Russie



L’enseignement supérieur russe, qui avait été profondément mis à mal par la période de transition qui a suivi l’éclatement de l’URSS, a profondément évolué ces dernières années. Les universités russes doivent néanmoins encore faire face à plusieurs défis hérités de cette période, et font l’objet de réformes régulières, et tout particulièrement depuis 2009.

Bien que devenu progressivement payant dans la majorité des EES, y compris publics, l’enseignement supérieur a connu une forte massification : en 1993-1994, on comptait 626 EES pour 2,6 millions d’étudiants, en 2012, 1080 EES pour 6,5 millions d’étudiants. En effet l’accès à l’enseignement supérieur a été élargi, notamment avec l’ouverture d’EES privés (446 EES privés et 634 EES publics recensés en 2012), tandis que les diplômes ont servi de valeurs refuge en période d’incertitude. La course aux diplômes a affaibli l’ensemble du système en contribuant à la baisse de la qualité de certaines formations et à la dévaluation des diplômes

En outre, force est de constater une inadéquation entre les formations proposées et les besoins réels de l’économie : les universités forment plus de juristes, de financiers et de managers (formations très populaires chez les jeunes Russes) que d’ingénieurs ; en même temps, plus de la moitié des diplômés travaillent dans un domaine étranger à leur formation. Le gouvernement tente de répondre à ce problème par une politique d’incitation vers les filières jugées prioritaires (par exemple, en augmentant le nombre de places de boursiers dans les formations en sciences de l’ingénieur et, inversement, en réduisant ce nombre dans les formations en management mais aussi en sciences humaines). Cette problématique de la formation des cadres prend une tournure cruciale au regard de la crise démographique du pays : selon certaines estimations, le nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur devrait chuter à 5,5 millions en 2015 (le pic du nombre d’étudiants ayant été atteint en 2008, avec 7,5 millions).

Enfin, l’enseignement supérieur russe est, lui aussi, soumis aux pressions de la concurrence internationale. Sa perte d’attractivité, notamment auprès de son public traditionnel, les étudiants issus des pays de la CEI, en est un symptôme éloquent. En 2011, la Russie ne recevait que 3,7% des flux d’étudiants étrangers en mobilité. Des mesures ont été prises pour favoriser l’intégration internationale du payscomme l’adhésion au système européen de l’enseignement supérieur et au processus de Bologne, ou encore la reconnaissance automatique des diplômes délivrés par 200 universités étrangères, sélectionnées par le gouvernement selon leur palmarès dans trois classements internationaux de type Shangaï (5 EES français seulement sont compris dans cette liste). Mais si la Russie peut se féliciter d’un niveau général élevé de formation, la faible productivité de sa recherche (0,1% des brevets délivrés par le bureau américains des brevets USTPO) et de son économie (67ème économie en 2012 selon l’index de compétitivité calculé par le Forum économique mondial de Davos) est toujours pointée du doigt. La modernisation du système de formation est devenue, à cet égard, une priorité nationale.

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Mise à jour : 24.12.13