Comment rendre cohérent le développement via l’aide publique au développement sans nuire au développement dans notre pays ? (07/01/2013) - par Marc BIED-CHARRETON, Professeur émérite d’économie, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines



En 2011 l’agence française de développement (AFD) a accordé un prêt de 150 M€ au Maroc dans le cadre de la mise en place de plate formes industrielles intégrées et de technopoles. Concrètement cela veut dire que l’on soutient la création au Maroc, dans la région de Casablanca, de centres d’appels téléphoniques et de sociétés de services en informatique. Mais cela veut dire aussi indirectement ou directement que l’on encourage ainsi des sociétés françaises à délocaliser leurs centres d’appels téléphoniques en matière d’assistance informatique à distance ou en matière d’assistance en assurance par exemple. Il y a déjà des mouvements importants pour délocaliser hors de France ces activités, ce genre de projets ne peut qu’accélérer ce mouvement et contribuer à mettre au chômage des milliers de personnes dans notre pays. Et ce projet vient d’être confirmé par le Premier ministre français lors de voyage officiel en décembre 2012 au Maroc.

Et dans le même temps nous apprenons que le gouvernement prépare des mesures pour aider les entreprises françaises à rester en France.

Quel peut donc être l’effet de tels projets totalement en contradiction, d’un côté on aide à la délocalisation, de l’autre on aide au maintien sur place. Cela est totalement ridicule et nuit gravement à l’image de la politique de notre pays, quel qu’en soit la couleur. Il conviendrait de regarder sérieusement que des entreprises françaises ne profitent pas de l’aide ainsi accordée au Maroc et que, par ailleurs, tout projet futur regarde de très près s’il n’est pas en contradiction avec des projets de développement en France.