Points de presse et interventions



François Hollande

"Notre responsabilité est d’agir sur deux fronts. Le premier : définir cette approche globale, cohérente pour le développement dans une perspective de moyen et long termes. Le second front - et je prends le mot à dessein - est de faire en sorte pour que nous puissions intervenir, que les Africains puissent intervenir. Car ce sont les Africains qui ont maintenant la clé, si nous savons les soutenir, les appuyer et leur donner tous les éléments de la légalité internationale. La France, en tout cas, ne restera pas inactive. Nous ne pouvons pas supporter ces mains coupées, ces femmes violées, ces enfants déplacés. Nous ne pouvons pas admettre que des monuments qui représentent des trésors de l’humanité soient mis en pièces. Nous ne pouvons pas accepter que le terrorisme puisse se structurer sur un territoire."

"Je suis donc intervenu dans ce sens pour demander une convocation, la plus rapide possible, du Conseil de sécurité pour engager le processus, au titre de ce qu’on appelle le chapitre 7 de la Charte, permettant l’autorisation d’une force de stabilisation qui pourrait être organisé par la CEDEAO et l’Union africaine et dont la France pourrait soutenir le déploiement, sur le plan logistique. Simplement sur le plan logistique, mais c’est le plus que nous pouvons faire, dès lors que c’est aux Africains et au Africains eux-mêmes d’organiser cette intervention."

"Voilà l’enjeu : continuer à développer l’activité économique ici pour mieux faire vivre un courant exportateur de la France vers les États-Unis."

"Sur la Syrie, la France a été l’un des premiers pays à souhaiter que puisse être formé un gouvernement alternatif, rassemblant toutes les composantes qui sont, aujourd’hui, engagées dans la lutte contre le régime. Cette idée, qui n’a pas au départ été reçue comme il convenait, parce qu’il y a beaucoup de groupes, est à mon sens une stimulation à ce que cela aille beaucoup plus vite et que puisse être constitué ce gouvernement avec des personnalités représentatives et l’une d’entre elles pouvant être chef de gouvernement. Ce serait un puissant moyen y compris au Conseil de sécurité, par rapport à des pays qui aujourd’hui défendent non pas le régime mais le statu quo en pensant qu’il pourrait y avoir un risque après l’effondrement d’Assad. Ce serait la preuve que nous pourrions apporter qu’il y a une solution pour l’après Assad."

"C’est la première fois que je m’adresse à cette tribune aux Nations unies. Je le fais avec émotion parce que je mesure ce que l’ONU fait pour notre monde, ce qu’elle a été pour notre histoire. Je le fais aussi avec responsabilité car la France est membre permanent du Conseil de sécurité et a donc des devoirs. Je viens rappeler aussi à cette tribune des valeurs qui n’appartiennent à aucun peuple, qui ne sont la propriété d’aucun continent, qui ne sont le privilège d’aucune fraction de la population. Je viens parler au nom de valeurs universelles que la France a toujours proclamées, des droits qui sont ceux de tout être humain où qu’il vive : la liberté, la sûreté, la résistance à l’oppression."

Laurent Fabius

"La première étape est une réunion du Conseil de sécurité, et une résolution de ce Conseil. Notre représentant permanent, avec ses collègues, est en train de travailler à cela. J’espère que, pour ce qui concerne la résolution elle-même, c’est une question de jours. Mais je vous le dis, je reste prudent parce qu’on a été un peu échaudé dans le passé."

"Inefficacité, irréversibilité, et puis inhumanité, car nous considérons que la peine de mort par son principe même est contraire aux droits de la personne humaine. Nous avons entendu la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme revenir sur ces questions."

"Q - Que pouvez-vous dire de la réunion E3 + 3 sur l’Iran qui s’est tenue cet après-midi ?

R - Elle a été courte car nous sommes unis. Nous nous sommes accordés sur notre unité, et sur le fait qu’il faut exercer des pressions. Sur ces points, unité, pression et ouverture, le groupe E3 +3 parle d’une seule voix."

"Vous connaissez la situation au Mali, qui est gravissime, que nous avons trouvée d’ailleurs en arrivant aux responsabilités. Vous avez toute la partie nord du Mali qui est occupée par des terroristes, AQMI et d’autres organisations qui sont affiliées à AQMI. Ils contrôlent tout le nord du Mali. Ce sont des gens lourdement armés, qui ont beaucoup d’argent, lié à la fois aux prises d’otages, aux trafics de drogue etc., et ce sont des gens qui ne font aucun quartier."

"À leur création, les Nations unies ont suscité de grands espoirs. Reconnaissons que, confrontées aux intérêts nationaux - qui ne sont pas près de s’effacer -, elles n’ont jamais été en mesure de répondre totalement à ces attentes. Malgré ses faiblesses, évidentes dans le drame syrien, l’ONU demeure le pilier du multilatéralisme et un outil incontournable de régulation politique. La France est profondément attachée à cette organisation, insuffisante mais indispensable. Nous entendons contribuer aux réformes nécessaires pour lui permettre de jouer tout son rôle."

"Là encore, je veux saluer l’engagement de la Ligue des États arabes en faveur du règlement du conflit israélo-palestinien, souhaiter que très rapidement des solutions soient apportées aux difficultés financières de l’Autorité palestinienne et qu’au-delà des progrès puissent avoir lieu. Ajoutant une fois de plus qu’il n’y a pas de paix durable sans justice et qu’il n’y aura pas de paix durable dans cette région du monde si nous n’apportons pas les uns, les autres une solution à ce problème qui dure depuis des décennies."

"Oui, nous sommes évidemment très inquiets de ce qui se passe au Mali. Vous connaissez la situation : des terroristes se sont installés au nord du pays qui est donc coupé en deux. De plus, ces terroristes menacent non seulement le Mali mais l’ensemble des pays voisins. Le Mali se situe en Afrique de l’Ouest mais la menace atteint les pays d’Afrique de l’Est. Ces gens ont beaucoup de moyens financiers, des armes et appliquent la charia. C’est extrêmement dangereux."

"Face à ces défis, il me semble qu’il n’y a pas beaucoup d’attitudes possibles, il n’y en a qu’une ou deux. En tous cas, c’est l’attitude de la France. Nous devons être solidaires avec ces mouvements parce que nous savons par expérience dans chacun de nos pays où se sont produits des révolutions, même si les situations sont différentes, que les révolutions connaissent des hauts et des bas, qu’elles ne sont jamais linéaires, mais qu’il faut que nous soyons solidaires avec ce qu’il y a de meilleur dans ces mouvements. Mais en même temps, il faut que nous soyons exigeants, parce que la façon dont ces printemps arabes ont parfois dérivé montrent qu’à chaque instant, il faut être très vigilants sur un certain nombre de points centraux, qui sont les droits de la personne humaine, les droits de la femme, le refus du terrorisme, le respect des communautés, le respect des minorités. Voilà la première remarque de bon sens qui j’imagine sera partagée par l’ensemble de ceux qui sont là."

"J’ai rencontré des combattants quand je suis allé visiter les camps en Turquie et, évidemment, on les comprend. Bachar assassine son peuple et beaucoup de Syriens n’ont qu’une idée, c’est de faire en sorte qu’ils puissent vivre libres. Il est très difficile de répondre parce que ce qu’ils nous demandent, ce sont des armes."

"La France n’est pas en première ligne, elle est un facilitateur. Ce que nous voulons, évidement, c’est que le Mali puisse reconquérir son territoire d’une part. Nous savons que les terroristes installés au nord sont extrêmement dangereux, non seulement pour le Mali mais aussi pour tous les pays voisins d’Afrique, parce qu’ils sont très armés, parce qu’ils ont beaucoup d’argent. Ils sont dangereux aussi pour la France et pour l’Europe car ils ne cachent pas qu’ils veulent déstabiliser ces pays."

"Ce qui est en train de se développer au nord-mali représente un risque pour tout le monde. Moi je parle souvent de « sahelistan » c’est-à-dire l’équivalent de l’Afghanistan au Sahel. En effet, vous avez là des personnes assez nombreuses qui sont des terroristes qui ont beaucoup d’armes, beaucoup d’argent et qui font des prises d’otages. Tout cela se mêle aux trafics de drogue."

Pascal Canfin

"Quelques mots pour vous rappeler que la France est le premier bailleur au monde en matière de santé publique, lorsqu’on regarde le PIB par tête, et notamment en matière de SIDA, de lutte contre les grandes pandémies. Cet effort est un effort historique de la France. C’est un effort que nous allons continuer puisque le Président Hollande a annoncé hier à la tribune de l’Assemblée générale, la France va affecter une partie de sa taxe nationale sur les transactions financières, qui est entrée en vigueur le mois dernier, à la lutte contre le SIDA. Il y aura donc des financements additionnels qui viendront alimenter la recherche, la distribution et aussi peut-être la production de médicaments en Afrique, et notamment en Afrique subsaharienne."

"Nous devons revaloriser l’ECOSOC pour en faire véritablement l’organe de mise en œuvre de la feuille de route intégrée pour le développement durable actée à Rio. J’ajoute l’importance d’une vision inclusive, intégrée et partagée du développement durable. Pour que l’ECOSOC gagne en pertinence et en crédibilité, la société civile doit être plus fortement encore associée à ses travaux."

"Je salue l’initiative prise par l’Assemblée générale d’organiser ce premier Evènement de haut niveau sur l’Etat de droit. Un Evènement qui, comme le souligne la Déclaration solennelle que nous adoptons aujourd’hui, concerne « l’ensemble des individus, des institutions et des entités publiques et privées, y compris l’État lui-même, » un Evènement qui aura permis de démontrer le consensus international sur les fondamentaux :"

Yamina Benguigui

"Le jugement de la Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Mme Navi Pillay, est sans appel : « Les dirigeants du Mouvement du 23 Mars, a-t-elle dit, figurent parmi les pires responsables de violations des droits de l’Homme en République démocratique du Congo et dans le monde. Plusieurs d’entre eux ont un passif sordide incluant des allégations de viols de masse, de massacres et de recrutement d’enfants-soldats. Beaucoup d’entre eux sont susceptibles d’être des criminels de guerre »."

"Ce constat m’a amené à prendre une décision, à laquelle j’aimerai vous associer aujourd’hui : lancer un Forum mondial des Femmes francophones qui sera un lieu de débat, pour accroître la visibilité des femmes, mais qui sera aussi un lieu de transmission des valeurs garantes d’égalité et de solidarité dont elles sont privées. J’en parlerai tout à l’heure avec Michelle Bachelet, présidente d’ONU Femmes, et également avec Leïla Zerrougui, Représentante du Secrétaire général des Nations unies pour les enfants dans les conflits armés."