Chantal Metzger - L’empire colonial français dans la stratégie du Troisième Reich (1936-1945)



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Cette thèse de Doctorat d’État, soutenue à l’Université de Paris IV-Sorbonne, a obtenu en 1999 le prix Jean-Baptiste Duroselle décerné par l’Institut d’Histoire des Relations Internationales Contemporaines, association patronnée par l’Académie des Sciences morales et politiques.

Dotée par Bismarck d’un Empire colonial d’une superficie cinq fois supérieure à la sienne, l’Allemagne devient à l’issue de la Grande Guerre un pays sans colonies. Cette perte est ressentie comme une des humiliations issues du traité de Versailles. À son arrivée au pouvoir, Hitler, comme la grande majorité des Allemands, s’intéresse peu à la reconstitution d’un empire colonial outre-mer. Sa politique coloniale s’explique par des raisons de tactique politique intérieure ou internationale.

Lors de l’armistice de 1940, il laisse à la France son Empire mais confie au général von Epp, président de la Ligue coloniale et de l’Office de politique coloniale de la NSDAP, la préparation du futur ministère des Colonies. Il faut être prêt en cas de victoire totale à gérer un empire colonial. Les aléas de l’évolution stratégique du conflit modifient, au début de l’année 1941, la situation. Les territoires de l’Empire français, devenus une pièce importante de la stratégie militaire du Troisième Reich, sont exploités économiquement et leurs ressources mises au service de l’effort de guerre allemand. Le débarquement des forces alliées en Afrique du Nord mettra définitivement fin à tout projet colonial.

Si à certains moments du conflit, Hitler a pu être tenté, à l’instigation des milieux d’affaires et de la marine, de prendre des initiatives outre-mer, il ne cédera jamais à la tentation. Son premier objectif restera toujours la constitution d’un empire continental.

À travers le prisme du secteur colonial, ce travail apporte des éclairages nouveaux sur la politique française du Troisième Reich et notamment sur les activités des services secrets allemands dans l’Afrique française, au Proche et au Moyen-Orient, sur celles des milieux d’affaires allemands qui ont toujours su exploiter les opportunités politiques et militaires et sur l’occupation allemande de la Tunisie au tournant des années 1942-1943. La diplomatie du Troisième Reich est ainsi revue tout comme celle de Vichy et indirectement celle des États-Unis et du Royaume-Uni.