La France encourage le projet spatial Ariane 6 (Janvier 2013)



Et de six ! Un lanceur de nouvelle génération Ariane est en phase de définition. La fusée destinée au lancement de satellites de communication est attendue en 2021, en partie grâce à l’expertise française dans le domaine du spatial.



Le 21 novembre dernier, les ministres des 20 Etats membres de l’Agence spatiale européenne étaient réunis à Naples pour prendre des décisions stratégiques sur l’avenir du spatial en Europe.

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Photo : Arianespace

A l’issue de cette rencontre, une enveloppe budgétaire de dix milliards d’euros a été décidée, sur cinq ans, pour l’ensemble des programmes spatiaux européens. 300 millions d’euros seront spécialement affectés aux études de conception d’Ariane 6, le lanceur qui devrait succéder à Ariane 5. Ce projet est notamment soutenu par la France et Arianespace, la société européenne chargée de la commercialisation et de l’exploitation des systèmes de lancement spatiaux développés par l’Agence spatiale européenne.

Comme l’a déclaré la ministre française de la Recherche, Geneviève Fioraso, « l’évolution vers Ariane 6 a été actée, avec l’objectif d’un lanceur plus robuste et mieux adapté à l’évolution du marché, tout en optimisant la transition pour garantir les emplois et les compétences industrielles ». Une étape de transition avec le programme Ariane 5 ME (mid-life evolution), version améliorée d’Ariane 5, est donc prévue dans l’accord signé à Naples. Le programme définitif sera décidé par le Conseil ministériel de l’Agence spatiale européenne en 2014.

Une offre plus adaptée

Sur le plan technique, Ariane 6 aurait notamment l’avantage d’être modulable en fonction de la charge à lancer – entre deux et huit tonnes. Le lanceur serait également en mesure de transporter un seul satellite, ce qui permettrait de répondre plus rapidement à la demande d’un client, sans attendre la commande d’un second satellite.

Arianespace entend aussi réduire les coûts de fabrication et rendre l’offre plus flexible. Ainsi, Ariane 6 ne serait constituée que d’un seul étage qui serait ré-allumable. Cette conception devrait permettre de réduire la facture de 170 millions d’euros actuellement à 70 millions d’euros pour Ariane 6.

Selon le PDG d’Arianespace, Jean-Yves Le Gall, « Ariane 5 est aujourd’hui dans sa phase de maturité, Ariane 6 sera le lanceur de la prochaine décennie ». Le lancement inaugural de la nouvelle fusée serait programmé pour 2021 ou 2022.

Les industriels français aux manettes

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Photo : Arianespace

Pour la France, le programme Ariane concerne des milliers d’emplois et des compétences industrielles majeures. En effet, le groupe français Astrium est aux commandes de la réalisation de la fusée. La filiale du groupe EADS emploie 18 000 salariés. Elle voit dans ces projets une marque de la véritable consolidation de l’avenir du spatial européen.

Pour l’actuelle Ariane 5, le groupe se charge notamment d’assembler le premier étage de la fusée dans son usine des Mureaux en région parisienne. Il travaille sur la conception du réservoir en lien avec Cryospace, filiale à 55 % d’Air liquide et à 45 % d’Astrium. Plusieurs composants d’Ariane sont fabriqués par d’autres entreprises françaises comme Snecma, filiale de Safran, en charge des moteurs Vulcain. Au total, près de 200 entreprises participent à la fabrication de cette colossale fusée de 770 tonnes.

Kourou : « the place to be »

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Photo : Arianespace

Pour éviter les risques inhérents aux opérations de transport, les propulseurs à poudre de la fusée, conçus par Europropulsion (Snecma et l’italien Avio), sont assemblés directement sur le site de Kourou. C’est là qu’est établi, depuis 1973, le centre spatial guyanais, base de lancement des fusées européennes. Les lanceurs Ariane sont propulsés de cette base, tout comme les fusées Vega, dotée d’une capacité inférieure de lancement (1,5 tonne) et le russe Soyouz, d’une capacité intermédiaire.

Le Centre national d’études spatiales (CNES), Arianespace et l’Agence spatiale européenne, gérants du site, possèdent une gamme complète de lanceurs. Après un total de dix lancements prévus en 2012, la société Arianespace a programmé une douzaine de tirs à Kourou en 2013.

Barbara Leblanc

Site Internet :arianespace.com