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La diplomatie secrète : évolution de la cryptographie et de son emploi au ministère des affaires étrangères

  • Image Diaporama - 1 - Vigenère Blaise de, Traicté des chiffres ou (...)

    1 - Vigenère Blaise de, Traicté des chiffres ou secrètes manières d'escrire, Paris, A. L'Angelier, 1587

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    2 - Dépêche partiellement chiffrée relative aux négociations du traité d'Utrecht (7 avril 1713)

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    3 - Table de chiffre envoyée aux plénipotentiaires français du traité de Ryswick en 1697

  • Image Diaporama - 4 - Lettre chiffrée de Mirabeau, datée du 12 (...)

    4 - Lettre chiffrée de Mirabeau, datée du 12 avril 1787

  • Image Diaporama - 5 - Dépêche chiffrée du chevalier Chauvelin (...)

    5 - Dépêche chiffrée du chevalier Chauvelin relatant l'enlèvement de Mandrin en Savoie, datée du 21 mai 1755

  • Image Diaporama - 6 - Bucarest et Jassi. Registre de télégrammes (...)

    6 - Bucarest et Jassi. Registre de télégrammes arrivée et départ, janvier 1857-septembre 1858

  • Image Diaporama - 7 - Ministère des affaires étrangères, Télégrammes

    7 - Ministère des affaires étrangères, Télégrammes chiffrés, méthode des trois répertoires, répertoire de mots, Paris, 1894

  • Image Diaporama - 8 - Bazeries Etienne, Table chiffrante et (...)

    8 - Bazeries Etienne, Table chiffrante et déchiffrante n°2 ou Chiffre Bazeries, Paris, A. Hermann, 1893

  • Image Diaporama - 9 - TD du 3/12/1937 de la légation d'Autriche à (...)

    9 - TD du 3/12/1937 de la légation d'Autriche à Paris au MAE autrichien, intercepté et décrypté par nos services

  • Image Diaporama - 10 - TD du 10/06/40 de l'ambassadeur de France (...)

    10 - TD du 10/06/40 de l'ambassadeur de France à Rome au MAE, décrypté par le service du Chiffre

  • Image Diaporama - 11 - Télégramme chiffré envoyé le 10 novembre (...)

    11 - Télégramme chiffré envoyé le 10 novembre 1942 par l'ambassade de France à Londres au ministère des Affaires étrangères

  • Image Diaporama - 12 - Otan, Règle en bois de chiffrage CSP 1756 (...)

    12 - Otan, Règle en bois de chiffrage CSP 1756 (KA-3)

Les (numéros) renvoient aux documents : voir liste récapitulative et diaporama.

La cryptographie, ou « l’art d’écrire en éléments secrets », est née dès les débuts de l’écriture afin de dissimuler la teneur des messages. Jusqu’aux progrès récents de l’informatique et des télécommunications de la seconde moitié du XXe siècle qui ont démocratisé cette pratique, elle a été l’apanage des militaires mais également des diplomates.

Jusqu’à la fin du XVIe siècle, contrairement à ses voisins allemands ou italiens, la France ne s’illustre guère en la matière. Il faut attendre 1586 pour que Blaise de Vigenère, le premier diplomate français à s’intéresser à la cryptographie, expose dans son Traicté des chiffres ou secrètes manières d’escrire une technique de chiffrement, appelée Chiffre de Vigenère, une technique de cryptographie qui ne sera cassée qu’en 1854 (1).

Au siècle suivant, les progrès de la cryptographie donnent naissance au Grand chiffre de Louis XIV développé par la famille Rossignol. Réputé incassable, son secret disparut avec le décès de ses auteurs, laissant longtemps illisibles les archives qu’il avait servi à chiffrer. Il fallut attendre 1893 et le diplomate Etienne de Bazeries (voir aussi (8)) pour que ces textes soient enfin décryptés (2).

Trois documents illustrent l’utilisation des techniques de cryptographie au ministère des Affaires étrangères sous l’Ancien Régime :

  • Accompagnée d’instructions de chiffrement, une table de chiffre permettait aux diplomates d’envoyer des informations que seuls d’autres possesseurs de la même table pouvaient théoriquement déchiffrer (3).
  • Qu’il s’agisse de correspondance alliée arrivée à bon port ou de correspondance ennemie interceptée, les lettres en question étaient incompréhensibles sans travail de décryptage préalable (4).
  • L’utilisation par le destinataire de la table de chiffre dont s’était servi l’expéditeur pour crypter son texte permettait de faire apparaître la teneur du message (5).

A partir de la seconde moitié du XIXe siècle, on établit des codes plus riches et des systèmes plus complexes, devenus d’autant plus nécessaires que le développement et l’utilisation des télégraphes puis, plus tard, de la radio, donnent une très large diffusion aux messages qui sont souvent captés par des personnes extérieures. Le secret est également compromis par le nombre de télégrammes ou de messages radio envoyés : ainsi, un nombre élevé de textes expédiés dans le même code permet, par rapprochements et comparaisons, de deviner leur sens bien plus aisément qu’avec une seule missive (6) (7) et (8).

Par ailleurs, les progrès faits par les diplomates et les militaires en matière de techniques de cryptographie leur permettent de parvenir avec succès au décryptage d’anciens codes.

Dans la première moitié du XXe siècle, la cryptographie prend un essor considérable. Dans le même temps, le nombre et la longueur des télégrammes envoyés subissent une constante augmentation (9) (10) et (11).

Dès l’entre-deux-guerres puis durant la seconde guerre mondiale, même s’il utilise toujours des procédés de chiffrement manuels, le quai d’Orsay participe avec les services du Chiffre polonais et britanniques au décryptage des messages envoyés par l’Allemagne et ses alliés grâce à la machine électromécanique portable nommée Enigma.
C’est avec l’aggravation de la situation internationale causée par la Guerre Froide que le quai d’Orsay abandonne les procédés de chiffrement manuels au profit d’un système de chiffre mécanique en 1948, puis électronique dès 1954. Les outils utilisés vont alors de la simple règle de bois (12) aux machines les plus complexes, comme celles exposées plus loin par la direction des Systèmes d’information.

Aujourd’hui encore, la direction des Systèmes d’information exploite et assure l’évolution des applications de traitement des télégrammes diplomatiques, et étudie, déploie et gère les infrastructures, systèmes et équipements protégés de communication et de traitement de l’information.


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