Présentation



Données générales

Nom officiel : République de Serbie Nature du régime : république parlementaire Président de la République : M. Tomislav NIKOLIC (élu le 20 mai 2012) Langue officielle : serbe Monnaie : dinar Fête nationale : 15 février

Données géographiques

Superficie : 77 474 km2 Capitale : Belgrade Autres villes principales : Novi Sad, Niš

Données démographiques et culturelles

Population : 7 121 000 (recensement d’octobre 2011) Croissance démographique : - 0,46 % /an Espérance de vie : 76,3 ans pour les femmes, 71,1 ans pour les hommes (2008) Taux d’alphabétisation : 98% (en 2002) Religion (s) : orthodoxe (fortement majoritaire), catholique, musulmane, juive, protestante

Données économiques

PIB (2013) : 33 Mds € PIB / hab. (2013) : 4 520 € Taux de croissance (2013) : 1,4 % Taux de chômage (au sens du BIT) : 24,1% Taux d’inflation : (Banque nationale de Serbie) : 4% Solde budgétaire (FMI) : - 5,6% du PIB Dette publique (fin 2013) : 60,6 du PIB Balance commerciale (2013) : - 10,8 % du PIB Principaux clients : Allemagne, Italie, Bosnie-Herzégovine, Roumanie, Russie Principaux fournisseurs : Russie, Allemagne, Italie, Chine, Hongrie Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 6,4 %
  • industrie : 30,4 %
  • services : 62 %

Exportations de la France vers la Serbie (oct. 2013) : 232 M€ Importations françaises depuis la Serbie (oct. 2013) : 231 M€

Section consulaire de l’Ambassade de France : Belgrade Consul honoraire : Niš Communauté française en Serbie (2013) :  1 425 Communauté serbe en France : entre 80 000 et 120 000 personnes d’origine serbe (principalement en régions parisienne et lyonnaise). Le recensement de 2009 a comptabilisé 45 000 personnes de nationalité serbe.


Politique intérieure

La Constitution de la République de Serbie a été promulguée le 8 novembre 2006. Elle prend acte de la fin de l’État commun de Serbie-et-Monténégro, après que le Monténégro soit devenu indépendant le 3 juin 2006 (à la suite d’un référendum). La Constitution serbe affirme en revanche que le Kosovo fait partie intégrante de la Serbie, bien que le Kosovo ait déclaré son indépendance le 17 février 2008.

M. Tomislav Nikolić a été élu Président de la République le 20 mai 2012. Il a succédé à Boris Tadic, premier Président de la République de Serbie, qui a effectué deux mandats (2004-2012). Élu pour 5 ans au suffrage universel direct (mandat renouvelable une fois), le chef de l’Etat est, en vertu de la Constitution de 2006, le garant de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale ainsi que du respect des droits de l’homme et de l’ordre juridique.

Il est le chef des armées. Il peut dissoudre le parlement sur proposition du gouvernement. Les dernières élections présidentielles devaient avoir lieu fin 2012, mais elles ont été convoquées avec anticipation pour faire coïncider le 1er tour avec les législatives et les municipales du 6 mai.

Gouvernement de Serbie : Le gouvernement de M. Ivica Dacic a été remanié le 2 septembre 2013 afin de hâter le redressement économique du pays. Suite à la décision de principe du Conseil européen du 28 juin 2013 d’ouvrir les négociations d’adhésion avec la Serbie, Belgrade a été soucieux d’accélérer les réformes (cf. infra).

Le nouveau gouvernement de coalition regroupe principalement des personnalités du SNS (parti progressiste de Serbie, nationaliste modéré et pro-européen), notamment M. Vucic, vice-premier ministre, et du SPS (parti socialiste), et compte plusieurs experts, notamment à l’Economie et aux Finances.

Les élections législatives du 6 mai 2012 ont placé la coalition formée autour du SNS en tête, avec 24,4 % des suffrages, devançant le Parti démocrate (DS, 22,7%) et la coalition autour des socialistes (SPS PUPS-JS 14,5%). Par ailleurs, le Parti démocratique de Serbie (DSS) a obtenu 7 % des suffrages tandis que les libéraux-démocrates (LDP) en ont recueilli 6,53% et le parti des régions (URS) 5,5%. Les représentants des minorités nationales ne sont pas soumis au seuil de 5 % des voix pour entrer au Parlement.

Le Parlement unicaméral de Serbie (250 députés élus au suffrage universel direct) est composé comme suit : Parti progressiste serbe SNS (73 sièges), Parti démocrate DS (67 sièges), coalition Parti socialiste SPS-PUPS-JS (44 sièges), Parti démocratique de Serbie DSS (21 sièges), Parti libéral démocrate LDP (19 sièges), parti des régions URS (16 sièges), Alliance des Hongrois de Voïvodine (5 sièges), autres partis des minorités (4 sièges), indépendants (1 siège).

L’ouverture de principe des négociations d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne décidée par le Conseil européen du 28 juin 2013 a conduit les autorités serbes à concentrer tous leurs efforts sur l’ouverture effective des négociations, laquelle est intervenue dès le Conseil européen du 20 décembre suivant. La période juin-décembre 2013 a donc été marquée par des avancées notoires dans le cadre du dialogue entre Belgrade et Pristina (cf. infra), qui pose les bases d’une normalisation entre les deux Etats, point qui se trouve au centre des négociations avec l’UE, qui s’ouvrent à Bruxelles le 21 janvier 2014.


Situation économique

L’économie serbe reste dotée d’un secteur primaire important (environ 20 % de la population active). Le secteur secondaire (produits intermédiaires essentiellement) est inégalement compétitif. Les exportations de biens ne représentant que 25 % du PIB (taux de couverture des échanges avoisinant 60 %). La Serbie s’efforce donc d’intégrer à son tissu économique, riche d’un secteur agricole performant, une production industrielle à plus forte valeur ajoutée et tournée vers l’exportation.

La récente crise a révélé les faiblesses structurelles de l’économie serbe. Les retards d’un outil productif vieillissant n’ont été que partiellement comblés par les flux d’IDE depuis 2000. Le pays n’est toutefois pas dénué d’atouts. La croissance de 1,4% en 2013 a été tirée par des exportations plus diversifiées (montée en puissance de la production automobile et énergétique). Même si l’UE demeure le principal partenaire économique du pays (56% des échanges), la Serbie renforce ses relations économiques et financières avec ses partenaires traditionnels (Russie, Chine) et avec les pays émergents (Azerbaïdjan, Emirats Arabes Unis).

Le budget pour 2014 se caractérise par des efforts de contrôle des dépenses et d’augmentation des revenus. Du fait d’une faible prévision de croissance (1,5%), les mesures telles que l’augmentation de la TVA (de 8 à 10%), la lutte contre le travail au noir, la baisse temporaire des salaires les plus élevés de la fonction publique ou la réduction des subventions publiques ne permettront que de stabiliser le niveau du déficit budgétaire (7,1% du PIB). La dette publique devrait continuer d’augmenter pour atteindre 65.7% du PIB en 2014.

Cette situation tient en partie à l’importance du secteur public et à son coût pour le budget de l’Etat. Toutefois, le coût social du programme de privatisations préparé par le gouvernement constitue un important défi politique, qui fait débat dans le pays. L’importance de l’enjeu, tant au plan national qu’européen et international (le Conseil européen du 20.12.13 a décidé d’ouvrir les négociations d’adhésion de la Serbie à l’UE), pourrait conduire à des élections législatives anticipées à brève échéance (printemps 2014).

Le système bancaire demeure liquide et bien capitalisé, dominé par les banques étrangères, à l’exception de la Komercijalna Banka, deuxième sur la place. Les autorités monétaires sont impliquées dans le processus Vienne 2.0 (processus de coordination entre pays hôtes et pays d’origine des investissements bancaires), visant à contenir le deleveraging bancaire. Un accord de précaution avec le FMI pourrait être négocié prochainement, mais est il est tributaire de la mise en œuvre des réformes structurelles attendues (cf. supra).


Politique extérieure

Depuis la transition démocratique d’octobre 2000, les autorités de Belgrade (République fédérale de Yougoslavie, Etat commun de Serbie-et-Monténégro puis République de Serbie) ont fait de leur retour dans la communauté internationale et de leur rapprochement européen des priorités.


Au niveau régional

Belgrade a entamé la normalisation de ses relations avec la plupart de ses voisins. Une dynamique s’est amorcée dans la relation avec la Croatie, marquée notamment par le déplacement du président Tadić dans la ville de Vukovar le 4 novembre 2010, puis par les visites à Belgrade du premier ministre Milanovic (16 janvier 2013) et du président Josipovic (mi-octobre 2013). Vis-à-vis de la Bosnie-Herzégovine, les autorités serbes rappellent leur plein soutien aux accords de Dayton-Paris.

Le parlement serbe a adopté en mars 2010 une déclaration condamnant le massacre commis à Srebrenica et appelant à arrêter et juger tous les criminels de guerre. Malgré une divergence de fond sur le statut du Kosovo, la Serbie et l’Albanie ont amélioré leurs relations de manière sensible depuis 2003. Belgrade a accepté l’indépendance du Monténégro en 2006 et a établi des relations pacifiques avec le nouvel État.

La Serbie n’a en revanche pas reconnu l’indépendance du Kosovo, proclamée en février 2008 et reconnue par 102 États à ce jour, dont la France. Belgrade fait de la « défense de son ordre constitutionnel » l’un des points forts de sa politique étrangère.

La Cour internationale de justice, saisie par l’Assemblée générale des Nations Unies à l’initiative de la Serbie, a rendu le 22 juillet 2010 un avis consultatif concluant sans ambigüité à la conformité au droit international de la déclaration d’indépendance du Kosovo. Le 9 septembre 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté par consensus une résolution proposée conjointement par la Serbie et les Etats membres de l’Union européenne prenant acte de cet avis.

Cette résolution a ouvert la voie aux discussions, débutées le 8 mars 2011 sous l’égide de l’UE, entre Serbes et Kosovars.

Le processus de dialogue Belgrade-Pristina a d’abord permis des accords techniques, puis les chefs de gouvernement serbe et kosovar ont entamé le 19 octobre 2012 une série de rencontres destinées à régler les questions les plus contentieuses (avenir du Nord du Kosovo, démantèlement des structures parallèles serbes…). Ce dialogue a abouti à un accord historique entre Belgrade et Pristina, signé à Bruxelles le 19 avril 2013, sous l’égide de l’Union européenne.


Relations Serbie-UE

Le rapprochement de la Serbie à l’UE est conditionné par la coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), la normalisation des relations avec le Kosovo et les réformes, notamment en matière d’Etat de droit et de lutte contre la criminalité organisée.

La Serbie a sollicité le statut de candidat à l’Union européenne le 22 décembre 2009. De façon à remplir les conditions de pleine coopération avec le TPIY, la Serbie a arrêté et transféré à La Haye les deux derniers accusés serbes en fuite, Ratko Mladić (mai 2011) et Goran Hadžić (juillet 2011). Sur la base du rapport de la Commission du 12 octobre 2011 qui a délivré un avis globalement favorable, le Conseil européen du 1er mars 2012 a accordé le statut de candidat à la Serbie.

En matière de circulation, la Serbie bénéficie de la libéralisation des visas depuis le 19 décembre 2009. Ses citoyens sont donc exemptés de visas pour effectuer de courts séjours dans l’espace Schengen.

Un accord de stabilisation et d’association (ASA) a été signé entre la Serbie et l’UE en 2008. Il est entré en vigueur le 1er septembre 2013.

Au lendemain de l’accord historique du 19 avril 2013 posant les bases d’une normalisation entre Belgrade et Pristina, le Conseil européen du 28 juin 2013 a décidé du principe de l’ouverture de négociations d’adhésion avec la Serbie.

Le processus de normalisation s’étant poursuivi de façon satisfaisante (élections municipales tenues à l’automne 2013, au Kosovo, selon la loi kosovare, pour l’ensemble de la population, y compris les minorités serbes, accords en matière énergétique et de télécommunications, etc.), le Conseil européen du 20 décembre a décidé d’ouvrir les négociations d’adhésion de la Serbie (la Conférence intergouvernementale a débuté le 21 janvier 2014).

La Haute Représentante pour la Politique étrangère et de Sécurité commune de l’UE, Mme Catherine Ashton, chargée du suivi du dialogue Belgrade-Pristina, joue un rôle important dans ce processus, qui se trouve au centre du rapprochement européen des deux Etats.

Le gouvernement a par ailleurs annoncé en janvier 2014 le lancement des privatisations des entreprises publiques.


Multilatéral

L’adhésion de la Serbie-et-Monténégro au Conseil de l’Europe le 3 avril 2003 a constitué un encouragement fort à la poursuite des réformes de l’Etat. La Serbie a assuré la présidence du comité des ministres de cette organisation de mai à novembre 2007. La Serbie a accédé au Partenariat pour la paix (PPP) de l’OTAN lors du sommet de Riga, en 2006.

Elle n’est pas candidate à une adhésion à l’OTAN (le ressentiment contre l’Alliance Atlantique, responsable des bombardements de mars à juin 1999, demeure). Membre de l’OSCE, la Serbie en assurera la présidence en 2015. La Serbie est devenue observateur de l’Organisation internationale de la Francophonie en 2006.

Au niveau des organisations régionales, la Serbie participe au Programme de coopération de l’Europe du Sud-Est (SEECP), fondé en 1996, qui regroupe tous les pays des Balkans. Elle est membre du Pacte de stabilité pour l’Europe du Sud-Est lancé en juillet 1999 et destiné à coordonner les acteurs impliqués dans les Balkans (Union européenne, OTAN, OSCE, FMI, Banque Mondiale, pays donateurs et ONG).

Le Pacte de stabilité pour l’Europe du Sud-Est s’est transformé en 2008 en Conseil Régional de Coopération (RCC) dans le but de transférer progressivement à la région les responsabilités liées à la coopération régionale. La Serbie est membre du RCC et participe à son financement. Le 19 décembre 2006, la Serbie a rejoint l’Accord de libre-échange d’Europe centrale et orientale (CEFTA). Elle est aussi membre de l’Organisation de coopération économique de la Mer noire et assurera la présidence de l’OSCE en 2015.


Autres grands partenaires

Belgrade entretient une relation étroite avec Moscou . Les deux pays viennent d’amorcer une importante coopération dans le domaine de l’énergie avec le lancement, fin novembre 2013, de la construction du tronçon serbe du gazoduc South Stream.

En sus de l’apport à la relation bilatérale, ce chantier va constituer un important gisement d’emplois, bienvenu dans le contexte social serbe actuel. Les relations de Belgrade avec Pékin sont également anciennes et régulières.

Plus récentes, mais en expansion, sont les relations de la Serbie avec les pays émergents, notamments avec les Emirats Arabes Unis, l’Azerbaïdjan, etc.


Mise à jour : 21.01.14