Présentation



Données générales

Nom officiel : Royaume du Bahreïn Nature du régime : royaume Chef de l’Etat : Cheikh Hamad bin Issa AL KHALIFA


Données géographiques

Superficie : 711 km² répartis sur 33 îles, dont certaines inhabitées Capitale : Manama Villes principales : Muharraq, Riffa, Jidhafs, Hamad Town, Isa Town Langue officielle : arabe Monnaie : dinar bahreïnien Fête nationale : 16 décembre


Données démographiques (source : Banque mondiale)

Population : 1,23 million d’habitants (2013) Densité : 1851 hab/km² (2013) Croissance démographique : 2% en 2013 Espérance de vie : 78 ans (2013) Taux d’alphabétisation : Pas de données Banque mondiale au-delà de 2010 (93 % (H) 90 % (F)) Religions : islam, religion officielle : chiisme et sunnisme, christianisme (nombreuses congrégations pour la population immigrée) Indice de développement humain (2013) : 0,806 (42ème rang)


Données économiques (source : FMI, perspectives économiques mondiales, avril 2013)

PIB (2012) : 27,03 milliards de dollars (estimation) PIB par habitant (2012) : 23 476 dollars (estimation)

Taux de croissance (2012) : 3,9 % (estimation) Taux de chômage (2012) : 4 % (estimation FMI) Taux d’inflation (2012) : 1,2 % (estimation)

Solde budgétaire (2012) : 2,6 % du PIB (estimation) Dette publique (2012) : 33,7% du PIB (estimation) Part du secteur hydrocarbures (2012) : 25 % du PIB

Exportations de la France vers le Bahreïn (2013) : 138,5 millions d’euros Importations françaises du Bahreïn (2013) : 285 millions d’euros Balance commerciale (2013) : - 146 millions d’euros

Section consulaire de France : Manama Communauté française au Bahreïn (1er décembre 2013) : 968 Français inscrits


Politique intérieure

Le Bahreïn connaît depuis longtemps des tensions politiques et sociales, qui recoupent assez nettement le clivage entre sunnites et chiites. Frontalier de la région du Hassa en Arabie où se trouve l’essentiel de la minorité chiite saoudienne (environ 15 % de la population), le royaume a engagé depuis dix ans un processus d’ouverture démocratique visant à mieux intégrer les chiites dans le jeu politique (adoption par référendum en 2001 d’une Charte nationale, mise en place en 2002 d’un Conseil consultatif et d’une Chambre des députés élue au suffrage universel). Les chiites continuent cependant de dénoncer des actes de discrimination (chômage important, difficultés à l’embauche dans l’administration, restrictions pour l’accès au logement) et jugent les réformes nettement insuffisantes (découpage défavorable des circonscriptions, faibles prérogatives pour le conseil élu).

La crise que connaît le Bahreïn depuis le 14 février 2011 s’est développée en trois temps : d’abord une forte mobilisation de l’opposition chiite entre le 1er février et le 14 mars 2011, suivie d’une violente répression à partir du 14 mars 2011 (le Bahreïn a même reçu des renforts militaires des pays du CCEAG et mené une vaste campagne d’arrestations d’opposants) et enfin plusieurs tentatives, successivement avortées, de reprise d’un dialogue politique depuis l’été 2011.

A l’automne 2011, une commission d’enquête indépendante (« Bassiouni ») a été mandatée par le Roi afin de déterminer la nature des violations survenues et d’en désigner les responsables. Les recommandations qu’elle a remises le 23 novembre 2011 (programme de « réconciliation nationale », identification et sanctions des personnels de sécurité coupables de violations des droits de l’Homme, réintégration des travailleurs licenciés, refonte de la loi sur la presse et les médias, …) constituent encore aujourd’hui la base des négociation en cours entre le régime et les partis d’opposition.

Le 15 janvier 2014, le pouvoir et l’opposition se sont accordés sur un nouveau cadre pour la reprise des négociations. Cinq points précis ont été retenus pour les discussions : la réforme législative, celle de l’exécutif, la refonte du système judiciaire, la révision de la carte électorale, ainsi que les questions de sécurité et d’ordre public.

Malheureusement, un attentat à la bombe a coûté la vie à trois policiers le 3 mars dernier, et suscité une forte émotion dans tout le pays (jour de deuil national décidé par le Roi, condamnation unanime par l’ensemble de la classe politique). Ce climat difficile, qui dresse les communautés les unes contre les autres et radicalise les positions, complique évidemment la reprise du dialogue politique.


Situation économique

Comparé aux autres pays du CCEAG, le Bahreïn présente des spécificités notables : une faible part des hydrocarbures dans la formation du PIB (29 %, soit 200.000b/j de pétrole) et une stratégie de diversification dynamique autour de trois priorités : l’aluminium, la qualité des services financiers et le tourisme, principalement en provenance d’Arabie Saoudite. En effet, conscientes du tarissement de leurs ressources en hydrocarbures, les autorités de Manama ont, dès les années 1980, mis en œuvre un plan de diversification de l’économie, dont l’une des pierres angulaires a été le développement d’un centre financier à vocation régionale.

De plus en plus concurrencée par l’essor des places financières offshore des pays voisins (le DIFC à Dubaï et, à un degré moindre, le QFC au Qatar), la place de Manama a choisi de privilégier deux axes de développement pour se différencier : la finance islamique et un dispositif performant de régulation et de supervision susceptible d’attirer les acteurs internationaux. A la fin de l’année 2013, le secteur financier regroupait 402 institutions, employant 14 000 personnes et représentant un peu moins de 15% du PIB, soit le niveau le plus élevé parmi les pays du Golfe.

Le pays dispose en outre d’un fonds souverain (Mumtalakat) évalué à 8 milliards de dollars environ.

La persistance de tensions politiques non résolues risque d’affecter la confiance des investisseurs et de faire perdre au royaume son avantage compétitif dans un environnement régional à la fois instable et très concurrentiel. Alors que Bahreïn n’avait pas de concurrent sérieux dans la région jusqu’au milieu des années 2000, tel n’est plus le cas aujourd’hui.

Ainsi, le classement opéré par Global Financial Centres Index en janvier 2014 plaçait le Qatar à la 24ème place, Dubaï à la 25ème place et le Bahreïn à la 52ème place à la fin de l’année 2013.


Politique extérieure

Les relations avec l’Union européenne et les Etats-Unis

Le Bahreïn entretient des relations privilégiées avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. La première a exercé son protectorat sur l’île jusqu’en 1971 tandis que les seconds lui ont accordé en 2001 le statut d’« allié majeur hors OTAN ».

Manama accueille le commandement de la Ve flotte américaine et le Commandement central des Forces navales (USNAVCENT).


Les relations avec les autres pays du Golfe

Le royaume a noué des liens étroits avec l’Arabie saoudite, à laquelle il est relié par un pont-digue de 25 km. Outre l’aide pétrolière qu’elle lui fournit (environ 150.000 b/j), l’Arabie représente l’essentiel de ses entrées touristiques, ainsi qu’un débouché substantiel pour sa production d’aluminium. L’alignement sur les positions saoudiennes est une constante de la politique étrangère bahreïnienne, comme l’illustre le soutien en décembre 2013 de Manama à la proposition de Riyad de faire évoluer le CCEAG vers une Union plus intégrée. La crise actuelle risque, en outre, de renforcer la dépendance du Bahreïn vis-à-vis de l’Arabie saoudite, déjà très forte sur le plan économique et financier.

Les relations entre Doha et Manama (qui exerçait jusqu’à la fin du XIXème siècle sa souveraineté sur le Qatar) demeurent difficiles. Doha refuse de fournir du gaz à son voisin qui se tourne vers la Russie et a suspendu, en juin 2010, le projet de pont-digue devant relier les deux pays. L’arrivée au pouvoir d’un nouvel Emir à Doha, en juin 2013, est pourtant susceptible de faire évoluer ces lignes.

Avec l’Iran, les relations se sont considérablement tendues. Malgré les conclusions du rapport Bassiouni (qui exonère Téhéran de toute responsabilité dans les troubles), les autorités du Golfe et les pays du CCEAG accusent les autorités iraniennes et le Hezbollah d’encourager les troubles que connaît le pays. En retour, l’Iran a émis de vives critiques sur la situation au Bahreïn. Les Ambassadeurs des deux pays ont été rappelés.


Dossiers régionaux

Aux prises avec ses propres difficultés intérieures, le Bahreïn est resté discret dans le dossier syrien. Il soutient officiellement les initiatives de ses voisins du Golfe (Arabie saoudite et Qatar).


Divers

Enfin, le Bahreïn apporte une contribution remarquée aux débats consacrés aux questions de sécurité dans la région du Moyen-Orient en organisant chaque année, depuis 2004, un forum très suivi : le « Manama Dialogue ». La dernière édition s’est tenue du 6 au 8 décembre 2013.


Mise à jour : 14.04.14