Présentation



Données générales

Nom officiel : République du Mozambique Chef de l’Etat : Armando Emilio GUEBUZA (2004, réélu en 2009)

Données géographiques

Superficie : 799.380 km² Population : 24,1 millions d’habitants (est 2013) Capitale : Maputo Langue officielle : Portugais et des dizaines de langues vernaculaires Religion(s) : Catholiques (28,8 %), protestants (27,7 %), musulmans (17,9 %), animistes et autres. Monnaie : Metical (1 € = 39,06 metical) Fête nationale : 25 juin (Indépendance du Portugal en 1975)

Données économiques et indicateurs sociaux

Croissance démographique : + 2,4% (2013) Espérance de vie : 52 ans 2013 Banque mondiale - 42,3 ans en 1997 Taux d’alphabétisation :55 % (PNUD 2011) (–(39,5 % en 1997 Indice de développement humain :184ème sur 187 (PNUD 2011) – 20ème sur 53 pays africains à l’Indice de gouvernance Mo Ibrahim 2010 Classement Transparency International :119 sur 177 (PNUD 2012)

PIB : 14,2 Milliards $ (2012) PIB par habitant / P.M.A : 1169 $ (2012, FMI)

Taux de croissance : + 7, %en 2013

Principaux clients : Pays-Bas (60%), Afrique du sud (16%), Chine, Inde, Zimbabwe, Suisse, Portugal (MECO 2010) Principaux fournisseurs :Afrique du Sud, Pays-Bas, Portugal, E.A.U., Inde, Chine

Part des secteurs d’activités dans le PIB :

  • primaire : 28 % ;
  • secondaire : 30 % ;
  • tertiaire : 42 % (Banque mondiale)


Politique intérieure

Le Mozambique a connu le 28 octobre 2009 ses quatrièmes élections générales (Présidentielle, Législative, assemblées Provinciales). Le Président Guebuza a été réélu au premier tour avec 75 % des voix. Le FRELIMO au pouvoir a obtenu la majorité des deux tiers à l’assemblée de la République (191 sièges sur 250) qui lui permettrait de réformer la constitution. Il a également remporté la majorité absolue dans la totalité des assemblées provinciales.

Ces élections ont été un nouvel échec pour l’adversaire de toujours, M.Dhlakama 16,4% et pour son parti RENAMO (51 sièges sur 250). M. David Simango, le maire de Beira, a recueilli 8,6%, et son parti, le Mouvement Démocratique du Mozambique (né d’une scission avec la Renamo en 2009), dispose de 8 sièges.

Des élections municipales se sont tenues le 20 novembre 2013, plutôt bien selon les observateurs, malgré des cas de violences commises par la police à l’encontre de militants du parti d’opposition MDM et des fraudes qui ont probablement freiné la progression de ce parti.

Les menaces répétées de la RENAMO de perturber, voire d’empêcher l’élection n’ont pas été suivies d’effet. Le FRELIMO reste la force dominante au Mozambique (gagnant dans 50 villes sur 53) mais enregistre un net recul (66% des voix en 2013 contre 75 % en 2008) et des résultats très décevants à Maputo et Matola, (51,5 % par rapport à 85,5% des voix en 2008).

Le Mouvement Démocratique du Mozambique, (MDM) confirme avec ces élections sa place de premier parti d’opposition du pays. Il progresse dans ses deux fiefs municipaux, Beira et Quelimane (70% des voix) et conquiert la troisième ville du pays, Nampula (avec 54% des voix). Daviz Simango, le maire de Beira et Manuel de Araujo, le Maire de Quelimane sortent renforcés de ce scrutin.

Les prochaines échéances électorales sont les élections générales et provinciales de 2014.

Le Président GEBUZA ne se représentera pas en 2014 pour un 3ème mandat (la constitution le lui interdit), mais le FRELIMO n’a pas désigné de successeur lors de son 10e congrès à Pemba (septembre 2012). Ce congrès a entraîné un changement de premier ministre, Aires Bonefacio ALI, étant remplacé par Alberto VAQUINA, qui était jusque là gouverneur dans la province de Tete.


Situation économique

Grâce à l’aide des bailleurs, le Mozambique est parvenu, depuis la fin de la guerre civile, à une stabilité macro-économique (+ 7,4 % de croissance annuelle moyenne depuis 1994), une inflation maîtrisée et à un endettement extérieur supportable grâce aux annulations de dettes en 2005 (G8, FMI) et 2006 (Japon).

La manne que constituent le charbon (gisement de Moatize), dont l’exportation a début en septembre 2011, et surtout le gaz naturel (3ème réserves au monde, qui devraient générer des recettes fiscales de 4,1 milliards d’euros par an à partir de 2025, et 70 000 emplois), devraient garantir l’expansion économique du pays.

Depuis plusieurs années, le Mozambique se classe 3ème destination des investissements directs étrangers (IDE) en Afrique Australe, derrière l’Angola et l’Afrique du Sud. En 2012, les IDE en direction du Mozambique ont doublé pour atteindre un niveau historique de 5,2 Mds USD.

Ses atouts économiques sont nombreux mais encore sous-exploités : énergie (gaz, hydroélectricité, pétrole en off-shore : prospection en cours), mines (charbon, titane, or, pierres précieuses, aluminium), agriculture, sylviculture, pêche, tourisme. La valorisation des ressources extractives exige des investissements massifs (50 milliards de dollars pour le gaz, soit trois fois le PIB du pays).

Sa situation géographique lui confère une place privilégiée (notion de « corridors ») dans le domaine des transports et de la fourniture d’énergie par rapport aux pays enclavés voisins (Malawi, Swaziland, Zambie, Zimbabwe) et à l’Afrique du Sud ;

L’aluminium (Mozal), l’électricité (barrages) et le gaz représentent les trois quart des ventes du pays.

L’agriculture reste un secteur important de l’économie (84% de la population active, 28% du PIB -coton, sucre, céréales, thé, café, coprah, noix de cajou) mais sa croissance est faible. Seulement 12% des terres arables sont exploitées. Le développement de la production agricole est une des priorités du gouvernement afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

En revanche, la construction, les transports, les télécommunications enregistrent un fort développement. Le potentiel touristique est important et progresse chaque année (+ 46% sur les trois dernières années), mais reste encore peu exploité.

Le développement économique est géographiquement déséquilibré (axé sur le corridor de Maputo reliant la capitale à Johannesburg et sur la zone portuaire de Beira). Pour compenser le déclin prévisible de l’aide internationale à moyen, voire long terme, le Mozambique doit favoriser le développement du secteur privé formel, et continuer à attirer les capitaux étrangers privés

La dette publique a dépassé 40 % du PIB cette année et devrait excéder les 50 % en 2015un seuil considéré comme soutenable par le FMI qui prend davantage en compte l’impact réel de ces investissements sur la croissance, que les montants engagés. Le FMI acependant classé, en juin dernier, le Mozambique parmi les pays à risque d’endettement modéré.

Il est possible que le déficit budgétaire s’accroisse l’an prochain, passant de 6,7 % du PIB à 7% en 2014 (pour le financement des élections générales de 2014). Le FMI table sur une croissance de 8,5 % en moyenne sur les 5 prochaines années, revue à la baisse à 7% pour 2013. L’inflation reste contrôlée (5% au maximum cette année). Le FMI conseille au Mozambique de renforcer sa fiscalité dans le secteur de l’industrie extractive (taxation des superprofits notamment).


Politique extérieure, relations avec l’Union européenne

D’une manière générale, le Mozambique privilégie l’action dans le cadre de l’Union Africaine, s’efforçant de promouvoir les positions communes à l’ensemble du continent dans les négociations internationales, sans chercher à y occuper des positions d’influence. Il participe activement à la réflexion sur la réforme de l’ONU.

Pragmatique, la diplomatie mozambicaine vise à la recherche d’investisseurs et à la mobilisation internationale en faveur de son développement

Resté un acteur respecté sur la scène internationale, l’ancien Président Joaquim Chissano s’est vu décerné en octobre 2007 le prix de la fondation Mo Ibrahim, destiné à promouvoir la bonne gouvernance sur le continent africain. Membre fondateur du « Club des anciens chefs d’Etat africains », il a effectué une mission pour l’ONU dans les régions affectées par la L.R.A. (Ouganda) et a été désigné par la SADC, le 20 juin 2009, pour piloter la médiation concernant Madagascar…

Membre fondateur de la SADC, le Mozambique cherche à valoriser son positionnement géostratégique de débouché maritime des régions enclavées d’Afrique australe. Le Mozambique a présidé la SADC d’août 2012 à août 2013. Président de l’Union Africaine en 2003/2004, il a contribué à mettre en place les grandes structures de l’organisation : Parlement panafricain, la Commission africaine, le Conseil « Paix et Sécurité ».

Les relations avec l’Afrique du sud restent essentielles, mais leur importance relative diminue malgré les relations des partis frères ANC et FRELIMO : l’Afrique du Sud est le 5ème investisseur en 2012, (2ème en 2011), 1er fournisseur, 2ème client),. Les violences xénophobes en Afrique du sud de 2008 (8 morts mozambicains) ont marqué les esprits, et entraîné le retour au pays de près de 40 000 Mozambicains.

Premier importateur d’électricité du Mozambique, le Zimbabwe s’inquiète de l’agitation de la Renamo près de sa frontière dans le centre du pays. Les autorités mozambicaines ont reconnu, avec la SADC, la victoire du Président Mugabe aux élections de juillet 2013.

Le Mozambique a progressivement renforcé sa coopération avec les Etats-Unis (déminage, agriculture, lutte contre le sida) et les pays de l’Union Européenne. Au sein de l’UE, les pays scandinaves (qui ont soutenu très tôt la lutte pour l’indépendance), le Royaume-Uni (1er bailleur de fonds bilatéral) et le Portugal sont des partenaires très présents et influents.

Le Portugal occupe une place privilégiée et déploie une coopération active mais est en recul sur le plan des investissements économiques (11 ème rang en 2012 contre 6ème en 2011)).

Le Brésil en raison de la mine exploitée par Vale à Tete, maintient sa position de 1er investisseur étranger (26% des IDE). Outre dans les mines, le Brésil investit dans le pétrole, l’hydroélectricité et les biocarburants (achat d’avions Embraer par la LAM, Biocarburants, médicaments génériques).

Un projet triangulaire France/Mozambique/Brésil a été signé début 2009 dans le domaine de l’agriculture de conservation. Le Brésil réussit une percée remarquable au Mozambique jouant à la fois des thèmes de la solidarité entre pays en développement, de la lusophonie et de sa forte expansion économique de pays émergent.

Les pays d’origine des entreprises exploitant les concessions de gaz et de charbon dominent le classement des principaux investisseurs (Usa, Australie, Italie sont respectivement les 2ème, 3ème et 4ème investisseurs derrière le Brésil) tandis que l’investissement asiatique enregistre une forte hausse. Les IDE indiens, chinois et malaisiens totalisent 643 M$ en 2012 contre 7 M$ en 2011.

La Chine qui avait noué des liens privilégiés avec le FRELIMO dès l’époque de la guerre civile, accroît ses investissements dans de nombreux secteurs (transports, agriculture, pêche, exploitation forestière, BTP, exploration minière et pétrolière, énergie).

En novembre 2011, la Banque chinoise de développement a accordé une ligne de crédit de 100 millions de dollars à la Banque internationale du Mozambique (BIM), elle-même détenue à 66,7% par la banque portugaise BCP. Le Président Guebuza s’est rendu en Chine pendant une semaine en mai 2013, et aurait obtenu de Pékin 5 milliards de dollars de nouveaux financements.

L’Union européenne est, en termes d’aide au développement, le premier partenaire du Mozambique. Elle y a établi l’une de ses plus importantes délégations.

Les relations UE/Mozambique se fondent sur l’accord de Cotonou (2000) qui ouvre au Mozambique le bénéfice du FED. Un accord intérimaire (APEI) a été signé le 15 juin 2009 à Maputo. La Commission poursuit les négociations en vue d’un APE complet, mais se heurte à l’opposition de l’Afrique du Sud, qui conteste notamment la différenciation de traitement et refuse un volet couvrant les services, investissements et règles liées au commerce.

622 millions d ‘euros ont été accordés par l’UE au Mozambique en pour la période 2008-2013 dans le cadre du 10ème FED. 50 % de l’enveloppe a été versée sous forme d’aide budgétaire globale, le reste se concentrant sur les secteurs des infrastructures de transport, de l’agriculture et du développement rural.

Des interventions sont également prévues dans les secteurs de la santé (lutte contre le VIH-sida), de la gouvernance, ainsi que de l’intégration économique régionale, en lien avec la mise en œuvre de l’APE. Hors FED, 38 projets sont actuellement financés par l’UE pour un montant de 30,12 M€. L’UE intervient ponctuellement pour des interventions de secours (2 M€ sur le programme ECHO en février 2007, lors du cyclone Favio ; 5,5M€ en février 2009 pour lutter contre l’épidémie de choléra).

Dans son dialogue politique, l’UE met l’accent sur le renforcement de l’Etat de droit : la justice, les processus électoraux, la nécessité de juridictions distinctes pour les conflits commerciaux et pour les conflits administratifs, la lutte contre la corruption et les droits de l’homme. L’UE a soutenu financièrement l’organisation des derniers cycles électoraux.


Mise à jour : 02.01.14