Présentation



Données générales

Nom officiel : République du Zimbabwe Nature du régime : présidentiel Chef de l’Etat : M. Robert MUGABE (ZANU-PF)

Données géographiques

Superficie : 390 757 km² Capitale : Harare (2 M. hab.) Villes principales : Bulawayo (656 675 hab.), Chitungwiza (321 000 hab.), Gweru (137 000 hab.). Langues officielles : anglais, shona, ndebele (utilisé surtout au Matabeleland) Monnaie : l’hyperinflation a conduit à une « dollarisation » de l’économie début 2009 : le dollar zimbabwéen a été mis à l’écart, les échanges s’effectuant désormais principalement en dollar US et en rand sud-africain. Fête nationale : 18 avril (indépendance : 18 avril 1980)

Données démographiques

Population : 12,9 millions. 4 millions de Zimbabwéens vivent à l’étranger, aux ¾ en Afrique du Sud. Le taux d’urbanisation est de 38% Croissance démographique : 1,4% Espérance de vie : 52 ans (OMS) contre 60 ans en 1990. 1,2 millions de Zimbabwéens sont séropositifs. Taux d’alphabétisation : environ 90 % Religions : chrétiens : environ 67 % ; autres religions et animistes : environ 30 % Indice de développement humain (2011) : 0,376 (173ème/187)

Données économiques

PIB (2011) : ≈ 9,9 Mds USD PIB/habitant (2011) : ≈ 776 USD

Taux de croissance : 6% en 2009 (1ère année de croissance depuis 10 ans) ; 9% en 2010 ; 9,3 % en 2011, 3,1 % en 2012, Perspectives 2013 (EIU report) : 2,2 %. Taux de chômage (2009) : estimé entre 80 et 90 % Taux d’inflation (2011) : 8,2 % ; 2012 : 9,4 %, Perspectives 2013 (EIU report) 8, 7 %

Solde budgétaire : nd Balance commerciale : nd

Principaux clients (2010) : RDC, Afrique du Sud, UE, Botswana, Chine Principaux fournisseurs (2009) : Afrique du Sud, Etats-Unis, UE

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture :18 %,
  • mines : 23 %,
  • services : 59 %

Exportations de la France vers le Zimbabwe (2012) : 21 M€ (équipements miniers) Importations françaises du Zimbabwe (2012) : 20 M€ (produits de base)

Consulat de France : Chancellerie diplomatique à Harare Communauté française au Zimbabwe : ≈ 320 Communauté zimbabwéenne en France : nd


Politique intérieure

A la suite des violences et des élections frauduleuses de 2008, l’action de la médiation régionale de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a été décisive pour imposer un accord politique et un gouvernement d’Union nationale et a abouti en Mars 2013, à l’adoption d’une nouvelle constitution, au suffrage universel direct.

Des élections générales ont pu se dérouler sans violence, le 31 Juillet 2013, sous le contrôle des missions d’observations déployées par la SADC et l’Union africaine, cependant, des suspicions très fortes de fraudes et de manipulations ont entaché le scrutin, remettant en cause sa crédibilité.

Pour la principale organisation indépendante du Zimbabwe, 750 000 électeurs urbains auraient été absents des listes électorales, toutefois, l’écart de voix très important en faveur de Mugabe confère une certaine légitimité à sa réélection. Nonobstant les fraudes, le Zanu-pf aurait recueilli les fruits de « l’usure du pouvoir » du MDC et d’un patient travail, entamé dès 2008, de sape de l’action du gouvernement, d’achat des électeurs et des chefs traditionnels.

Sur le plan régional, la SADC a qualifié ces élections de libres, pacifiques et globalement crédibles (après retrait des termes transparentes et justes), et appelle à la levée des sanctions. L’Union africaine a qualifié le scrutin de plutôt juste, tout en disant ses préoccupations.

Sur le plan international, les Etats-Unis ont immédiatement annoncé le maintien de leurs sanctions.

Le Royaume Uni a agi auprès de ses partenaires pour assurer le maintien des sanctions européennes, telles que revues en février 2013 (mesures restrictives contre dix personnes physiques, dont Robert Mugabe).

Discrète et solidaire de l’UE, la France n’a pas envoyé de message de félicitations à Robert Mugabe, n’a pas dépêché son ambassadeur à l’investiture, s’est abstenue dans le débat sur les sanctions à Bruxelles.

La communauté internationale attend à présent, le rapport complet des observateurs de la SADC et de l’UA.


Situation économique

Basée sur l’exploitation d’abondantes ressources minières (platine, charbon, or, diamant, chrome, nickel, cuivre, fer…) et agricoles, l’économie a connu une phase de libéralisation (1991-1996) avant d’être confrontée à une crise économique profonde depuis 1999. La déstabilisation a résulté de politiques budgétaires non soutenables, de l’intervention militaire en RDC en 1998, puis d’une réforme agraire pensée en termes politiques. L’économie nationale s’est contractée d’environ 40 % entre 1998 et 2008, et la production agricole a diminué de moitié.

Fin 2008, l’inflation aurait, selon le FMI, dépassé le Md de %. Cette situation a conduit les autorités à mettre temporairement la monnaie nationale (dollar zimbabwéen) à l’écart et à « dollariser » l’économie. Depuis l’automne 2008, les échanges s’effectuent principalement en dollars US et en rand sud-africain.

L’économie zimbabwéenne conserve toutefois des atouts. Les deux principaux sont les infrastructures (routes, bâtiments.) et une population instruite. A cet égard, le retour de la diaspora (environ 4 millions d’émigrés principalement en Afrique du Sud) constitue un important défi.

Le pays a renoué en 2009 avec la croissance (4 %) à la faveur de la constitution du gouvernement d’union nationale. La croissance s’est accélérée en 2010 (9 %) et 2011 (9, 3 %), grâce aux bonnes performances des secteurs minier et agricole. Cette reprise économique reste toutefois fragile (insuffisance des recettes budgétaires et des réserves de change qui ne couvrent que 10 jours d’importation).

Les tensions qu’a connu le gouvernement d’union nationale avant les échéances électorales de juillet 2013 ont affecté la reprise économique (3,1% en 2012, prévisions de 2, 2 % en 2013).

L’importante dette accumulée depuis 1997 contraint le pays à une certaine rigueur budgétaire. La menace d’un durcissement de la législation sur « l’indigénisation » des entreprises étrangères (détention de 51% du capital par des citoyens zimbabwéens de souche) brandie par la ZANU, dissuade les investisseurs étrangers, cependant, le nouveau gouvernement, notamment, par l’intermédiaire de son nouveau ministre des finances, Chinamasa, s’est engagé à plusieurs reprises, dans une voie d’ouverture au plan économique, (protection des investissements, exonération d’application de la politique d’indigénisation pour les compagnies apportant expertise et/ou capital).

Une assistance technique du FMI, (Staff Monitered Programme), est actuellement en cours, afin de remédier, progressivement au problème de la dette. Le Zimbabwe s’est engagé à remplir les conditions du SMP, au premier trimestre 2014.


Politique extérieure

La diplomatie zimbabwéenne a deux traits principaux : la solidarité avec les frères d’armes, notamment les anciens membres de la Ligne de Front, devenue Communauté pour le Développement de l’Afrique australe (SADC), et l’opposition aux pays qui ont pris des sanctions à l’encontre du Zimbabwe suite aux graves violations des droits de l’homme commises en 2001.

Le Zimbabwe entretient des relations étroites avec ses anciens alliés de La Ligne de Front (Angola, Botswana, Mozambique, Tanzanie et Zambie)

Devenue SADC en 1992, celle-ci compte aujourd’hui 15 Etats membres, dont l’Afrique du Sud. Première puissance politique et économique régionale, ce pays a été désigné, par la SADC, dès mars 2007, en qualité de « facilitateur » dans la crise zimbabwéenne.

La mission a été confiée au Président Mbeki jusqu’en novembre 2009, puis le Président Zuma a désigné trois de ses proches conseillers pour assurer le suivi. L’Afrique du Sud a salué la victoire de Robert Mugabe, qualifiant l’élection de réussie, pacifique, exprimant la volonté du peuple, mais a reconnu en privé ses limites. L’Afrique du Sud souhaite contribuer à la reconstruction du pays, afin notamment de maîtriser les flux migratoires en provenance du Zimbabwe (jusqu’à –3 millions de Zimbabwéens se seraient établis en Afrique du Sud.

La Chine, qui a soutenu les aspirations de la Rhodésie du Sud à l’indépendance, est devenue un partenaire incontournable dans pays isolé par les sanctions occidentales. Les liens entre les deux pays sont principalement de nature politique et économique (achat de tabac par Pékin, intérêts chinois dans les mines, vente d’armes et de véhicules au Zimbabwe).

Les graves violations des droits de l’homme commises, en particulier dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme agraire en 2001, ont conduit un certain nombre de pays à prendre des mesures à l’endroit du Zimbabwe (Union européenne, Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande). Ces mesures ont pour objet de sensibiliser les autorités zimbabwéennes à la nécessité de rétablir au plus vite l’Etat de droit et le respect des libertés fondamentales.


Mise à jour : 29.11.13