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Prévention des risques zoo et phyto sanitaires

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Présentation

Les risques zoosanitaires et phytosanitaires, c’est-à-dire les possibilités d’apparition et de propagation de nouvelles maladies, animales ou végétales, augmentent en raison de la mondialisation des échanges commerciaux et de l’accroissement de la mobilité des marchandises et des personnes, qui favorisent la propagation des agents pathogènes à travers le monde. Les dernières crises sanitaires montrent que les maladies infectieuses n’ont plus de frontières.

Risques zoosanitaires et maladies émergentes

Une maladie émergente se définit comme une infection nouvellement apparue ou identifiée, dont les caractéristiques (agent pathogène ou modalités épidémiologiques) sont inconnues ou, pour le moins, très différentes de ce qui est classiquement décrit. Le terme s’applique aussi à une maladie connue dont l’incidence réelle augmente de manière significative dans une population, une région ou pendant une période donnée, par rapport à la situation épidémiologique habituelle (on parle encore de maladie ré-émergente).

L’apparition et la diffusion des maladies humaines ou animales ne sont pas des phénomènes nouveaux. Toutefois, il semble que l’émergence d’agents pathogènes connus ou nouveaux soit en augmentation depuis une cinquantaine d’années, ce qui est à mettre en relation avec :

- le réchauffement climatique, à l’origine de l’extension des zones de répartition des maladies à transmission vectorielle dès lors que les insectes vecteurs trouvent des conditions favorables à leur multiplication dans des régions où les conditions climatiques étaient jusqu’alors défavorables ;

- des changements dans les modes de production ou d’élevage (intensification, contacts nouveaux entre espèces animales et entre hommes et animaux) ;

- la mondialisation et l’accélération des échanges, que ce soit l’expansion du commerce des animaux et des produits alimentaires ou la multiplication des voyages ;

- les modifications des agents pathogènes, comme dans le cas du virus de la grippe.

La rapidité de la détection et de la réaction face à une maladie émergente ou ré-émergente est capitale. En effet, le laps de temps qui s’écoule entre le moment où cette maladie se développe et son dépistage a une importance décisive. Or la détection rapide des maladies émergentes laisse à désirer dans de nombreux pays en développement, de même que dans certains pays industrialisés qui souffrent de carences générales en termes d’infrastructures et de compétences vétérinaires, de laboratoires de diagnostic et de capacités de surveillance.

En outre, de nombreuses maladies animales émergentes de manifestation récente disposent d’un potentiel de transmission à l’homme (encéphalopathie spongiforme bovine ou maladie de la vache folle, grippe aviaire, fièvre de la vallée du Rift,…). À l’enjeu socio-économique de la lutte contre les maladies animales s’ajoute donc un enjeu de santé publique.

Les trois organismes internationaux concernés principalement par le défi de la lutte contre les risques sanitaires sont :

- l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) qui a pour mandat d’améliorer la santé animale dans le monde,

- l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), plus particulièrement sa Division de la production et de la santé animales,

- l’Organisation mondiale de la santé (OMS), essentiellement sur les maladies transmissibles entre les animaux et les hommes (zoonoses).

La France est présente depuis longtemps dans ces trois organisations, qu’elle appuie par des contributions financières importantes et par la mise à disposition d’assistants techniques. Elle supporte en particulier les partenariats entre ces organismes et la mise en commun de leurs ressources pour la lutte contre les risques sanitaires, avec un soutien important dans le cadre de la lutte contre la grippe aviaire.

Risques phytosanitaires et fléaux agricoles

La prise en compte des risques phytosanitaires au niveau international

Le réchauffement climatique, la globalisation en matière de commercialisation des fruits et légumes frais et le commerce de jeunes plants issus de pépinières multiplient les risques de bio-invasions et d’émergence des maladies dans le domaine du végétal au même titre que chez l’homme ou l’animal.

La Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) est un traité international se rapportant à la santé des végétaux, adopté en 1951 par la Conférence de la FAO à sa sixième session. Son objectif est d’assurer une action commune et efficace afin de prévenir la dissémination et l’introduction d’organismes nuisibles aux végétaux et produits végétaux, et de promouvoir l’adoption de mesures appropriées pour leur contrôle. Cet accord est administré par la Commission des mesures phytosanitaires (CMP) qui adopte les Normes internationales pour les mesures phytosanitaires (NIMP). La CMP a établi le Portail phytosanitaire international (PPI) pour servir de forum pour le signalement d’organismes nuisibles et pour l’échange d’informations générales dans la communauté phytosanitaire. Le Secrétariat de la CIPV, établi en 1992 et dont les bureaux se trouvent au siège de la FAO, est chargé de coordonner les activités de la Convention.

Les criquets, un risque majeur pour les cultures

Dans de nombreux pays, l’une des entraves à l’augmentation des productions vivrières est constituée par les pertes causées par différents animaux ravageurs des cultures ; le groupe des acridiens est l’un des plus constants et des plus dommageables. Le Criquet pèlerin demeure une menace majeure pour la sécurité alimentaire et la stabilité sociale de nombreuses populations rurales et peut avoir des conséquences néfastes sur la biodiversité.

La mise en place de dispositifs de prévention (veille, localisation et évaluation du risque, intervention précoce) représente un élément important dans la stratégie de lutte contre la pauvreté de nombreux pays (pays sahéliens notamment).

Depuis de nombreuses années, la France contribue activement aux actions de lutte antiacridienne dans les pays touchés, en particulier ceux de la Région occidentale africaine.

Les pesticides agricoles

Des produits qui rendent des services mais qui présentent des risques

Au cours des siècles, les récoltes ont été compromises par des ravageurs, notamment des insectes ou des maladies dues à des champignons. Qui n’a en mémoire le mildiou, un champignon parasite de la pomme de terre qui réduisit l’Irlande à la famine, ou le phylloxera, qui a anéanti le vignoble français. L’usage de produits phytosanitaires permet d’assurer la protection des cultures.Parce que ces produits agissent sur les organismes vivants, ils peuvent aussi avoir des impacts négatifs sur la santé et l’environnement. On retrouve parfois dans l’eau, l’air et le sol des résidus, suspects d’être incriminés dans la réduction de la biodiversité. Ils présentent surtout des risques pour les applicateurs qui doivent être en mesure de respecter des précautions et mesures strictes d’utilisation.

La prise en compte de la problématique au niveau européen

La réduction de l’usage des pesticides est une des composantes essentielles des objectifs de la durabilité des pratiques agricoles. Le Grenelle de l’environnement a fait émerger, avec les agriculteurs qui sont les premiers exposés aux risques induits par l’application de produits phytosanitaires, un consensus sur la nécessité d’une politique ambitieuse de réduction de l’usage des produits phytosanitaires.

Avec l’entrée en application début 2011 de la nouvelle législation communautaire (« paquet pesticides »), les États membres de l’Union européenne devront mettre en œuvre de nouvelles dispositions pour les autorisations de mise sur le marché et l’utilisation durable des pesticides.

Cette évolution vers un nouveau modèle d’agriculture durable aura des répercussions à terme dans les pays en développement, qui devront s’engager dans des démarches similaires pour les produits agricoles d’exportation.

Mise en ligne : 4.02.10

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