseillée dans les déplacements de nuit à N’Djamena (surtout dans les quartiers excentrés de la capitale). A cette occasion, il est impératif de verrouiller les portières de son véhicule.

La délinquance de droit commun (vols, braquages, cambriolages), souvent accompagnée d’actes de violence, est de plus en plus fréquente dans la capitale, y compris en pleine journée. Pour les Français se trouvant dans le pays, la plus grande prudence est conseillée pour tous les déplacements dans N’Djamena. Il convient notamment de ne se déplacer qu’en voiture, et d’être particulièrement vigilant avant de sortir de son véhicule. Avant tout déplacement en province, il est fortement recommandé de prendre l’attache de l’ambassade (cf. la rubrique "numéros utiles").