Reconnaissance de la Palestine comme Etat non membre observateur des Nations unies



Communiqué du Président de la République (29.11.12)

L’Assemblée générale des Nations unies vient d’accorder à la Palestine le statut d’Etat non membre observateur. La France a fait un choix cohérent avec l’objectif de deux Etats vivant en paix et en sécurité, affirmé dès 1947.

Ce vote est conforme à mon engagement de soutenir la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien. Mais il ne pourra se traduire dans les faits que dans le cadre d’un règlement de paix juste et global. Pour atteindre cet objectif, les négociations doivent reprendre, sans conditions et le plus rapidement possible.

Le dialogue direct est en effet la seule voie pour trouver une issue définitive à ce conflit. La France est prête à y contribuer, en amie à la fois d’Israël et de la Palestine.

Source : elysee.fr

Palestine - statut d’état non membre observateur de l’Onu - communiqué de Laurent Fabius (30.11.12)

La Palestine a obtenu, avec le soutien de la France, le statut d’Etat non membre observateur de l’organisation des Nations Unies.

Je souhaite que cette reconnaissance soit utilisée de manière positive par les Israéliens et les Palestiniens pour relancer un processus de paix sincère.

Tout ce qui compromettrait de possibles avancées vers une solution négociée doit être évité de part et d’autre. L’exigence reste la reprise du dialogue et la négociation sans conditions préalables, en vue d’établir une paix durable garantissant la sécurité d’Israël et un Etat viable et effectif pour les palestiniens. La France soutiendra tous les efforts qui permettront de progresser en ce sens.

Illust: Mahmoud Abbas lors, 168.5 ko, 450x299
Mahmoud Abbas lors de son intervention devant l’Assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 2012 (Photo : AFP/Stan Honda)

Explication de vote de Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies (29.11.12)

"Monsieur le Président de l’Assemblée générale, Monsieur le Secrétaire général, Monsieur le Président de l’Autorité palestinienne, Messieurs les Ministres, Messieurs les Ambassadeurs, Chers collègues,

En votant aujourd’hui pour la reconnaissance de la Palestine comme Etat non membre observateur de cette organisation, la France a voté en faveur de la solution des deux Etats, de deux Etats pour deux peuples, Israël et la Palestine, vivant, côte à côte, en paix et en sécurité, à l’intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues ; en faveur d’une solution dont elle s’est faite l’avocate avant que l’ensemble de la communauté internationale ne s’y rallie ; en faveur d’une solution aujourd’hui menacée par l’impasse du processus de paix.

C’est un choix de lucidité et de cohérence.

En 1982 déjà, devant la Knesset, à Jérusalem, le Président François Mitterrand appelait à la création d’un Etat palestinien. Depuis la France n’a pas ménagé ses efforts pour promouvoir cette solution. C’est dans la lignée de cet héritage que le Président François Hollande en 2012 s’est engagé à soutenir la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien.

La France ne pouvait manquer ce rendez-vous qui est une nouvelle étape vers la solution des deux Etats ; la France ne pouvait manquer d’entendre l’appel du Président Abbas en faveur de la relance d’un processus de paix crédible ; elle ne pouvait manquer, quelques jours seulement après la nouvelle explosion de violence entre Israël et Gaza, d’accorder son plein soutien aux partenaires de la paix, quand ceux de la lutte armée tentent de l’emporter.

La démarche palestinienne arrive à un moment difficile et les répercussions pourraient en être lourdes. Mais la France appelle toutes les parties à en comprendre et à en admettre la signification première et à y répondre par la reprise des négociations et non par des représailles qui ne feraient le jeu que des extrémistes. Elle appelle également la communauté internationale, Américains, Européens et Arabes à se mobiliser pour y contribuer.

La France appelle également les Palestiniens à bâtir sur ce succès politique pour contribuer aux perspectives de la paix. Contribuer aux perspectives de la paix, c’est d’abord continuer à combattre le terrorisme et tout faire pour mettre un terme aux attaques dont Israël a été la victime ; c’est progresser, sur la base des engagements de l’OLP, vers une réconciliation inter-palestinienne sans laquelle la solution des deux Etats n’est qu’un mirage ; contribuer aux perspectives de paix, c’est surtout retourner à la table des négociations immédiatement et sans pré-conditions ; c’est enfin éviter d’ouvrir un cycle de confrontations stériles dans les enceintes internationales.

Car le plus dur est devant nous, devant eux. Il reste à donner une réalité à cette vision de deux Etats pour deux peuples. La reconnaissance internationale qu’accorde aujourd’hui cette Assemblée au projet étatique palestinien ne pourra se traduire dans les faits que par un accord, fruit de la négociation entre les deux parties sur l’ensemble des questions du statut final dans le cadre d’un règlement de paix juste et global ; d’un règlement de paix qui réponde aux aspirations légitimes d’Israël et de la Palestine. C’est un défi adressé non seulement aux deux gouvernements et aux deux peuples mais aussi à la communauté internationale. La France est prête à le relever en amie d’Israël et en amie de la Palestine.

Je vous remercie."

Source : franceonu.org

Reconnaissance de l’État palestinien - Réponse de Laurent Fabius à une question d’actualité à l’Assemblée nationale (27.11.12)

"Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Vous me posez la question du vote que, jeudi ou vendredi prochain, la France va effectuer à propos de la reconnaissance de l’État palestinien. Ce vote, nous allons le faire à la fois avec cohérence et avec lucidité. Vous savez que depuis des années et des années, la position constante de la France a été de reconnaître l’État palestinien. Cela a été vrai en 1982, avec le discours que François Mitterrand a prononcé à la Knesset. Cela a été vrai l’année dernière, lorsque la France a voté en faveur de la reconnaissance de la Palestine à l’UNESCO. Et c’est vrai, vous l’avez rappelé Monsieur le Député, dans la campagne présidentielle puisque le candidat François Hollande, dans l’engagement n°59, devenu président de la République s’était engagé dans le même sens. C’est la raison pour laquelle je vous réponds directement, jeudi ou vendredi prochain, quand la question sera posée, la France répondra oui, par souci de cohérence.

Mais en même temps, Mesdames et Messieurs les Députés, il faut faire preuve dans cette affaire de beaucoup de lucidité. D’une part, parce que le texte est actuellement en discussion et je me suis entretenu, hier matin, le président Mahmoud Abbas. D’autre part parce que, ne cachons pas que le moment où cette question va être proposée est un moment très délicat. C’est vrai, à la fois parce que le cessez-le-feu est extrêmement fragile, parce qu’il y a des élections israéliennes, parce qu’il y a un changement dans la composition de l’Administration américaine. Et puis, de toutes les façons, c’est seulement par la négociation que nous demandons, sans condition et immédiate entre les deux parties que l’on pourra aboutir à la concrétisation d’un État palestinien.

Si nous sommes à la fois cohérents et lucides, alors, nous travaillerons pour la paix."

La réponse de Laurent Fabius à l’Assemblée nationale en vidéo