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Collections iconographiques : présentation générale

L’origine des fonds

C’est au lendemain de la deuxième guerre mondiale que les photographies et les estampes conservées au ministère des Affaires étrangères furent rassemblées dans un fonds spécifique. Avant cette date, ce type de documents était conservé soit à la bibliothèque, soit au "musée des Archives diplomatiques".

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Auguste Pavie

Le musée, strictement réservé aux diplomates et à quelques visiteurs favorisés, avait été créé en 1902 et inauguré par Théophile Delcassé en 1906. Occupant alors les deux grands vestibules de la bibliothèque du Quai d’Orsay, il avait été constitué à partir des dons effectués par le cabinet du ministre, par l’administration des Beaux-Arts et par plusieurs agents tels le consul orientaliste Auguste Boppe ou l’explorateur Auguste Pavie. A côté des tableaux et gravures ayant pour sujet l’histoire diplomatique, des portraits des ministres, la plupart accompagnés d’un fac-similé de leur écriture, le musée rassemblait alors des bustes représentant les grands noms de la diplomatie française, des médailles, des sceaux et des cachets anciens, des objets tels que des éventails souvenirs de la guerre d’indépendance américaine ou encore la bague dite de Naundorff utilisée par le ministre Jules Favre pour sceller le Traité de Francfort (1871).

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Mission du comte de Morny à Moscou

Le catalogue sommaire des objets formant le musée des Affaires étrangères, publié le 15 octobre 1902 lors de la constitution de la société qui en assurait la gestion, fait état de quelques « belles » photographies représentant les membres du Congrès de Paris de 1856, la mission du comte de Morny à Moscou (1856), le cabinet du comte Walewski (1860), des vues de l’Indochine rapportées par la mission Pavie dans les années 1880.

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Le Myre de Vilers

Mais plus encore qu’au musée, c’est à la bibliothèque du Quai d’Orsay qu’incomba la gestion des collections de photographies puisque c’est à elle, et non pas au service des Archives, que furent donnés de très nombreux albums de photographies tels que ceux de Le Myre de Vilers, résident général en Cochinchine puis Madagascar (1882-1888). Cela étant, cette dualité Musée-Bibliothèque, assez proche de celle qui existe au musée de l’Homme entre la photothèque et la bibliothèque, porta quelques préjudices aux photographies et notamment aux albums. En effet, autant il est aujourd’hui facile de connaître l’origine des albums donnés à la bibliothèque grâce à l’enregistrement qui en était systématique effectué, autant cela s’avère dans bien des cas impossible pour les photographies remises au musée au cours de l’entre-deux-guerres.

La création du fonds iconographique au Quai d’Orsay

Demeuré au Quai d’Orsay pendant l’occupation allemande, le Musée des Archives diplomatiques fut victime de pillages et de détériorations dont il est difficile de préciser l’ampleur. Après la guerre, les épaves furent rassemblées dans un fonds iconographique nouvellement créé où les photographies, au même titre que les estampes, furent classées selon un cadre de classement : portraits, conférences internationales, traités, etc.

La constitution d’une iconothèque n’avait pas seulement pour but de remplacer l’ancien Musée dont le caractère superflu n’échappait à personne, notamment en raison de la pénurie de locaux. Dès l’entre-deux-guerres, la direction des Archives s’était trouvée confrontée à l’accroissement des fonds photographiques qui n’avaient reçu, ni à la Bibliothèque, ni au Musée, le lieu idéal à leur conservation. Cet accroissement qui allait se confirmer après la deuxième guerre mondiale, était principalement dû à deux causes : les travaux de classement des fonds de la correspondance politique, les dons de papiers de diplomates.

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La garde du "Kersaint" à la légation
de France à Séoul durant la guerre russo-japonaise en juillet 1904
Au premier rang : MM. Olive, Berteaux, Chancelier,
Collin de Plancy, ministre de France, Eugène Bradier, élève interprète
Archives Paris / Collection Collin de Plancy
identification : A000007
© ministère des Affaires étrangères

Au cours du classement définitif des fonds de correspondance politique et consulaire couvrant la deuxième partie du XIXe siècle, les conservateurs d’archives eurent à traiter des photographies figurant dans la correspondance diplomatique. A partir des années 1870, en effet, certains agents diplomatiques ou consulaires avaient jugé bon d’adresser au « Département » des épreuves photographiques placées en pièce jointe ou intégrées au corps même de leurs dépêches, de leurs rapports ou de leurs comptes-rendus de mission. Comme cela avait été le cas par le passé pour les autres documents figurés (cartes, plans, croquis, etc.), les agents responsables des travaux de classement agirent au cas par cas. Seules les photographies d’un format supérieur à celui des dépêches, souvent contrecollées sur carton, furent de manière systématique extraites des registres alors destinés à être reliés. Les épreuves sur papier albuminé, collées sur le papier même des dépêches, furent pour la plupart laissées à leur place et reliées avec les documents écrits. Aucun relevé ne fut toutefois dressé, ni des documents photographiques extraits de la correspondance diplomatique, ni de ceux demeurés dans les volumes reliés ou les cartons d’archives.

L’origine des fonds iconographiques conservés à Nantes

De leur côté, les administrations françaises des pays sous protectorat (Tunisie et Maroc) ou mandat (Syrie et Liban) ont commencé dans l’entre-deux-guerres à constituer localement un fonds iconographique, dont seuls des morceaux choisis étaient adressés au Département. D’abord élaborés de façon empirique, ces fonds prirent une tournure institutionnelle dans les années trente ou quarante, lorsqu’ils furent confiés à un service chargé de l’information et de la presse. Les Indépendances mirent un terme à ces collections. Rapatriées à Nantes au même titre que les archives des protectorats, celles-ci constituent l’essentiel des fonds iconographiques du CADN. Il faut toutefois y ajouter le fonds Jacques Belin, du nom du photographe quasi officiel de la résidence générale de France à Rabat, qui a légué tout son fonds professionnel (environ 100000 photos couvrant la période 1940-1961) au ministère des Affaires étrangères après l’Indépendance du Maroc et son retour en France.

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Inspection dans un camp
Le général Lyautey décore un soldat, Maroc vers 1920
cote provisoire CADN : Maroc, PV321
© ministère des Affaires étrangères

A l’exception de l’ambassade de France aux Etats-Unis, dont le Service de presse à New York a pris soin de rassembler une importante collection photographique, les ambassades ne tiennent pas de collections comparables. Les photographies en provenance des postes diplomatiques et consulaires sont donc, la plupart du temps, jointes au dossier thématique qu’elles illustrent et non pas organisées en collection. Leur accès est donc plus difficile.

L’accroissement des collections

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Edouard de La Selle

Dans les années cinquante, lorsque la direction des Archives entreprit le classement des fonds de la correspondance politique et commerciale de la période 1894-1918, certainement les plus riches en photographies, l’extraction de celles-ci et leur classement dans le nouveau fonds iconographique ne fut, comme précédemment, en rien systématique.

En plus des photographies de la correspondance diplomatique, l’accroissement des collections de photographies anciennes fut aussi largement dû au dépôt d’archives privées. Les collections de portraits furent notamment enrichies par le dépôt, en 1948, de la collection Edmond Rinn, consul de France sous le Second Empire ; en 1950, de la collection Jules Herbette, diplomate en poste à Berlin entre 1886 et 1896 ; en 1968, de la collection Edouard de La Selle, diplomate en poste à Rome et à Vienne de 1860 à 1865.

Particulièrement intéressants sont les ensembles provenant des archives de diplomates ayant été affectés dans des régions lointaines et qui portaient à la photographie un intérêt certain, tant pour ce qu’elle pouvait leur fournir sur le plan professionnel (illustration des difficultés de leurs missions) que sur le plan personnel.

Il arrive, enfin, que le ministère achète des photographies. Ce fut notamment le cas en 2000 avec la collection Gandini, qui rassemble 7000 cartes postales anciennes sur le Maroc et la Tunisie.


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