Entretien de Pascal Canfin, avec la revue "Altermondes" - septembre 2012 (extraits)



Le ministre délégué chargé du Développement est revenu, dans un entretien accordé à Altermondes en septembre 2012, sur les Assises du développement et de la solidarité internationale. Extraits :

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Q - Revenons pour terminer sur les Assises du développement et de la solidarité internationale que vous avez évoquées au début de l’entretien.

R - Cela fait quinze ans qu’il n’y a pas eu d’Assises du développement et de la solidarité internationale. Depuis 1997. Je ne veux pas d’une grand-messe consultative sur une journée et puis : fermez le ban ! Je souhaite que ce soit exactement le processus inverse, c’est-à-dire des moments réguliers de concertation sur une période de temps de quelques mois, plusieurs demi-journées, sur des thèmes précis, choisis en concertation avec les acteurs. Je conçois vraiment ces assises comme un moment partenarial de discussion de fond, où on se dit tout et où aussi on fait émerger les différences d’approche entre acteurs. Parce qu’entre les ONG, les syndicats, les parlementaires, les collectivités locales… qui seront présents, tout le monde ne porte pas la même vision. Et le constat vaut entre les ONG elles-mêmes. Dans cette logique d’ouverture et de dialogue, je souhaite également associer le plus possible d’associations du Sud, notamment les partenaires des ONG françaises, pour que les échanges ne restent pas entre Français, aussi représentatifs soient-ils. Nous sommes donc en train de regarder comment le faire via les nouvelles technologies. Ma responsabilité sera de trouver le meilleur consensus possible, le meilleur point d’équilibre possible entre les visions des différents acteurs.

Q - Sur quoi les Assises vont-elles déboucher ?

R - La première chose que j’ai demandée à Coordination SUD et au CRID, lorsque je les ai reçus dans la semaine qui a suivi ma nomination, a été : « Sur quoi voulez-vous qu’on discute ? » Je ne peux pas préjuger de ce sur quoi vont déboucher nos échanges pendant les Assises. Prenons toutefois un exemple, celui de l’indicateur de l’Aide publique au développement - le fameux 0,7 % dont nous parlions tout à l’heure -, qui me semble un candidat assez évident à la discussion. Nous pourrions discuter lors des Assises autour de questions comme : Quelle transparence de cet indicateur ? Qu’est-ce qui est inclus dans son mode de calcul ? Comment le nettoyer pour enlever ce qui, aux yeux des participants, ne doit pas y figurer ? Imaginons que cette discussion parvienne à un consensus sur ce qui doit être retiré du calcul de l’aide publique au développement ou sur ce qui doit y être intégré. Je pourrais alors proposer, dans le respect des règles de l’OCDE évidemment, une modification de la composition de l’indicateur français. Vous le voyez, il n’y a pas de doctrine figée.

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