Le mécénat d’entreprise à l’international (01/02/2013) - par Laure CHAUDEY pour Admical



L’apport du mécénat d’entreprise en France dans la solidarité internationale

La dimension internationale d’un groupe, lorsqu’il est un acteur engagé, peut faire la différence sur des causes d’intérêt général. Son déploiement mondial, ses moyens humains et financiers, son expertise représentent un véritable potentiel de collaboration efficace sur des projets extraterritoriaux.

Dans l’ouvrage Mécènes sans frontières, comment les entreprises s’engagent à l’international (édition Admical), plusieurs exemples d’entreprises reflètent l’intérêt de nouer des partenariats à l’échelle internationale. Le maillage des implantations internationales du groupe Orange présent dans plus de 30 pays avec un réseau de 15 fondations et un budget global de mécénat d’environ 20 millions d’euros par an, lui permet de s’engager dans des problématiques (santé handicap, éducation et culture) portées par l’ensemble des filiales et des collaborateurs.

De son côté, depuis 2011, AXA s’est orienté vers la recherche et l’éducation pour la réduction des risques. Ce choix de mécénat permet d’étudier l’évolution des schémas de précipitation et leur impact sur les flux migratoires et les risques d’insécurité alimentaire de populations vulnérables, et de mettre en place des réponses adaptées. La fondation Veolia s’inscrit dans la même démarche globale à travers son action de lutte contre le choléra. Après avoir mené des études épidémiologiques sur le choléra et des études hydrauliques, la fondation a impulsé en 2010 la naissance de la Global Alliance Against Cholera dont l’objectif est d’éliminer cette maladie. Ce qui apparaît précurseur est l’action préventive qui vise à faire disparaître cette maladie “à la source”. La solidarité se traduit aussi par des objectifs ambitieux en terme d’insertion par l’emploi, d’ici à 2015, Accenture s’est engagé à développer les compétences de 250 000 personnes dans le monde, pour les aider à s’insérer plus facilement sur le marché du travail ou à créer leur entreprise.

Les freins constatés dans le développement d’un mécénat international

L’enquête Admical/CSA de 2012, a souligné la baisse des budgets et du nombre d’entreprise impliquées dans le domaine de la solidarité internationale (intervention d’urgence et aide au développement uniquement), seulement 7 % des 239 entreprises mécènes interrogées, et 2 % du budget global y sont affectés, soit environ 38 millions d’euros.

Par ailleurs, l’enquête confirme que la solidarité internationale reste un domaine privilégié par les entreprises de plus de 200 salariés, la part des entreprises de plus de 100 salariés est plus importante parmi les mécènes de la solidarité internationale (26 %), que parmi les entreprises mécènes, tous domaines confondus (16 %).

Les entreprises françaises ont besoin d’un cadre légal et fiscal clair pour pouvoir continuer à développer leurs actions à l’étranger. Or le dispositif fiscal français, pourtant incitatif, est source de complexité et d’insécurité. Le projet d’instruction fiscal paru en février 2012 qui avait pour objectif de clarifier la doctrine en la matière a révélé des difficultés d’application du fait de la restriction des domaines éligibles par rapport aux règles nationales et de la traçabilité des circuits du don, les acteurs intermédiaires redistributeurs ou opérationnels n’étant pas clairement examinés.

Compte tenu du rôle important de la philanthropie privée (individus et entreprises) dans la solidarité internationale, il est important de mieux valoriser politiquement l’aide privée en tenant compte des complémentarités qui existent avec les politiques publiques.