Rio+20 - Entretien de Pascal Canfin, ministre chargé du Développement avec le quotidien "20 Minutes" (12 juin 2012)



Q - Que va défendre la France à Rio ?

R - La France a trois priorités. D’abord, obtenir la mise en place d’une Agence des Nations unies pour l’environnement, afin de coordonner l’ensemble des discussions internationales. Ensuite, développer les financements innovants .Je pense, bien sûr, à La taxe sur les transactions financières, mais aussi à d’autres outils comme la vente aux enchères des quotas carbone. Troisième priorité : l’agenda post-Rio… Il faut faire en sorte que La politique de développement soit imprégnée des principes du développement durable.

Sur ces trois points, le gouvernement français est très actif. On ne va pas forcément gagner, mais le combat, mené en lien avec la diplomatie européenne, n’est pas du tout perdu d’avance.

Q - Le président de la République a banni la Françafrique. L ’Afrique reste-t-elle néanmoins une priorité ?

R - L’Afrique n’ est plus une chasse gardée d’il y a vingt ans. Cette idée a disparu sur Le terrain, les investisseurs et ONG français sont en concurrence avec Les Chinois, Brésiliens, Britanniques, Allemands… Il n’ y a plus de relations mécaniques de La France avec ses anciennes colonies. Mais nous devons être présents pour soutenir Le continent émergent du XXle siècle, qui est aussi le Lieu où la communauté internationale a le plus échoué dans la lutte contre la pauvreté : la moitié des enfants de moins de 5 ans ont des problèmes de croissance. Cela passe par un nouveau modèle de partenariat, normalisé.

Q - Vous êtes connu pour vos engagements contre les paradis fiscaux et la finance dérégulée, votre marge de manoeuvre ne va-t-elle pas se réduire maintenant que vous êtes ministre ?

J’ai été eurodéputé (Vert) et un des négociateurs sur des textes européens qui encadrent La finance. J’ai mené des négociations sur des sujets compliqués. Il ne faut pas oublier son idéal, mais il faut être capable d’avancer pas à pas. On n’imposera rien à la Chine, ni à l’Inde. Ça c’est fini. Il faut trouver des compromis.