Note de cadrage de la table ronde du 12 février 2013 : les énergies renouvelables



L’énergie durable, un enjeu au cœur de la politique de développement durable

Aujourd’hui, plus de 1,3 milliard de personnes dans le monde, principalement en Afrique subsaharienne et en Asie, n’ont pas accès à l’électricité. Or l’accès à des services énergétiques modernes, fiables, abordables et durables est une condition de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement et de l’éradication de la pauvreté. L’énergie s’avère en effet indispensable pour soutenir un développement économique et social durable des usages productifs (irrigation pour l’agriculture, réfrigération, force motrice,…) et des services sociaux de base tels que l’éducation et de la santé. La fourniture d’un service électrique ouvre par ailleurs l’accès à de nouveaux services à forte valeur d’usage comme les télécommunications et l’information (téléphonie, audiovisuel et informatique).

Pourquoi une énergie « durable » ? Dans un contexte contraint par la rareté des ressources et menacé par des risques environnementaux et climatiques croissants, l’énergie durable passe par la priorisation des sources renouvelables et de l’efficacité énergétique, elle participe à la réduction de la dépendance aux énergies fossiles qui fragilise les pays en développement et elle contribue à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre (GES). En outre, une plus grande mobilisation de l’énergie verte grâce à la valorisation des ressources énergétiques locales est susceptible de créer des emplois et de nouvelles activités génératrices de revenus dans les pays en développement.

Il s’agit d’un enjeu au cœur de la politique d’aide au développement de la France qui entend contribuer à l’action globale menée dans le cadre de l’Initiative "Energie durable pour tous" (SE4All) du Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, laquelle propose à l’horizon 2030 d’atteindre :

 un accès universel aux services énergétiques modernes ;

 un doublement de la part des renouvelables dans le mix énergétique ;

 un doublement du taux annuel de l’efficacité énergétique.

Quelles approches innovantes pour amener de l’électricité propre et durable dans les pays du Sud ?

Dans ce contexte, un enjeu réside dans le déploiement de technologies, grâce à l’innovation et à des modèles économiques viables et largement duplicables, pour contribuer à l’amélioration de l’accès à l’énergie durable au Sud.

Ainsi, les Participants à la table ronde sont-ils invités à prendre position sur les questionnements suivants :

 Quelles sont les conditions de réussite et les obstacles rencontrés par les modèles qui ont fait leur preuve au Nord ou au Sud et comment les transposer en fonction des contextes spécifiques des pays ?

 Quelles sont les innovations les plus porteuses pour faciliter l’accès à l’énergie durable dans les pays en développement ? Comment encourager ces modèles innovants ?

 Quelles sont les conditions d’une bonne transposition technologique ?

 Comment favoriser l’émergence de R&D dans le Sud ?

 Quels sont les équilibres internes à favoriser selon chaque type de pays, ses forces et ses faiblesses, afin d’amorcer ce cercle vertueux ?

 Comment favoriser la mise en place de ces équilibres ?

 Quelles sont les meilleures stratégies qui couplent efficacité énergétique et énergies renouvelables ?

 Quel rôle les pouvoirs publics peuvent-ils avoir pour accompagner la mise en œuvre de ces innovations ?

 Quelles ressources financières et quels modèles pour concilier des coûts d’investissement initiaux élevés avec les niveaux de tarifs applicables dans les pays du Sud ?

 Quels sont les modèles de financement des études qui donnent naissance à des projets d’énergies renouvelables viables ?

 Quel équilibre des financements entre Public et Privé, et comment développer les modèles public/privé des projets ?

 Quels modèles de microfinance sont adaptés aux énergies renouvelables pour l’électrification rurale ou périurbaine ?

 Comment créer les conditions permettant d’assurer une bonne appropriation de ces innovations et la durabilité des projets dans les pays du Sud ? Quels sont les besoins en accompagnement, renforcement de capacité et assistance technique qui apparaissent ?

 Quelle organisation optimale pour l’exploitation et la maintenance des installations d’énergies renouvelables ?

 Comment gérer l’obsolescence des technologies et la mise à niveau des installations d’énergies renouvelables ?

 Comment assurer la connexion et la mise à niveau des infrastructures électriques et des réseaux existants ?

 Quelles bases d’infrastructures faut-il mettre en place pour intégrer de nouvelles installations d’énergies renouvelables ?

Les différents acteurs (administrations, bailleurs, secteur privé, ONG, collectivités territoriales, institut de recherche, chambre de commerce, etc.) seront invités à intervenir pour faire part de leur expérience et de leur réflexion sur ces différents questionnements.

Une Brochure de cadrage détaillant les questionnements et donnant des exemples est postée dans la rubrique « Ressources » du site, pour enrichir leur réflexion et leur préparation en vue de cette table ronde.

D’autres constats, d’autres questionnements sont attendus au-delà de cette première liste non-exhaustive. Ces contributions des participants sont souhaitées et attendues en amont de la réunion. Elles peuvent être envoyées directement à partir du site.

Par ailleurs, les participants trouveront sur le site des Assises des éléments généraux pour alimenter les débats dans les jours précédents la réunion du 12 Février 2013 (partie « Ressources » de la page consacrée au Chantier 5), notamment la Brochure de Cadrage, un jeu d’études génériques, de fiches et études de cas illustrant les différents modèles mentionnés dans cette note.