Présentation



Données générales

Nom officiel : République du Mozambique Chef de l’Etat : Filipe NYUSI (investi le 15 janvier 2015)

Données géographiques

Superficie : 799.380 km² Population : 25,8 millions d’habitants (2013, Banque mondiale) Capitale : Maputo Langue officielle : Portugais. Religion(s) : Catholiques (20 %), protestants (27,7 %), musulmans (20 %), animistes et autres Monnaie : Metical (1 € = 38,42 metical au 3 février 2015) Fête nationale : 25 juin (Indépendance en 1975)

Données économiques et indicateurs sociaux

Croissance démographique : + 2,4% (2013) Espérance de vie : 52 ans 2013 Banque mondiale - 42,3 ans en 1997 Taux d’alphabétisation : 50,6 % (PNUD 2005-2012) (39,5 % en 1997) Indice de développement humain : 178ème sur 187 (PNUD 2013) 22ème sur 53 pays africains à l’Indice de gouvernance Mo Ibrahim 2014 ; 119 sur 177 au classement Transparency International 2013

PIB : 15,32 milliards $ (2013, Banque mondiale) PIB par habitant : 590 $ (2013, Banque mondiale) Taux de croissance : 7,2 % en 2014, prévisions +8,6% en 2015 (FMI)

Principaux clients : Pays-Bas (27%), Afrique du sud (24%), Inde, Etats-Unis, Portugal, Chine Principaux fournisseurs : Afrique du Sud, Italie, Chine, Belgique, Espagne (2013, source : service économique)

Part des secteurs d’activités dans le PIB (source Banque mondiale)

  • primaire : 28 % ;
  • secondaire : 30 % ;
  • tertiaire : 42 %

Politique intérieure

La vie politique est dominée par le Front de libération du Mozambique (Frelimo) et deux partis d’opposition, la Résistance nationale mozambicaine (Renamo) et le Mouvement démocratique du Mozambique (MDM, né d’une scission de la Renamo). Après plusieurs années de défaites électorales, la Renamo a annoncé son « retour à la clandestinité » en avril 2013. Plusieurs escarmouches ont fait monter la tension, alors qu’un dialogue avec les autorités se poursuivait en parallèle.

Des élections municipales se sont tenues le 20 novembre 2013, jugées plutôt crédibles par les observateurs, malgré des cas de violence policière à l’encontre de militants du MDM, quelques cas de fraudes (qui ont probablement freiné la progression de ce parti) et malgré le boycott de la Renamo. Le MDM a conservé Beira et Quelimane (70% des voix), et conquis la troisième ville du pays, Nampula (avec 54% des voix) ainsi que Gurué, une ville moyenne de Zambézie.

Les élections législatives, présidentielles et provinciales se sont tenues le 15 octobre 2014 dans un contexte apaisé après la signature, en septembre, d’un accord mettant fin aux hostilités entre la Renamo et les forces gouvernementales. Le scrutin s’est déroulé de manière globalement satisfaisante, selon les rapports préliminaires des missions d’observation (UE, SADC, UA), qui n’ont pas remis en cause les résultats, malgré les accusations de fraude formulées par l’opposition.

Filipe Nyusi (Frelimo) a été élu Président de la République avec 57% des suffrages, contre 36% à Afonso Dhlakama (Renamo) et près de 7% à David Simango (MDM). Le bon score du candidat de la Renamo, parti jusqu’alors en déclin, particulièrement important dans les provinces du centre et du nord, a constitué la surprise du scrutin. Le résultat est nettement plus équilibré qu’en 2009, où le Frelimo avait emporté 75% des suffrages. Les discours critiques de la corruption et de l’affairisme des dernières années, et sur le meilleur partage des revenus des immenses ressources naturelles du pays, ont porté.

Le Frelimo conserve une confortable majorité au parlement avec 144 sièges sur 250. La Renamo double sa représentation parlementaire (89 sièges), ainsi que le MDM (qui passe de 8 à 17 sièges).

La Renamo a refusé de reconnaître les résultats du scrutin, sommant les autorités de former un « gouvernement de gestion », auquel devaient participer les trois principaux partis. Malgré la validation du scrutin par le Conseil Constitutionnel le 30 décembre 2014, Afonso Dhlakama a annoncé sa volonté de former un gouvernement et de gouverner dans les provinces où son parti était arrivé en tête. Il a revanche écarté le retour à la lutte armée et le fil du dialogue avec le Frelimo n’est pas rompu. Les 89 députés élus de la Reanmo boycottent jusqu’à présent l’Assemblée nationale.

Situation économique

Grâce à l’aide des bailleurs, le Mozambique est parvenu, depuis la fin de la guerre civile, à la stabilisation macro-économique, avec une croissance forte (+ 7,4 % par an depuis 1994), une inflation maîtrisée et un endettement extérieur maîtrisé grâce à des annulations de dettes en 2005 (G8, FMI) et 2006 (Japon). La manne que constituent le charbon (gisement de Moatize), dont l’exportation a débuté en septembre 2011, et surtout le gaz naturel (3e réserves au monde, qui devraient générer des recettes fiscales importantes à partir de 2019/2022, créer 70 000 emplois, et permettre un quadruplement du PIB), offre des perspectives durables d’expansion économique.

Depuis plusieurs années, le Mozambique se classe 3ème destination des investissements directs étrangers (IDE) en Afrique Australe, derrière l’Angola et l’Afrique du Sud. En 2013, les IDE en direction du Mozambique ont atteint un niveau historique à près de 6 Mds USD.

Ses atouts économiques sont nombreux mais encore sous-exploités : énergie (gaz, hydroélectricité, pétrole en off-shore : prospection en cours), mines (charbon, titane, or, pierres précieuses, aluminium), agriculture, sylviculture, pêche, tourisme. La valorisation des ressources extractives exige des investissements massifs (50 milliards de dollars pour le gaz, soit trois fois le PIB du pays).

Sa situation géographique lui confère une place privilégiée dans le domaine des transports et de l’énergie : « corridors » vers l’hinterland des pays enclavés voisins (Zimbabwe, Malawi, Zambie, Botswana, Swaziland), fourniture du grand marché sud-africain.

L’aluminium (Mozal), l’électricité et le gaz représentent les trois quart des ventes du pays.

L’agriculture reste un secteur important de l’économie (84% de la population active, 28% du PIB -coton, sucre, céréales, thé, café, coprah, noix de cajou) mais sa croissance est faible. Seules 12% des terres arables sont exploitées. Le développement de la production agricole est une des priorités du gouvernement afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. En revanche, la construction, les transports, les télécommunications enregistrent un fort développement. Le potentiel touristique est important et les revenus du secteur, encore sous-exploité, progressent chaque année (+ 46% sur les trois dernières années).

Le développement économique est géographiquement déséquilibré (axé sur le corridor de Maputo reliant la capitale à Johannesburg, sur la zone portuaire de Beira et au Nord à Pemba). Pour compenser le déclin prévisible de l’aide internationale, le Mozambique doit favoriser le développement du secteur privé formel, et continuer à attirer les capitaux étrangers privés

La dette publique a dépassé 40 % du PIB cette année et devrait dépasser 50 % en 2015, un seuil encore considéré comme supportable par le FMI qui prend davantage en compte l’impact réel de ces investissements sur la croissance, que les montants engagés. Le FMI a cependant classé, en juin dernier, le Mozambique parmi les « pays à risque d’endettement modéré ».

Le déficit budgétaire s’est fortement accru, passant de 2,7 % du PIB en 2013 à 9,2% en 2014, en raison du financement d’infrastructures, de prises de participation aux projets de mise en valeur des ressources naturelles, et des élections générales de la fin de l’année. Le FMI prévoit une croissance moyenne de 8,5 % par an sur les 5 prochaines années. L’inflation reste contrôlée (2,5 % en 2014). Le FMI conseille au Mozambique de renforcer sa fiscalité dans le secteur de l’industrie extractive (taxation des superprofits notamment). Il a préconisé lors de sa revue de janvier 2015 une consolidation budgétaire par la baisse des dépenses courantes.

Politique extérieure, relations avec l’Union européenne

Le Mozambique privilégie l’action dans le cadre de l’Union Africaine, s’efforçant de promouvoir les positions communes à l’ensemble du continent dans les négociations internationales, sans chercher à y occuper des positions d’influence. Pragmatique, la diplomatie mozambicaine vise à attirer des investisseurs et à mobiliser les ressources internationales en faveur de son développement

Acteur respecté sur la scène régionale internationale, l’ancien Président Joaquim Chissano a effectué une mission pour l’ONU dans les régions affectées par la L.R.A. (Ouganda) et a conduit avec succès, au nom de la SADC, de 2009 à 2013, la médiation relative à Madagascar. Il est depuis 2014 l’envoyé spécial de l’UA sur le Sahara Occidental.

Membre fondateur de la SADC, le Mozambique cherche à valoriser son positionnement géostratégique de débouché maritime des régions enclavées d’Afrique australe. Président de l’Union Africaine en 2003/2004, il a contribué à mettre en place les grandes structures de l’organisation : Parlement panafricain, la Commission africaine, le Conseil « Paix et Sécurité ».

Les relations avec l’Afrique du sud sont essentielles, nourries par le voisinage, l’attraction économique et les relations des partis frères ANC et FRELIMO, mais leur importance relative tend à diminuer. L’Afrique du Sud est le 1er fournisseur, le 2ème client, le 5ème investisseur en 2012 (2ème en 2011). Les violences xénophobes en Afrique du sud de 2008 (8 morts mozambicains) ont marqué les esprits, tout comme les expulsions régulières de clandestins. Au moins 300 000 Mozambicains vivent en Afrique du Sud. 50 000 travaillent encore dans le secteur minier.

Premier importateur d’électricité du Mozambique, le Zimbabwe s’est inquiété du regain d’agitation de la Renamo en 2014 près de sa frontière dans le centre du pays. Les autorités mozambicaines ont rapidement reconnu, avec la SADC, la victoire du Président Mugabe aux élections de juillet 2013.

Le Mozambique a progressivement renforcé sa coopération avec les Etats-Unis (déminage, agriculture, lutte contre le sida) et les pays de l’Union Européenne. Au sein de l’UE, les pays scandinaves (qui ont soutenu très tôt la lutte pour l’indépendance), le Royaume-Uni (1er bailleur de fonds bilatéral), l’Italie (parrain historique du processus de paix) et le Portugal sont des partenaires très présents et influents.

Le Portugal occupe une place encore importante au Mozambique. La communauté portugaise compte plus de 20 000 ressortissants. Le Portugal déploie une coopération active mais ses investissements sont en recul (11 ème rang en 2012 contre 6ème en 2011). Depuis 2011, le Mozambique et le Portugal tiennent des sommets bilatéraux. Le deuxième a eu lieu à Maputo en mars 2014. Le Président portugais s’est rendu à Maputo pour l’investiture du Président Nyusi le 15 janvier 2015.

Autre pays lusophone, le Brésil, en raison de la mine exploitée par Vale à Tete, maintient sa position de premier investisseur étranger (26% des IDE). Outre dans les mines, le Brésil investit dans le pétrole, l’hydroélectricité et les biocarburants (achat d’avions Embraer par la LAM, Biocarburants, médicaments génériques). Un projet triangulaire France/Mozambique/Brésil a été signé début 2009 dans le domaine de l’agriculture.

Les pays d’origine des entreprises exploitant les concessions de gaz et de charbon dominent le classement des principaux investisseurs (Etats-Unis, Australie, Italie sont respectivement les 2ème, 3ème et 4ème investisseurs derrière le Brésil) tandis que l’investissement asiatique enregistre une forte hausse. Les IDE indiens, chinois et malaisiens totalisent 643 M$ en 2012 contre 7 M$ en 2011.

La Chine qui avait noué des liens privilégiés avec le FRELIMO dès l’époque de la guerre de libération, accroît ses investissements dans de nombreux secteurs (transports, agriculture, pêche, exploitation forestière, BTP, exploration minière et pétrolière, énergie). En novembre 2011, la Banque chinoise de développement a accordé une ligne de crédit de 100 millions de dollars à la Banque internationale du Mozambique (BIM), elle-même détenue à 66,7% par la banque portugaise BCP. Le Président Guebuza s’est rendu en Chine pendant une semaine en mai 2013, et aurait obtenu de Pékin 5 milliards de dollars de nouveaux financements.

L’Union européenne est, en termes d’aide au développement, le premier partenaire du Mozambique. Elle y a établi l’une de ses plus importantes délégations.

Les relations UE/Mozambique se fondent sur l’accord de Cotonou qui ouvre au Mozambique le bénéfice du FED. Le Mozambique devrait bénéficier de la signature en Un accord intérimaire (APEI) a été signé le 15 juin 2009 à Maputo. La Commission poursuit les négociations en vue d’un APE complet, mais se heurte à l’opposition de l’Afrique du Sud, qui conteste notamment la différenciation de traitement et refuse un volet couvrant les services, investissements et règles liées au commerce.

622 M€ ont été accordés par l’UE au Mozambique dans le cadre du 10ème FED (2008-2013). La moitié de l’enveloppe a été versée sous forme d’aide budgétaire globale, le reste se concentrant sur les secteurs des infrastructures de transport, de l’agriculture et du développement rural. L’UE intervient ponctuellement pour des interventions de secours (cyclone, épidémie de choléra, inondations). Les montants alloués pour le XIème FED (2014-2020) pourraient atteindre 734 M€.

Dans son dialogue politique, l’UE met l’accent sur le renforcement de l’Etat de droit : la justice, les processus électoraux, la nécessité de juridictions distinctes pour les conflits commerciaux et pour les conflits administratifs, la lutte contre la corruption et les droits de l’homme. L’UE a soutenu financièrement l’organisation des derniers cycles électoraux.

Mise à jour : 04.02.15