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Lutte contre l’épidémie Ebola

Lutte contre l’épidémie d’Ebola : la réponse de la France

Après 28 639 cas de maladie à virus Ebola (MVE), majoritairement liés à l’épidémie d’origine de Meliandou en Guinée, et 11 316 décès, la situation épidémiologique actuelle montre que l’épidémie d’origine est éteinte. La crainte est de voir des cas de maladie à virus Ebola (MVE) liés à des résurgences par le réservoir animal mais surtout liés aux survivants d’Ebola comme cela a déjà été le cas.

L’OMS a ajusté sa réponse pour répondre à cette évolution épidémiologique en mettant en place le cadre de réponse de la phase 3. Cette phase a deux objectifs :

  • L’objectif 1 (définir avec précision et interrompre rapidement toutes les chaînes de transmission de la MVE) est atteint.
  • L’objectif 2 (identifier, gérer et répondre aux conséquences des risques résiduels de la MVE) est capital et d’actualité. Les moyens pour éviter d’avoir à nouveau un problème majeur avec la MVE en 2016 provenant des survivants et des convalescents est de prévenir, détecter et répondre.

Actions de la France dans la crise Ebola

Action française dans l’urgence entre 2014-2015

La France a été l’un des acteurs majeurs de la lutte contre Ebola. Sa contribution se chiffre à 158 M€ entre 2014 et 2015, et aura mobilisé plusieurs centaines de professionnels de la santé et de la sécurité. La contribution française a permis :

  • des actions de formations,
  • des prises en charge médicale (laboratoires, centres de traitement Ebola),
  • de soutenir des actions communautaires,
  • des plans de riposte de la sous-région,
  • de financer des projets de recherche,
  • de participer à la réponse globale en soutenant l’OMS, le PAM et la Mission des Nations unies pour l’action d’urgence contre l’Ebola (MINUAUCE). Au total, à travers son action auprès des instances internationales et européennes, la France aura contribué à mobiliser plus de 220 M€ pour des actions d’urgence et d’appui aux systèmes de santé.

Préparer la reconstruction en s’appuyant sur les mécanismes mis en place via les opérateurs français Expertise France (EF) et l’Agence française de développement (AFD)

La réponse française à la crise Ebola poursuit sa transition avec la fermeture des dispositifs d’urgence moins nécessaires compte tenu de l’évolution de l’épidémie et la pérennisation des projets de long terme. La France, à travers la Task force Ebola interministérielle, a de façon précoce élaboré des projets de transition entrant dans le cadre du Règlement sanitaire international (RSI). La France conduit ainsi plusieurs projets en Guinée mais aussi dans la région car la sécurité sanitaire doit se voir à large échelle. Ces projets, portés par nos opérateurs EF et l’AFD, ont pour objectifs de mettre en place des équipes régionales d’alerte et de riposte aux épidémies en Guinée (projet PREPARE), de poser les bases d’un réseau d’instituts de santé publique pour la surveillance en Afrique de l’Ouest des risques d’épidémies (projet RIPOST). Ces projets seront adossés à un réseau de laboratoires animé par les instituts Pasteur et Mérieux (projet LABNET) et soutenus par le projet régional TWIN-2H de renforcement de l’hygiène hospitalière en collaboration avec les partenaires irlandais de l’Alliance Esther et les allemands. Tous ces projets renforcent aussi bien les capacités de détection, de prévention et de réponse aux crises sanitaires que celles en recherche, grâce notamment au futur Institut Pasteur de Guinée. Par ailleurs, la France fait partie du groupe du travail du projet de CDC ouest Africain à l’initiative de la CEDEAO, mis en place par l’OOAS (R-CDC CEDEAO) entrant dans le cadre du CDC africain.

Les fonds multilatéraux

La France, en tant que contributeur majeur des fonds multilatéraux (Fonds mondial et GAVI), a poussé pour orienter des financements pour limiter l’impact de la MVE, renforcer les systèmes de santé et les soins de santé de base. Ainsi, l’Initiative 5% d’Expertise France a financé, à hauteur de 1,2 M€, six projets dans le cadre du canal « continuité de soins VIH, tuberculose, paludisme en contexte Ebola ». Ces projets visent non seulement l’aspect clinique mais aussi l’aspect socio-anthropologique de l’épidémie.

Participation financière française à la reconstruction de la Guinée : €150 millions

Dans le cadre de la conférence internationale de haut niveau à New York le 10 juillet 2015, organisée par le Secrétariat sénéral des Nations unies, la France mobilise plus de 150 M€, que ce soit grâce à l’annulation de dettes que dans le cadre de projets de santé publique au niveau national ou à celui de l’ensemble de l’Afrique occidentale. Au total, la France a procédé à l’annulation de 99,5% de la dette guinéenne (soit plus de 229,3 M€). Une grande partie de ces fonds sont reversés aux autorités guinéennes dans le cadre de la transition/reconstruction post-Ebola.

Enjeux de la reconstruction

L’épidémie Ebola est d’abord une crise sanitaire. Outré les décès liés à l’épidémie, il convient de prendre en compte les disparitions indirectes entrainées par la désorganisation des systèmes de santé (arrêt des vaccinations, fermetures des structures, accouchements sans assistance médicale, interruption des traitements de fond type VIH, désertions et décès des personnels de santé…). L’épidémie d’Ebola a mis en évidence la faiblesse structurelle des systèmes de santé des pays touchés.
Ebola suscite des interrogations scientifiques et la recherche aura un rôle dans la reconstruction. La suspicion d’une transmission par voie sexuelle par des patients guéris, le risque de récurrence, les réservoirs de virus restent des sujets à surveiller de près pour ne pas voir apparaitre une chronicisation de l’épidémie. La prise en charge des personnes guéris d’Ebola et leur suivi sont capitaux. Ainsi, le programme PostEboGui, porté par l’IRD et l’Inserm, comporte aussi bien une dimension opérationnelle qu’une dimension recherche, visant notamment à favoriser l’accès aux soins des personnes guéries, incluant une prise en charge psycho-sociale. A ce jour 513 des personnes guéris d’Ebola sur les 1268 recensés sont suivis dans ce programme, l’objectif étant d’avoir la totalité des survivants.

Ebola est également une crise humanitaire. Il est estimé que 2 millions de personnes se sont retrouvées en situation d’insécurité alimentaire. La crise Ebola a perturbé considérablement le calendrier cultural et a limité ou interrompu les circuits commerciaux des denrées alimentaires de base. Par ailleurs, des milliers d’enfants ont perdu un ou leurs deux parents ou tuteurs et 5 millions d’enfants et de jeunes ont vu leur éducation retardée.

Sur le moyen terme Ebola entraîne une crise économique. Selon la Banque Mondiale, le manque à gagner devrait se chiffrer en 2015 à 2,2 M$ de revenus pour les trois pays (plus de 12 % de leurs PIB cumulés) et les déficits budgétaires ont augmenté de 500 M$. Le taux de pauvreté pourrait augmenter en 2015 de 14% selon la BM. L’épidémie a eu de nombreux effets sur les migrations et délocalisations au sein des pays et entre les pays, sur la cohésion sociale (stigmatisation des survivants par exemple) et sur le taux d’occupation également.

Cette épidémie a conforté la nécessité d’améliorer la gouvernance des pays bénéficiaires de notre aide et de mieux impliquer les communautés ; la nécessité d’investir dans les ressources humaines en santé et de réformer l’architecture de la santé mondiale, notamment la capacité globale à répondre aux urgences sanitaires.

La prise en compte de ces dimensions est essentielle pour une sortie durable de la crise. La France est intervenue sur chacun de ces points aussi bien dans l’urgence mais aussi dans une perspective de sortie de crise et de reconstruction. Cependant, la réponse n’est pas parfaite et fait face à des points de blocage. La communauté internationale tend à s’accorder sur des pistes de solutions :

  • Repenser le renforcement des systèmes de santé (RSS) : la faiblesse des systèmes de santé des pays touchés par Ebola, malgré l’aide déployée depuis de nombreuses années, est une des causes de la crise. Cela impose de repenser les modalités de notre aide, le rôle des fonds multilatéraux et l’implication des pays eux-mêmes à travers l’investissement domestique dans le secteur de la santé.
  • Prôner une approche transversale prenant en compte la santé plus qu’une maladie ou un groupe d’individu en privilégiant une approche partant des réalités de terrain.
  • Nécessité d’investir dans chacun des 6 piliers du RSS avec en point de mire la gouvernance, le leadership et l’appropriation nationale qui sont indispensables à la réussite de tout programme.
  • Nécessité de financements à la hauteur des enjeux sur le long terme et mobilisant les ressources domestiques.

La reconstruction prend du temps

Contrairement au contrôle de la crise Ebola, qui était une urgence, la reconstruction d’un système de santé plus solide et résilient est un processus de long terme. Il est donc normal qu’il prenne un certain temps. Néanmoins, la communauté internationale et la France ont identifié très tôt le besoin d’investir dans ce domaine et la nécessité de commencer cette reconstruction avant même la fin de la crise. Plusieurs projets français s’inscrivent dans cette perspective. La nécessité d’éviter des doublons et les difficultés de coordination expliquent également la lenteur de la reconstruction.

Mise à jour : 11.04.2016

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